Contre la sclérose en plaques : le régime méditerranéen

Par Pierre Lombard Publié le 16/06/2016 Mis à jour le 21/07/2017
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Riche en graisses monoinsaturées et oméga-3, en antioxydants, le régime méditerranéen pourrait prévenir la sclérose en plaques.

La recherche n'en finit pas de découvrir des vertus au régime méditerranéen : effets bénéfiques sur l'infarctus, Alzheimer, et maintenant sur la sclérose en plaques. C'est la conclusion d'une petite étude iranienne.

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La sclérose en plaques est une maladie auto-immune caractérisée par une démyélinisation des neurones. La gaine d'isolation des cellules nerveuses du cerveau et de la moelle épinière est endommagée. Ces lésions altèrent la capacité des différentes parties du système nerveux à communiquer entre elles et engendrent de nombreux symptômes physiques et mentaux qui peuvent devenir très invalidants. 

En 2016, entre 2 et 2.5 millions de personnes dans le monde seraient atteints de cette maladie. C’est la maladie auto-immune affectant le système nerveux central la plus fréquente. L’incidence varie largement suivant les pays, en suivant peu ou prou un gradient nord-sud. Effectivement, l’exposition au soleil semble être un facteur clé dans le développement de cette maladie, notamment via la vitamine D, souvent associée au risque de maladies auto-immunes.

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Un risque divisé par 4 d'être atteint de la sclérose en plaques

Jusqu'à présent, aucune étude ne s'était intéressée spécifiquement à l'association entre adhérence au régime méditerranéen et sclérose en plaques. L'étude est de type cas-contrôle : 70 patients Iraniens atteints de sclérose en plaque qui n’avaient pas changé leurs habitudes alimentaires après diagnostic de la maladie ont été comparés à 142 Iraniens hospitalisés pour des pathologies mineures. L’adhérence au régime méditerranéen était mesurée grâce à un score à 9 unités sur la base des réponses aux questionnaires alimentaires. Le score prend en compte la consommation de 9 aliments : fruits, légumes, noix, céréales complètes, poissons, ratio viande blanche/viande rouge, produits laitiers ainsi que le ratio graisses insaturées/graisses saturées. 

Après ajustement sur de multiples variables comme l’âge, l’hérédité, ou encore la saison de naissance, ceux qui avaient un régime le plus proche d'un régime méditerranéen avaient une probabilité 4 fois plus faible d’être atteints de sclérose en plaques.

De plus, seulement 19% des patients atteints de sclérose en plaques utilisaient des huiles végétales contre 54% chez les témoins. Tandis que 37% des patients utilisaient de la graisse animale contre seulement 10% chez les témoins. Ce qui semble confirmer l’hypothèse selon laquelle la consommation de graisses insaturées exerce un effet protecteur.

Autre fait intéressant, les patients atteints de la sclérose en plaques avaient 2 fois plus de "risque" d’être nés en automne et 2 fois moins de "risque" d’être nés en été, ce qui confirme l’hypothèse selon laquelle l'exposition au soleil, via la vitamine D, pourrait protéger de la sclérose en plaques. 

L'Iran est un pays très ensoleillé et qui plus est proche de l'équateur (32° Nord), qui semblait épargné par la sclérose en plaques. Cependant, ces 20 dernières années, son incidence a été multiplié par 8 ! Cette explosion si soudaine ne peut être expliquée que par des facteurs environnementaux et comportementaux, notamment l'alimentation qui s'est occidentalisée durant cette période. Des chercheurs ont aussi évoqué le port du voile comme facteur à l'origine de déficits en vitamine D. 

Comment le régime méditerranéen pourrait protéger 

Dès 2009, certains chercheurs ont suggéré un lien entre régime méditerranéen et protection de la sclérose en plaques (2). Selon eux cet effet bénéfique du régime serait expliqué par la protection de l'huile d'olive grâce à sa richesse en acides gras  monoinsaturés et en un composé phénolique, l'oléocanthal, qui serait impliqué dans la myélénisation des neurones (2). De plus, d'autres études ultérieures ont confirmé que les graisses insaturées, très présentes dans le régime méditerranéen (huile d'olive et noix), semblent protéger du développement de la maladie (3,4,5). De plus, le régime méditerranéen, riche en fruits et légumes et huile d'olive, est riche en antioxydants comme les polyphénols ou encore la vitamine C et E. Ces antioxydants pourraient protéger la myéline de la péroxydation des lipides. En outre, un régime méditerranéen est assez pauvre en sel également impliqué dans cette pathologie (5). 

Lire aussi Sclérose en plaques : changer d'alimentation peut améliorer les symptômes.

 

L’avis de LaNutrition.fr : Cette petite étude est de type cas-témoin, elle possède donc certaines limites comme le risque de biais de rappel et la représentativité des personnes mais ces limites ont été prises en compte dans la conception et le déroulement de l'étude. L'idée que le régime méditerranéen pourrait protéger de la sclérose en plaques apparaît tout à fait plausible. Notamment grâce à sa richesse en graisses insaturées (surtout mono-insaturées et oméga-3), en antioxydants, vitamine D, et à sa teneur faible à moyenne en sel, tous impliqués dans le développement de la sclérose en plaques (4,5).

Pour plus d'informations sur l'alimentation comme moyen de lutter contre la sclérose en plaques, lisez un extrait de "Vaincre la sclérose en plaques" de Julien Venesson.

RÉFÉRENCES :
(1) Sedaghat F, Jessri M, Behrooz M, Mirghotbi M, Rashidkhani B. “Mediterranean diet adherence and risk of multiple sclerosis: a case-control study.” Asia Pac J Clin Nutr. 2016;25(2):377-84. doi: 10.6133/apjcn.2016.25.2.12.

(2) Materljan E, Materljan M, Materljan B, Vlacić H, Barićev-Novaković Z, Sepcić J. “Multiple sclerosis and cancers in Croatia--a possible protective role of the Mediterranean diet".Coll Antropol. 2009 Jun;33(2):539-45.PMID: 19662776

(3) de Andrés C, Lledó A.“Fatty diet and multiple sclerosis.”Rev Neurol. 1997 Dec;25(148):2032-5. Review. PMID:9528051

(4)Hutter CD, Laing P. Med “Multiple sclerosis: sunlight, diet, immunology and aetiology.”Hypotheses. 1996 Feb;46(2):67-74. PMID:8692046.

(5)Konikowska K, Regulska-Ilow B."The role of diet in multiple sclerosis." Postepy Hig Med Dosw. 2014 Mar 27;68:325-33. doi: 10.5604/17322693.1095838.

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