Des polluants chimiques courants augmentent le risque de maladie cœliaque

Par Juliette Pouyat Publié le 15/05/2020 Mis à jour le 16/05/2020
Actualité

L’exposition à des produits chimiques toxiques présents dans les pesticides ou des produits de consommation courants sont associés à un risque accru de maladie cœliaque (ou intolérance au gluten) chez les jeunes, selon une étude récente.

Pourquoi c’est important

La maladie cœliaque ou intolérance au gluten touche environ 1% de la population. La maladie cœliaque se manifeste le plus souvent par des symptômes digestifs (diarrhées, ballonnements). Une réaction inflammatoire et immunitaire est provoquée à l'ingestion d’une ou plusieurs fractions protéiques du gluten – notamment les gliadines – présent dans le blé et dans des céréales proches, comme le seigle et l’orge. Le seul traitement est l’exclusion du gluten du régime alimentaire.

Il existe une susceptibilité génétique à la maladie cœliaque, des facteurs nutritionnels également mais l’augmentation du nombre de cas au cours des dernières années suggèrent que des facteurs environnementaux peuvent également intervenir. Dans une nouvelle étude parue dans la revue Environmental Research, des chercheurs ont analysé l’impact de l’exposition à des polluants organiques persistants (POP) sur le risque de maladie cœliaque.

Les POP recouvrent un ensemble de substances chimiques qui sont persistantes dans l'environnement, bioaccumulables et toxiques. Les POP sont utilisés dans la fabrication et les processus industriels. Ils entrent dans la composition des pesticides, des ustensiles de cuisine ou sont utilisés comme retardateurs de flamme dans des objets courants par exemple.

Lire aussi : Intolérance au gluten : qu’est-ce qui provoque la maladie cœliaque ?

L’étude

Les chercheurs ont analysé la présence de POP, présents dans des pesticides ou des produits courants, dans le sang de 30 enfants et jeunes adultes ayant reçu récemment un diagnostic de maladie cœliaque. Les résultats des tests ont été comparés à ceux obtenus chez 60 personnes en bonne santé.

Les résultats montrent que les enfants et les jeunes adultes ayant des taux sanguins élevés de DDE (métabolite d’un pesticide) ont deux fois plus de risque d’être diagnostiqués pour une maladie cœliaque que ceux ayant des taux plus faibles. Il existe des différences entre les garçons et les filles, l’exposition à certains polluants chimiques ayant des impacts négatifs sur la santé des filles et pas sur celle des garçons et vice-versa. Par exemple, les filles sont 8 fois plus susceptibles d’être intolérantes au gluten si leur exposition aux pesticides – évaluée par des taux sanguins de DDE – est supérieure à la normale. Alors que chez les garçons, des niveaux élevés de DDE dans le sang n’augmentent pas significativement le risque de maladie cœliaque. De plus, les jeunes filles ayant des niveaux élevés de composés perfluroalkyles – des substances présentes notamment dans les revêtements anti-adhérents des poêles – ont 5 à 9 fois plus de risques de souffrir de maladie cœliaque.

Ces composés toxiques sont connus pour être des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire qu’ils modifient les niveaux d’hormones qui sont essentielles pour contrôler le développement sexuel et les défenses immunitaires contre les infections. Par ailleurs, les polluants organiques persistants favorisent la perméabilité intestinale, un facteur clé dans le déclenchement des maladies auto-immunes.

Les résultats de cette étude renforcent l’idée que des facteurs environnementaux jouent un rôle dans l’apparition de maladies auto-immunes telles que la maladie cœliaque.

En pratique

Dans les années 1980, le docteur Jean Seignalet a suggéré que les maladies auto-immunes se déclarent sur un terrain génétique particulier, dans un contexte d’hyperperméabilité intestinale et en présence d’un déclencheur d’origine bactérienne, toxique ou alimentaire. Selon lui, une augmentation de la perméabilité intestinale précède la maladie, entraînant une présentation excessive de l’antigène (le gluten) au système immunitaire mucosal. Les composés toxiques en augmentant la perméabilité intestinale favoriseraient donc la maladie cœliaque dont le seul traitement pour l'instant consiste à éliminer le gluten de son alimentation. Pour renforcer votre barrière intestinale, suivez nos conseils

Pour aller plus loin : Comment traiter la maladie coeliaque (abonnés)

Pour limiter votre exposition aux polluants, nous vous conseillons de choisir vos fruits et légumes bio, de ne pas faire chauffer à vide vos ustensiles avec des revêtements anti-adhérents et de les jeter dès qu’ils sont abîmés et de bien aérer votre maison, notamment après avoir utilisé des produits ménagers. 

A lire aussi : Sang pour sang toxique et Le bon choix pour cuisiner

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