L’obésité dépend de nombreux facteurs, comportementaux et génétiques. La flore intestinale joue, elle aussi, un rôle dans la régulation des apports énergétiques.
Judith Martin : Oui. En fait, nous cherchons à estimer l’association entre certains évènements de vie, familiaux et biographiques vécus pendant l’enfance, l’adolescence ou à l’âge adulte et l’existence d’un surpoids chez l’adulte. Nous travaillons à partir des données de la première vague de collecte d’informations de la cohorte SIRS (Santé, inégalités et ruptures sociales), constituée en 2005. 3000 personnes de l’agglomération parisienne ont répondu à un questionnaire en face-à-face, à leur domicile.
La prévalence du surpoids augmente avec l’âge, avec un risque maximum pour les personnes âgées de 65 à 74 ans. Nous avons aussi observé une influence de la nationalité des parents, avec des différences notables entre hommes et femmes. La prévalence du surpoids est plus élevée chez les femmes dont les parents sont tous les deux de nationalité africaine ou maghrébine. Les hommes dont les parents sont d’origine étrangère, autre qu’africaine et maghrébine, présentent eux aussi un risque plus élevé de surpoids.
La parentalité joue aussi un rôle important. La maternité et le fait d’avoir des enfants augmentent le risque de surpoids aussi bien chez la femme que l’homme. Cela indique que le surpoids est plutôt associé à la mise en couple ou à la structure familiale. Plusieurs études américaines ont constaté que les hommes mariés sont plus souvent en surpoids et obèses que les autres. Vivre la maladie grave du conjoint augmente aussi le surpoids chez les hommes. On peut avancer l’hypothèse selon laquelle la maladie grave du conjoint peut entraîner une modification des habitudes familiales et particulièrement du régime alimentaire, peut-être en lien avec des difficultés émotionnelles, financières ou organisationnelles. Dans ce cas-là, c’est la répartition des tâches qui est bouleversée et cela peut expliquer la prise de poids.
On peut s’en étonner mais la séparation ou le divorce semblent plutôt protéger les femmes du surpoids. De même, les femmes qui déclarent avoir vécu une enfance heureuse et une adolescence malheureuse ont moins de risque d’être en surpoids. L’homme a moins de risque d’être obèse dans deux situations : lorsqu’il a vécu le décès de son conjoint et lorsqu’il a eu de graves problèmes de santé avant l’âge de 18 ans.
On peut élaborer des hypothèses. On sait qu’à niveau socio-économique égal, les femmes les plus riches sont les plus minces. Ces femmes maintiennent leurs poids. Par contre, les hommes les plus riches ont plutôt tendance à l’embonpoint.
La prise en charge doit se faire de plus en plus tôt, mais au-delà de cette prise en charge, il est nécessaire de s’interroger sur les causes de l’obésité : environnement familial, vécu de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte. Il s’agit d’adapter la prévention et les actions. Il convient de prendre en compte la dimension psycho-sociale pour répondre au mieux à leurs besoins.
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