Faire la sieste permettrait de préserver les fonctions cognitives

Par Juliette Pouyat - Journaliste scientifique Publié le 27/01/2021 Mis à jour le 28/01/2021
Actualité

Les personnes âgées qui font régulièrement la sieste l’après-midi obtiennent de meilleurs résultats aux tests cognitifs. Mais pour être bénéfique la sieste ne doit pas durer trop longtemps.  

Pourquoi c’est important

En vieillissant, les troubles cognitifs peuvent apparaître et le risque de démence et de maladie d’Alzheimer augmente. Chez les plus de 65 ans, 1 personne sur 10 est touchée par la démence dans les pays développés. Il est possible de ralentir le déclin cognitif avec une alimentation adaptée, en pratiquant une activité physique, en ayant un sommeil de qualité, et en apprenant à contrôler son stress. De plus, en vieillissant, les habitudes de sommeil changent et les siestes deviennent plus fréquentes. Mais les études menées jusqu’ici n’ont pas déterminé clairement l’effet des siestes de l’après-midi sur le déclin cognitif des personnes âgées. C’est ce qu’ont cherché à savoir des chercheurs dans une étude récente parue dans la revue General Psychiatry.  

L’étude

Parmi les 2214 participants de cette étude, tous âgés d’au moins 60 ans, 1534 faisaient une sieste régulièrement l’après-midi et les autres n’en faisaient pas. Les siestes étaient définies comme des périodes de sommeil d’au moins 5 minutes et pouvant durer jusqu’à 2 heures. La fréquence des siestes variait d’une fois par semaine à tous les jours. Tous les participants ont passé un test pour évaluer leurs fonctions cognitives, notamment les compétences visuo-spatiales, la mémoire de travail, la capacité d'attention, la résolution de problèmes, l’orientation spatiale et la fluidité verbale.

Les scores obtenus au test d’évaluation des performances cognitives étaient significativement plus élevés chez les personnes faisant la sieste régulièrement que chez les participants qui ne la faisaient pas, notamment sur 3 critères : l’orientation spatiale, la fluidité verbale et la mémoire.

Les siestes peuvent compenser le manque de sommeil la nuit et réduire la somnolence et la fatigue pendant la journée. Chez les personnes âgées, les troubles du sommeil ou la privation de sommeil la nuit sont associés des niveaux accrus de protéines pro-inflammatoires, à l’augmentation du stress oxydant et à l'accumulation d'espèces réactives de l'oxygène. Cette inflammation conduit à des événements indésirables, tels que des troubles cognitifs et une mortalité accrue. Les chercheurs expliquent que le sommeil est connu pour être un régulateur de la réponse immunitaire qui contrecarre ces médiateurs inflammatoires et la sieste, en particulier, est considérée comme une réponse évoluée à l'inflammation.

En pratique

Les troubles du sommeil sont un facteur de risque des troubles cognitifs et de la démence ; la sieste en régulant l’inflammation pourrait réduire le déclin cognitif chez les personnes âgées. Les études menées sur le sujet aboutissent à des résultats contradictoires : l’impact de la sieste sur les fonctions cognitives varient en effet avec la durée et la fréquence des siestes. Par exemple, les siestes qui durent plus de 2 heures auraient plutôt un effet négatif sur les performances cognitives. Il semblerait qu’une heure de sieste l’après-midi soit la durée optimale et que la sieste l'après midi est plus réparatrice que celle du matin ou du soir. 

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