Les femmes en âge de procréer et les enfants sont les populations les plus souvent touchées par l’anémie dans le monde. Mais où trouver du fer dans ses aliments ? Viandes, abas, légumineuses… Nous faisons le point.
Le fer joue un rôle essentiel dans de nombreuses fonctions biologiques permettant au corps humain de rester en bonne santé. Mais en raison de problèmes de dénutrition ou de malnutrition, des enfants peuvent manquer de fer.
Au niveau de l'organisme, le fer est surtout connu pour sa présence dans l’hémoglobine, le pigment respiratoire des globules rouges, qui permet le transport d'oxygène dans tout le corps. Le fer participe aussi à la constitution de la myoglobine, qui est la forme de réserve d’oxygène dans le muscle. Dans les cellules de l'organisme, il intervient comme cofacteur d'enzymes impliquées dans de nombreuses réactions métaboliques comme la synthèse et la dégradation des acides aminés et des protéines. Enfin, le fer participe au transport des électrons au niveau mitochondrial, au métabolisme des catécholamines, à la synthèse de l’ADN…
Vous trouverez ci-dessous les quantités de fer préconisées pour les enfants et les adolescents, d'après le site de l'Anses.
| Population | RNP en mg/jour |
|---|---|
| Bébé de 6 mois et + | 11 |
| Enfant de 1 à 2 ans | 5 |
| Enfant de 3 à 6 ans | 4 |
| Enfant de 7 à 11 ans | 6 |
| Adolescent de 12 à 17 ans | 11 |
| Adolescente de 12 à 17 ans non menstruée ou dont les pertes menstruelles sont faibles à modérées | 11 |
| Adolescente de 12 à 17 ans dont les pertes menstruelles sont élevées | 13 |
RNP (Référence Nutritionnelle pour la population) pour le fer, chez les enfants et adolescents
La RNP est l’apport qui couvre en théorie le besoin de presque toute la population considérée (97,5 % dans la plupart des cas).
La carence en fer est répandue chez les enfants et les adolescents dans le monde (1). Le diagnostic utilise le dosage de la ferritine. On peut distinguer :
Dans les deux cas, la carence en fer provoque de la fatigue. Chez les enfants, d'autres symptômes peuvent être observés : de la pâleur, de l'irritabilité ou de l'apathie.
La carence en fer chez les enfants a un effet négatif sur les fonctions cérébrales, notamment l’attention, la concentration, la mémoire. D'après le pédiatre suisse Heinz Hengartner "Des symptômes plus sévères comme la tachypnée, les palpitations ou le vertige ne sont généralement observés que chez les patients avec une anémie. Des symptômes neurologiques comme le trouble de déficit d’attention avec/ou sans hyperactivité (TDA/H) ou le syndrome des jambes sans repos (SJSR) ont aussi été observés chez des enfants avec une carence en fer."
Quel rapport entre le fer et l’hyperactivité ? Le fer est un élément essentiel à la production de dopamine, un neurotransmetteur qui stimule au niveau du cerveau des zones responsables de l'attention, du sens de l'organisation et du contrôle des mouvements. Une carence en ce nutriment pourrait engendrer une diminution de dopamine et contribuer aux TDA/H.
Alors, pourrait-on améliorer l’attention des petits hyperactifs grâce à des suppléments de fer ? Si l’on en croit les travaux de chercheurs français, oui (2). Les scientifiques ont mesuré le taux de ferritine chez des enfants atteints de troubles de déficit de l'attention/hyperactivité (TDA/H) et sur des enfants non atteints. Les résultats ont indiqué que chez 84 % des enfants atteints de TDA/H, le taux de ferritine était en dessous de la normale (moins de 30 ng/mL). Dans le groupe témoin, cette proportion n'était que de 18 %. Plus les taux de ferritine étaient bas et plus les symptômes étaient prononcés. Selon les auteurs de cette étude, un tiers des symptômes de TDA/H pourrait s'expliquer par les faibles réserves en fer.

Certains régimes alimentaires (végétalien par exemple) augmentent le risque de carences en fer. Mais les carences en fer chez les enfants sont souvent liées aux problèmes de malnutrition ou de dénutrition.
Historiquement, le problème des carences en minéraux se pose surtout dans les pays à faible revenu, où des enfants ne mangent pas à leur faim : c'est la dénutrition, quand les apports nutritionnels sont insuffisants. Mais on reconnaît de plus en plus que ces carences peuvent également se produire chez les personnes en surpoids et obèses si elles ont une alimentation pauvre en nutriments mais riche en énergie : il s'agit alors plutôt de malnutrition, avec des apports nutritionnels inadaptés ou déséquilibrés.
Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, l'obésité est souvent associée à la pauvreté et à des régimes alimentaires monotones. De nombreux pays en développement sont aujourd'hui confrontés à un double fardeau, celui de la malnutrition et celui de la suralimentation, en raison de l'augmentation rapide de la prévalence de l'obésité, en particulier chez les enfants.
C'est le cas dans des pays d'Afrique et d'Asie qui connaissent à la fois la malnutrition et une transition vers un régime alimentaire occidental riche en sucres et en graisses. Entre 2000 et 2017, le nombre d'enfants de moins de cinq ans en surpoids est passé de 6,6 à 9,7 millions en Afrique et de 13,9 à 17,5 millions en Asie. Dans le même temps, le nombre d'enfants de moins de cinq ans souffrant d'un retard de croissance a augmenté, passant de 50,6 à 58,7 millions en Afrique.
La carence en fer est déjà reconnue comme un problème chez les adultes souffrant d’obésité. Qu'en est-il des enfants et des adolescents? Des chercheurs de l’université de Leeds ont examiné des milliers d’études médicales menées dans 44 pays sur des personnes âgées de moins de 25 ans (3). Ils ont constaté que la carence en fer est associée à la fois à l’insuffisance pondérale et au surpoids chez les enfants et les adolescents. En revanche, les carences en zinc et vitamine A n’ont pas été observées chez les enfants obèses ou en surpoids. Les chercheurs pensent que, chez ces jeunes, la carence en fer est probablement due à l’inflammation qui perturbe les mécanismes de régulation de l’absorption du fer.
Dans un communiqué, Xiaomian Tan, principal auteur de cette étude, a expliqué : « Notre recherche est extrêmement importante étant donné la forte prévalence de l'obésité chez les enfants. Nous espérons qu'elle conduira à une meilleure reconnaissance du problème par les professionnels de la santé et à des améliorations dans la pratique clinique et les soins ».
Dans les aliments, il existe deux types de fer :
A priori, le corps absorbe mieux le fer héminique que celui des végétaux. Le fer végétal est absorbé avec des cofacteurs comme la vitamine C qui aident à son assimilation et surtout empêcheraient qu’il augmente le stress oxydant (contrairement au fer héminique). Parmi les aliments riches en fer, citons par exemple : les algues, le foie (abats), le chocolat et le cacao, les lentilles, les amandes, les noisettes, les œufs, les viandes rouges… et naturellement les épinards ! Certains produits céréaliers proposent des produits enrichis en fer.
Avant de commencer le traitement martial oral, il est prioritaire de corriger les problèmes alimentaires sous-jacents
La supplémentation en fer se décide avec le médecin, D'après le Dr Hengartner "La substitution de fer par voie orale est efficace chez la plupart des enfants avec une carence en fer avec anémie." Mais il ajoute : "Avant de commencer le traitement martial oral, il est prioritaire de corriger les problèmes alimentaires sous-jacents,"
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