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En 2019, Naima a été diagnostiquée avec un cancer du sein très agressif. Aujourd’hui guérie, elle nous raconte son parcours entre traitements de chimiothérapie, régime cétogène, sport et bonne humeur !
Créatrice de contenus vidéo et de podcasts, Naima Riancho anime le compte Instagram sucrer-cest-tromper_. En 2019, la vie de cette mère de famille de 43 ans a basculé quand elle a reçu son diagnostic de cancer. Elle revient sur son chemin vers la guérison.
Naima Riancho : Le 11 juillet 2019, mon médecin m’a appelée alors que j’étais en déplacement à l’étranger. Il m’a demandé de rentrer en me disant que c’était très grave. À mon retour, il m’a annoncé que j’avais un cancer du sein hormono-dépendant très agressif au stade 3. La tumeur faisait moins de 10 mm.
J’ai passé 2-3 jours au lit et mon premier réflexe a été de taper « alimentation anti-cancer » sur Internet. Et là, de page en page, j’ai découvert un monde que je ne connaissais absolument pas : l’alimentation sans sucre. J’ai commencé à m’informer avec le livre d’Ulrike Kämmerer, une chercheuse allemande : Le régime cétogène contre le cancer. J’ai dévoré ce livre. J’ai compris que le sucre était un poison et qu’une alimentation pauvre en glucides et riche en gras pourrait peut-être m’aider. J’ai découvert dans ce livre que les cellules cancéreuses étaient avides de glucose, et que cette alimentation allait peut-être pouvoir les affamer et empêcher leur développement.
Je suis allée faire un scanner, un PET scan. Pendant l’examen, j’ai demandé ce qu’on m’injectait et on m’a dit que c’était du glucose. Comme j’avais lu le livre d’Ulrike Kämmerer, je connaissais un peu les effets du glucose. Ce scanner permet de voir où sont les cellules cancéreuses, il est important pour repérer les métastases. J’ai bien compris que la démarche était thérapeutique, mais ce moment a joué un rôle dans ma réflexion sur mon alimentation.
Je ne voulais pas me lancer seule dans un changement d’alimentation. J’ai cherché quelqu’un pour m’accompagner et j’ai trouvé Magali Walkowicz, qui est diététicienne-nutritionniste à Toulouse. Je l’ai contactée et elle m’a dit tout ce que je devais éliminer de mon alimentation pour faire face à ce défi qui m’attendait. J’ai supprimé les produits transformés. À la maison, je me suis attaquée aux perturbateurs endocriniens, étant donné que j’avais un cancer hormono-dépendant. J’ai commencé à vérifier les shampoings, crèmes hydratantes, maquillages, déodorants… Je me suis rendue compte que tous ces produits m’empoisonnaient au quotidien.
J’ai découvert aussi que le régime cétogène n’était pas une alimentation à la mode, mais qui existe depuis les années 1920, qu’il y avait des études dans le monde entier, sur des dizaines de maladies, dont le cancer.
Je n’irai pas jusqu’à dire que le régime cétogène guérit le cancer, je n’en sais rien, mais je peux vous dire que les effets sur mon corps ont été incroyables ! J’ai surtout constaté une énergie débordante : je n’ai plus de coup de mou après le déjeuner, je ne fais plus de sieste depuis cinq ans, alors qu’auparavant j’étais capable de dormir deux heures les après-midis de week-end. J’avais des rhinites allergiques toute l’année et j’étais sous antihistaminiques depuis sept ans : tout a disparu, je n’ai plus jamais éternué, eu les yeux bouffis… J’avais aussi des ballonnements, des maux de ventre, c’est fini ! Je ne m’attendais pas à tous ces effets, car je le faisais dans un autre but. Mais le plus flagrant, c’est l’énergie.

Oui, je me suis fait opérer en 2019. La tumeur a été retirée et l’oncologue m’a annoncé le protocole avec six chimiothérapies, des séances de radiothérapie et 18 séances de chimiothérapie ciblée contre le risque de récidive. J’ai eu ma première chimio en octobre 2019, et j’ai terminé les traitements deux ans plus tard.
J’ai été suivie au centre Oscar Lambret à Lille. J’ai tout de suite annoncé à l’oncologue et au personnel médical que je suivais une alimentation sans sucre, sans féculent, sans produits transformés... Toutes les trois semaines, j’avais une prise de sang qui faisait partie du protocole. Nous avons convenu avec l’oncologue, qui était très inquiète, que s’il y avait le moindre problème, j’arrêtais cette alimentation et je revenais en arrière. J’ai deux enfants, je ne voulais pas jouer avec ma santé ! Je n’ai pas eu d’effets indésirables aux traitements, à part la perte des poils, j’ai perdu mes cheveux, mes sourcils, mais je n’ai pas eu de fièvre, d’infection...
Je ne suis pas une athlète mais je pratiquais déjà la course à pied pour évacuer le stress. Je cours une à deux fois par semaine, pas très vite, à 8 km/h. Je me suis dit que je ne voulais pas que la chimiothérapie rythme ma vie toutes les trois semaines et j’ai décidé de porter un dossard par chimio. J’ai commencé mon premier dossard 15 jours après mon opération, pour le 20 km de Paris. Ensuite j’ai enchaîné une chimio et un dossard chaque mois.
J’ai mis en place la règle des « 4 A » : Alimentation, Activité physique (sport), Amour et Amusement. Pour l’Amour, il s’agit de bien s’entourer, de se détacher des relations toxiques et de prendre soin de soi. J’ai fait de l’hypnose, de l’acupuncture, j’ai participé à un cercle de femmes où je pouvais déposer mes états d’âme, j’ai travaillé sur ma respiration et mes émotions. Pour l’Amusement, je me suis mise au théâtre, alors que j’avais des problèmes de mémoire à cause de la chimio. J’étais incapable de me souvenir de mon code de carte bleue ! J’ai joué une pièce avec mon fils, Un ado peut en cacher un autre. Je me suis entraînée avec lui. Quand il retenait une scène en une heure, il me fallait trois heures… C’était un challenge en plus du sport.
Aujourd’hui je suis guérie du cancer. Je continue à suivre une alimentation cétogène. Je mange ce que nous fournit la Terre : des œufs bio du poulailler de ma maman, parfois du poulet bio, des sardines et des maquereaux de mon poissonnier, de bonnes huiles… Tout le reste n’a pas de place dans ma cuisine. Parfois je suis plutôt un régime low carb : je ne calcule pas, je mange des légumes en quantités illimitées. J’adore cueillir des légumes dans le jardin, créer quelque chose dans mon assiette. Les produits industriels, les additifs, les colorants, les conservateurs… sont exclus. J’utilise beaucoup les aliments anti-angiogéniques, les baies rouges, le gingembre, le citron, le thé vert, l’ail, le persil, le curcuma, la tomate cuite, les champignons, les crucifères… Ce sont mes superaliments !
Je pense que l’être humain aujourd’hui est en suralimentation : on mange le matin puis à 10h, à midi, au goûter, tard le soir... Le corps est en digestion tout le temps ! Soit je ne mange pas le matin, soit j’arrête de manger après 17h. Je reste à l’écoute de mon corps et de ma faim.

J’ai décidé de filmer car j’ai toujours une caméra dans les mains pour mon travail. J’ai filmé mes rendez-vous avec le médecin, l’oncologue, avec Magali, mais aussi mes échanges avec mes proches au quotidien. Au départ, c’était un peu thérapeutique. Je voulais laisser une trace à mes enfants et à ma famille pour qu’ils comprennent mon combat, je ne savais pas si j’allais survivre !
Au fur et à mesure de mes recherches, j’ai obtenu l’information concrète que le sucre était un poison, pour tout le monde, et pour moi qui était en train de lutter contre un cancer. J’avais tellement de croyances ancrées que je devais déconstruire ! Par exemple, j’ai grandi en Algérie, je mangeais du couscous toutes les semaines, des gâteaux avec du miel... Pour moi, le sucre était un plaisir, un réconfort, de la douceur. Il est même parfois considéré comme une récompense, il est lié à l’énergie : on en donne en fin de course dans le sport ! En filmant, j’ai voulu partager ces informations, c’était devenu vital pour moi.
Je voulais retrouver Ulrike Kämmerer, d’abord pour la remercier car son livre a impacté ma vie et celle de mon entourage, et ensuite pour en savoir plus. J’étais boulimique d’informations sur le sujet. J’ai pu la retrouver grâce à une amie et je l’ai appelée. Elle m’a dit qu’elle organisait un grand colloque avec des chercheurs du monde entier, sur le jeûne thérapeutique et l’alimentation cétogène, à l’université de Wurtzbourg, en Allemagne. Elle m’a invitée. J’y suis allée avec une amie et nous avons fait des interviews. Par exemple, j’ai rencontré la Dre Purna Mukherjee, qui est collaboratrice du Dr Thomas Seyfried aux États-Unis. Elle m’a parlé du jeûne thérapeutique. Dans son laboratoire, les chercheurs font jeûner des souris qui ont des cancers du cerveau. Elle m’a montré les résultats de son étude : physiquement, les souris avaient des bosses sur le front, et après le jeûne les bosses disparaissaient complètement !
Les résultats des recherches des chercheurs allaient dans le même sens : le jeûne et une alimentation pauvre en sucres pouvaient aider contre des maladies dégénératives, le diabète, le cancer…
En plus des personnes interviewées en Allemagne, je suis allée voir le Dr Schwartz à Paris. J’ai aussi interviewé le Dr William Li qui est médecin et conférencier, et dont les livres sont traduits dans le monde entier. Il a lancé une fondation anti-angiogenèse, The Angiogenesis Foundation. J’ai aussi fait une interview d’Adrienne Scheck, qui est chercheuse dans une université de l’Arizona. Son laboratoire étudie le régime cétogène pour le traitement des tumeurs cérébrales. J’ai aussi rencontré Laurence Zitvogel, qui travaille sur le microbiote en France. J’ai pu interviewer ses collaboratrices qui ont lancé la première étude sur des êtres humains sous alimentation cétogène à l’Institut Gustave Roussy.
Témoigner est un devoir et un remède. Cela m’aide à avancer. L’alimentation cétogène, le sport, soigner ma santé mentale, retirer au mieux les perturbateurs endocriniens, les pesticides, cette démarche globale a joué un rôle dans ma guérison et m’a aidée à supporter mes traitements lourds.
Votre intestin détient peut-être la clé de ce que l'industrie pharmaceutique vous vend pour perdre du poids.
Cet événement consacré aux alimentations réduites en glucides (cétogène, IG bas, low carb…) verra sa deuxième édition se dérouler le 24 mai 2025 à Paris.
Vous cherchez à réduire le sucre de votre alimentation ? Cap sur les édulcorants. Oui, mais lesquels ? Entre mauvais éléments et composés fréquentables, nous avons fait le tri. Suivez le guide.