Les oméga-3, anti-âges de la mémoire et du cerveau

Par Marie-Céline Ray - Journaliste scientifique Publié le 28/02/2012 Mis à jour le 25/11/2022
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Un manque d'oméga-3 ferait vieillir le cerveau prématurément.

"Manger du poisson, c'est bon pour la mémoire." Cette vieille idée reçue prend finalement tout son sens. À l'origine la consommation de poisson était conseillée pour sa richesse en phosphore, ce dernier était censé aider au fonctionnement du cerveau et donc stimuler la mémoire. Mais si le poisson est bénéfique pour le cerveau et la mémoire, c'est surtout grâce aux oméga-3 qu'il apporte.

Lire : La meilleure façon de manger du poisson et des produits de la mer (abonnés)

Les oméga-3 bénéfiques au cerveau quand il vieillit

Suite à de premières études qui ont mis en évidence un lien entre la démence sénile et le manque d'oméga-3, des chercheurs ont voulu voir l'impact de ces derniers sur une population bien portante. Pour cela, ils ont utilisé les participants d'une vaste étude épidémiologique, l'étude de Framingham. 1 575 personnes sans démence sénile et âgées en moyenne de 67 ans ont participé. Leur taux d'oméga-3 a été mesuré dans le sang et les participants ont répondu à des questionnaires d'évaluation neuropsychologiques et subi des scanners du cerveau (1).

Les chercheurs ont ainsi découvert que :

  • les personnes ayant un taux de DHA faible (un acide gras oméga-3) présentent un cerveau dont la taille est diminuée, notamment en matière grise, qui est associée à l'intelligence et à la réflexion ;
  • les personnes qui ont un taux de DHA faible ont une moins bonne mémoire visuelle, moins de capacités de raisonnements et moins de capacités de prises de décisions ;
  • les résultats constatés sont très significatifs et persistants dans tous les modèles statistiques envisagés par les chercheurs.

En revanche, aucun lien ne semble retrouvé entre les taux d'oméga-3 et la mémoire verbale.

Zaldy Tan, le directeur de l'étude explique que le cerveau des personnes qui manquent d'oméga-3 semble vieillir plus rapidement que la normale, ce qui peut se traduire par des difficultés à se rappeler certaines choses ou à effectuer des raisonnements abstraits. Son équipe conclut simplement en disant que "de faibles taux de DHA sont associés à des marqueurs d'un vieillissement structurel et cognitif du cerveau accéléré."

Une étude plus récente, parue en 2022, a montré que les oméga-3 pourraient agir directement sur la structure du cerveau, en particulier l'hippocampe (voir ci-dessous).

Les oméga-3 améliorent la structure cérébrale et la cognition des adultes

Cette nouvelle recherche a été menée par l'Université du Texas à San Antonio et des chercheurs de la Framingham Heart Study. Elle montre que la consommation de poissons gras et d'autres sources d'acides gras oméga-3 pourrait préserver la santé du cerveau et améliorer la cognition des personnes d’âge moyen.

L'étude a inclus 2 183 participants, sans démence ni antécédent d’accident vasculaire cérébral, dont l’âge moyen était de 46 ans. L'équipe a examiné les concentrations d’oméga-3 dans les globules rouges, les marqueurs cognitifs du vieillissement cérébral et a aussi effectué des IRM. Certains volontaires étaient porteurs d'APOE4, un variant génétique lié à un risque plus important de maladie d'Alzheimer.

L'EPA et le DHA sont des micronutriments clés qui améliorent et protègent le cerveau

Les résultats montrent que les personnes avec des taux d'oméga-3 plus élevés avaient des volumes d'hippocampe plus gros (2). Or cette structure cérébrale joue un rôle dans l'apprentissage et la mémoire. La consommation d'oméga-3 était également associée à un meilleur raisonnement abstrait ou à une capacité de comprendre des concepts complexes grâce à une pensée logique. Enfin, les porteurs d'APOE4 avec un indice oméga-3 plus élevé avaient moins de maladies microvasculaires, alors que APOE4 est associé aux maladies cardiovasculaires et à la démence vasculaire.

Dans un communiqué de l'université, Debora Melo van Lent, une des auteurs de cette recherche, a expliqué : « Les acides gras oméga-3 tels que l'EPA et le DHA sont des micronutriments clés qui améliorent et protègent le cerveau. » Elle ajoute : « Notre étude est l'une des premières à observer cet effet dans une population plutôt jeune. »

Où trouver des oméga-3 dans l'alimentation ?

Ces acides gras sont synthétisés par le corps à partir de sources végétales : graines de lin et de chia, noix, huiles de colza et de lin. Ils peuvent aussi être apportés par les poissons gras, les coquillages, crustacés et les œufs de poule nourries au lin. Pour les végétariens, il existe des compléments alimentaires à base d'algues qui contiennent du DHA (voir notre article).

Pour tout savoir sur les oméga-3, vous pouvez consulter nos dossiers et en particulier : Oméga-3 : l’essentiel pour les experts

Références
  1. Z.S. Tan et al. Red blood cell omega-3 fatty acid levels and markers of accelerated brain aging Neurology February 28, 2012 78:658-664.
  2. Satizabal et al. Association of Red Blood Cell Omega-3 Fatty Acids with MRI Markers and Cognitive Function in Midlife – The Framingham Heart Study. Neurology. 5 octobre 2022.

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