Découvrez dans cet article la liste des aliments à écarter ou à privilégier en cas de diabète de type 2 ou prédiabète.
La résistance à l’insuline est présente dans différentes pathologies chroniques. Mais quel est cet ennemi méconnu ? L’éclairage du Dr Benjamin Bikman, spécialiste de santé métabolique et professeur à l’université Brigham Young.
L’insuline est une hormone essentielle à la vie. Produite par des cellules du pancréas, elle est libérée après un repas en réponse à l’augmentation de la glycémie. L’insuline possède des récepteurs sur de nombreuses cellules de l’organisme : foie, muscles, cerveau, tissu adipeux... Lorsque le taux de glucose augmente dans le sang, elle informe les cellules qu’elles doivent « ouvrir leurs portes » au glucose et a donc un effet hypoglycémiant.
Dans le diabète de type 1, le système immunitaire s’attaque aux cellules productrices d’insuline, ce qui oblige les patients à se faire régulièrement des injections d’hormone. Mais la situation est différente dans le diabète de type 2, où le problème de contrôle de la glycémie ne vient pas d’une absence d’insuline. La résistance à l’insuline est une cause du diabète de type 2.
« Dans sa forme la plus simple, la résistance à l’insuline est une réponse réduite à l’insuline », explique le Dr Bikman.
La notion de résistance à l'insuline remonte aux travaux de Himsworth (1) qui a remarqué dans les années 1930 que l'injection de glucose et d'insuline chez des patients diabétiques produit deux résultats : certains, qualifiés de sensibles à l’insuline, répondent par une glycémie stable ou diminuée, tandis que d’autres voient leur glycémie augmenter. Ces derniers sont résistants à l'insuline : à un niveau d'insuline plasmatique normal, les tissus cibles sont incapables de mettre en place une réponse normale pour réduire le taux de glucose sanguin. Cette résistance à l'insuline nécessite une augmentation de la sécrétion d'hormone en compensation, de sorte que les niveaux d'insuline plasmatique à jeun augmentent et les taux de glucose restent élevés à cause de l’inefficacité de l’insuline.
Résultat : « Le diabète de type 2 est une résistance à l’insuline qui a progressé au point que l’organisme est incapable de maintenir la glycémie en dessous du seuil cliniquement pertinent de 126 mg/dL », dit le Dr Bikman.
Il y a différentes causes possibles à la résistance à l’insuline. La résistance à l’insuline se rencontre chez des personnes souffrant d’obésité, de syndrome métabolique (2). Le stress oxydatif, l'inflammation mais aussi le microbiote intestinal sont probablement des acteurs clés de la progression de la résistance à l'insuline (3). La consommation de fructose est un facteur favorisant (4).

Dans son livre Résistance à l’insuline, Benjamin Bikman propose un questionnaire pour évaluer sommairement son risque. Mais pour des informations plus précises, il faut connaître son taux d’insuline à jeun, grâce à une analyse sanguine. « Ce dosage est souvent pris en charge par l’assurance maladie et/ou votre mutuelle, mais pas toujours (et c’est la raison pour laquelle le médecin peut être réticent), explique-t-il. Si vous ne voulez pas attendre un rendez-vous médical, vous pouvez simplement demander un dosage par vous-même. »
Mais quel taux d’insuline est inquiétant ? « Idéalement, votre taux d’insuline sanguin devrait être inférieur à ≈ 6 micro-unités par millilitre de sang (μU/mL). » Il conseille aussi de faire mesurer la glycémie en même temps, car cela permettra de calculer l'indice HOMA. Renseignez-vous auprès de votre laboratoire d'analyses médicales pour connaître les tarifs d'une analyse si vous n'avez pas d'ordonnance.
Aux États-Unis, une personne sur trois est considérée comme prédiabétique (5). Comme le rappelle Benjamin Bikman dans son livre, la résistance à l’insuline était autrefois une maladie de l’abondance ou une pathologie qui affectait surtout les personnes âgées aisées, mais cela a changé : « des rapports documentés font état d’enfants de 4 ans résistants à l’insuline (et jusqu’à 10 % des enfants nord-américains en sont atteints). En outre, le nombre total de personnes atteintes de cette maladie dans les pays à faible revenu est désormais plus élevé que celui des pays à revenu élevé. Pour couronner le tout, l’écrasante majorité des personnes qui souffrent de résistance à l’insuline ne savent pas qu’elles en sont atteintes et n’en ont jamais entendu parler ! »
La prévalence de la résistance à l'insuline varie en fonction des pays. Chez les adultes européens, elle serait de l’ordre de 15,5 %, alors que des taux plus élevés ont été rapportés ailleurs dans le monde, atteignant 23 % en Thaïlande, 39 % au Texas, 44 % au Liban et 46 % au Venezuela (6).
La résistance à l’insuline n’est pas que l’état qui précède un diabète de type 2, alerte le Dr Bikman. « La résistance à l’insuline joue un rôle dans un nombre surprenant de maladies chroniques très graves, notamment des problèmes au niveau du cerveau, du cœur, des vaisseaux sanguins, des organes reproducteurs, etc. Bien plus qu’un simple désagrément, c’est une maladie grave lorsqu’elle n’est pas traitée. La plupart des personnes qui souffrent de résistance à l’insuline finiront par mourir d’une maladie cardiaque ou d’autres complications cardiovasculaires. D’autres développeront la maladie d’Alzheimer, des cancers du sein ou de la prostate, ou d’autres maladies mortelles. »
Ainsi différentes études montrent que :
Pour limiter la résistance à l’insuline, il faut agir sur les principaux facteurs favorisants et notamment améliorer son alimentation pour perdre du poids, par exemple avec un régime faible en glucides (low carb) et/ou un jeûne intermittent. Voici d’autres mesures à prendre :
Pour Benjamin Bikman, il existe de nombreux moyens pour prévenir voire inverser la résistance à l'insuline. "Je crois fermement qu'en changeant notre mode de vie, nous pouvons réduire le risque de développer une résistance à l'insuline et même l'éliminer une fois que nous avons développé ce trouble," dit-il. Le mode de vie est à la fois le coupable de la résistance à l'insuline, et votre meilleur allié pour l'inverser, même s'il est vrai que les changements demandent de la patience et de la persévérance. "S'engager à modifier son alimentation ou à faire du sport n'est pas aussi facile que de prendre un comprimé, et les résultats ne sont pas aussi rapides que ceux obtenus après une chirurgie bariatrique. Cependant, en changeant de mode de vie, nous pouvons nous attaquer aux origines fondamentales de ce qui se passe dans l'organisme et qui provoque la résistance à l'insuline."
En changeant notre mode de vie, nous pouvons réduire le risque de développer une résistance à l'insuline et même l'éliminer
Les deux composantes essentielles du mode de vie à modifier sont l'activité physique et l'alimentation.
Cardio ou musculation ? Si vous avez le temps, vous pouvez faire à la fois des exercices de cardio en aérobie (vélo, natation...) et de musculation. Mais les études tendent à penser que, s'il faut choisir entre les deux, la musculation sera plus bénéfique : "Les études qui ont comparé la sensibilisation à l'insuline induite par des exercices de cardio et par des exercices de musculation révèlent que, minute pour minute, l'entraînement de musculation est meilleur pour améliorer la sensibilité à l'insuline," explique Benjamin Bikman.
L'alimentation influence grandement les taux de glucose et d'insuline dans le sang, et donc le risque de résistance à l'insuline. L'alimentation doit donc limiter les glucides car ils provoquent une augmentation de l'insuline dans le sang, et l'excès d'insuline est un des principaux facteurs de résistance à l'insuline. A contrario, protéines et graisses ont peu d'effet sur l'insuline.
"Depuis les années 1990, dit Benjamin Bikman, la recherche clinique a fourni des preuves irréfutables montrant que la restriction des glucides prévient ou améliore la résistance à l'insuline." Cela passe par la réduction de la charge glycémique des aliments, pouvant aller jusqu'à l'adoption d'un régime cétogène si la quantité de glucides est particulièrement faible.
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