Les métaux lourds s’accumulent discrètement dans l'organisme, parfois pendant des années. Si la première priorité reste de limiter son exposition, certaines stratégies nutritionnelles peuvent aider le corps à mieux les éliminer.
Les polluants organiques persistants (POP) s'accumulent dans les organismes vivants au fil du temps. Comment éviter qu'ils nous empoisonnent ?
Les polluants organiques persistants (POP) sont des substances chimiques qui résultent majoritairement de l’activité humaine (industrielle et domestique). Ils se dégradent très lentement dans l’environnement et s’accumulent dans les tissus adipeux des organismes (1). Les POP peuvent se déplacer sur de longues distances par l'intermédiaire de l'air, de l'eau, ou de la chaîne alimentaire. Ils représentent un danger pour la santé car ils peuvent perturber les systèmes hormonaux, induire un stress oxydatif ou une inflammation.
Les POPs ont donc quatre propriétés communes. Ils sont :
Les POP entrent dans la composition de plastiques, objets électroniques, peintures, textiles, ou sont utilisées en agriculture.
Parmi les POP, on trouve par exemple :
Un exemple de PFAS : le PFOA
Le PFOA (acide perfluorooctanoïque) est un PFAS considéré comme cancérogène pour l’homme par le CIRC. Des études ont suggéré une association entre l’exposition au PFOA et le risque de cancer du rein et des testicules (3). Il agit également comme un perturbateur endocrinien et pourrait notamment nuire à la fertilité des femmes (4). Le PFOA est interdit en France depuis 2020.
Le DDT est un insecticide qui est interdit depuis les années 1970, mais il reste présent dans l’environnement et peut se retrouver dans des poissons d’élevage, au même titre que les PCB, comme l'explique Joseph Pizzorno dans son livre Toxiques - La solution : "Le poisson d’élevage contient peut-être moins de mercure que le poisson sauvage, mais cet avantage est largement compensé par des taux élevés de substances chimiques toxiques." Le DDT est toujours utilisé dans certains pays tropicaux dans la lutte contre le paludisme car c'est un puissant insecticide.

Le chlordécone est un pesticide qui a été utilisé dans les bananeraies des Antilles jusqu'en 1993, pour lutter contre le charançon du bananier, un insecte ravageur pour ces cultures. D'après l'Anses, (l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), il a contaminé durablement les sols et l'eau, et impacte encore aujourd'hui les cultures et les productions animales. La toxicité du chlordécone a été prouvée dans différents domaines. Il a des effets néfastes sur le système nerveux, la reproduction, le système hormonal et le fonctionnement de certains organes (foie, rein, cœur, etc.). L’expertise Inserm pesticides et santé publiée en 2021 a mis en évidence un lien entre l’exposition au chlordécone et le risque de cancer de la prostate.
La convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants a été adoptée lors d’une conférence qui s'est tenue le 22 mai 2001 à Stockholm (Suède). Lors de cette convention, certains engagements ont été pris, en particulier l'interdiction ou la restriction de certains produits, les "Dirty Dozen". La France fait partie des pays signataires. Ces accords internationaux sont entrés en vigueur le 17 mai 2004 (2).
Les Dirty Dozen présents dans la convention de Stockholm en 2001 étaient les 12 POP suivants :
En 2009, d'autres molécules ont été ajoutées à cette liste, comme le chlordécone et le lindane.
Bien que certains POP soient interdits, on peut se demander s'ils sont toujours présents dans notre environnement et menacent notre santé. Pour le savoir, des chercheurs du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations à Villejuif ont mesuré les niveaux d’exposition aux POP de 468 femmes âgées de 45 à 73 ans de la cohorte E3N Générations, grâce à des échantillons sanguins collectés entre 1994 et 1999. L’équipe a comparé ces résultats avec ceux obtenus par d’autres équipes à partir d’échantillons plus récents dans des études réalisées par Santé publique France (5).
Parmi les 73 POP quantifiés, 41 substances ont été retrouvées à des seuils significatifs chez plus des trois quarts des participantes. Les taux mesurés étaient cependant le plus souvent à la baisse depuis 10 à 20 ans, comme l’indiquent les échantillons plus récents. L’équipe a aussi mis en évidence le rôle de plusieurs facteurs dans l’exposition aux polluants : l’alimentation, le lieu de résidence, l’âge et le poids corporel.
Dans un communiqué de l'Inserm, Francesca Mancini, chercheuse dans l’équipe Exposome et hérédité (Inserm), a déclaré : « Cette tendance globale est encourageante et marque un recul des niveaux d’exposition en France suite aux différentes mesures de protection prises par les pouvoirs publics. Toutefois il faut être très prudent sur l’interprétation fine des résultats, car les méthodes d’analyse ne sont pas identiques d’une étude à une autre et les substances mesurées ne sont pas toujours les mêmes. »
Notre mode de vie nous expose à des polluants, de manière inévitable, mais il est possible de limiter cette exposition. Comme l'explique Joseph Pizzorno dans son livre Toxiques - La solution, "il vaut mieux essayer de limiter votre exposition, car il faut souvent des mois, voire des années, pour éliminer la moitié de ces poisons. Bien sûr, il est difficile d’échapper aux polluants présents dans l’air que vous respirez, mais vous pouvez éviter de nombreuses substances toxiques."
Voici quelques-uns de ses conseils :
Pour détoxifier votre organisme, vous pouvez aussi suivre le programme qu'il propose dans son livre et stimuler le travail du foie et des reins.
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