Thierry Souccar : «Contre la grippe, il ne faut pas manquer de vitamine D»

Par Lanutrition.fr Publié le 21/09/2009 Mis à jour le 18/12/2017
Point de vue

Thierry Souccar a écrit en 2009 « Prévenir et guérir la grippe ». Il dit dans cet entretien ce que l'on sait de cette maladie aujourd'hui et des moyens de s'en prémunir.

D'où viennent les nouveaux virus de la grippe ?

Thierry Souccar : Quand on porte un regard neuf sur un domaine comme celui-là, des choses sautent aux yeux. Ces virus ne sont pas des « accidents de la nature » mais une création humaine, le prix que nous devons payer aux pratiques d’élevage actuelles et surtout aux élevages industriels. Les élevages industriels sont les laboratoires où se fabriquent les virus de demain. Tant que nous continuerons à élever des animaux dans le seul but d’assurer notre jambon quotidien ou nos nuggets de poulet, nous devrons en supporter les conséquences sociales, médicales et financières sous la forme d’épidémies.

Comment la grippe se propage-t-elle ?

La grippe est moins contagieuse que le rhume. L’idée que ce sont les malades qui infectent les bien-portants et que c’est ainsi que la maladie se transmet paraît évidente, mais elle n’a jamais été prouvée. Par exemple, je cite dans mon livre des études menées en 1918 au plus fort de la grippe « espagnole » au cours desquelles des médecins ont essayé d’infecter des bien-portants en leur inoculant des sécrétions et des crachats de malades. Ils n’y sont pas parvenus. Il y a un mode de contagion qui nous reste inconnu. Ce sont peut-être des porteurs sains qui assurent la transmission du virus, pas seulement en hiver, mais toute l’année.

Pourquoi la grippe est-elle saisonnière : en hiver, plutôt qu'en été ?

Personne ne le sait. Mais on peut penser que s'il y a moins de grippes en été, c'est probablement parce que le soleil nous protège en nous permettant de synthétiser de la vitamine D. En hiver, nous manquons souvent de vitamine D, en tous cas lorsqu'on vit au nord des Pyrénées. Selon ce modèle, il n’y a pas plus de virus en hiver, mais nous sommes plus vulnérables parce que nous n’avons plus assez de ces substances qui stimulent l’immunité comme la vitamine D. Nous avons aussi moins de composés protecteurs issus des végétaux comme la vitamine C et les polyphénols. Même si ce n’est qu’une hypothèse, je pense que cette information a une importance pour la santé publique : il ne faut pas manquer de vitamine D en hiver, quand le soleil ne nous permet plus d'en synthétiser. D'où l'intérêt de consulter préventivement et demander son taux sanguin que le médecin saura corriger le cas échéant en prescrivant.

Comment se protège-t-on contre les virus hivernaux ?

Il y a les règles de base : se laver les mains, ne pas sortir quand on est malade... Et puis l’immunité dépend beaucoup de notre état de santé et du statut nutritionnel, mais aussi des hormones, de l’état de stress et de repos. Le statut nutritionnel module véritablement l'immunité. Il y a même des aliments comme l'ail qui sont des tueurs de virus. Et puis, on l'a vu, il y a la vitamine D. Quand j’ai écrit Le Nouveau guide des vitamines au début des années 1990, j’ai été frappé par le potentiel préventif et thérapeutique de la vitamine D et en même temps on savait si peu de choses à son sujet, et il se disait tellement de choses fausses sur sa toxicité. Aujourd'hui, on réalise qu'elle joue certainement un rôle dans notre défense contre les virus de la grippe, même s'il ne faut pas en attendre des miracles, car on peut attraper la grippe tout en n'étant pas déficitaire en vitamine D.

Vous faites-vous vacciner contre la grippe saisonnière ?

Non, car lorsqu'on regarde l’analyse que fait le groupe Cochrane des études sur ces vaccins, on réalise qu'on n'a toujours pas la preuve qu'ils sont efficaces, aussi bien sur l’absentéisme des salariés que sur les complications et la mortalité des plus âgés. Ils pourraient cependant avoir un intérêt chez l'enfant. Mais pour le reste, les preuves scientifiques ne sont simplement pas là. Mais je comprends que certains choisissent de se faire vacciner, en se disant qu'il y a des chances que ça puisse marcher.

Que faites-vous à titre personnel contre les grippes ?

Je prends le soleil aux beaux jours, notamment à la mi-journée pendant 15 à 30 minutes, visage couvert pour faire des réserves de vitamine D. A partir d’octobre et jusqu’en mars-avril, je prends un supplément de vitamine D. Je suis un régime alimentaire équilibré. Je fais aussi de l’exercice : c’est très bon pour l’immunité. Mais malgré tout, il m'arrive comme tout le monde de tomber malade !

Propos recueillis par Sylviane Passard

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