Pour conserver de la force dans un bras immobilisé, musclez l'autre

Par Marie-Céline Ray Publié le 23/10/2020 Mis à jour le 26/10/2020
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Les exercices de musculation sur un bras apportent aussi des bénéfices à l’autre bras d'après une étude récente.

Pourquoi c’est important

Après un accident qui touche un bras ou une jambe, vous risquez de perdre de la force et des muscles dans le membre immobilisé. Comment éviter cette atrophie musculaire ? Il a déjà été montré que des exercices de résistance (ou de musculation) pratiqués sur le membre valide ont des effets positifs sur celui qui est immobilisé. Mais que peut-on attendre de la musculation pour un membre immobolisé exactement en entraînant le membre valide ? Y a-t-il des exercices plus efficaces que d'autres ?

En musculation, il existe en effet (en gros) deux types d’exercices :

  • Les exercices concentriques dans lesquels les muscles se raccourcissent. Par exemple, en montant un escalier ou en soulevant un haltère.
  • Les exercices excentriques où les muscles qui se contractent s’allongent. Par exemple, quand on baisse un haltère vers le bras ou si on descend un escalier.

Une étude autralienne, parue dans la revue Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports, a évalué  les meilleurs exercices pour conserver sa fonction musculaire dans le bras immobilisé.

Ce que montre l’étude

Pour cette étude réalisée à l’université Edith Cowan en Australie, les chercheurs ont recruté 30 personnes, âgées de 18 à 34 ans, dont le bras dominant était immobilisé au moins huit heures par jour pendant quatre semaines.

Les participants ont été divisés en trois groupes : certains n’ont pas fait d’exercice, d’autres des exercices concentriques et excentriques et les autres uniquement des exercices excentriques. Ces exercices qui faisaient travailler le coude du bras valide avaient lieu lors de trois sessions par semaine. Chaque session comprenait trois à six séries de 10 mouvements répétitifs.

Pour ne faire que des exercices excentriques, les participants utilisaient un haltère très lourd sur leur bras actif. C’est dans ce groupe que la force du bras immobilisé a le plus augmenté. De plus, toujours sur ce bras, l’atrophie musculaire a été réduite, comme l’explique le professeur Kazunori Nosaka, un des auteurs de l’étude : « Ce groupe avait également une perte musculaire de seulement 2 % dans son bras immobilisé, par rapport à ceux qui n'ont pas fait d'exercice et qui ont perdu 28 % de muscle. »

L’étude montre donc que l’entraînement sur un bras favorise la force de l’autre bras et limite sa perte musculaire. Ces résultats peuvent avoir des implications pour des patients ayant eu un accident vasculaire cérébral (AVC) par exemple et dont une partie du corps est handicapée.

Pour le Pr Nosaka, « cela pourrait changer la façon dont nous abordons la rééducation pour les personnes qui ont temporairement perdu l'usage d'un bras ou d'une jambe. » Il ajoute : « En commençant immédiatement la rééducation et l'exercice dans le membre indemne, nous pouvons prévenir les dommages musculaires induits par l'exercice dans l'autre membre et également développer la force sans le déplacer du tout. »

Dans l’avenir, ce type de recherche pourrait être étendu à d’autres muscles, comme ceux de la jambe. Les sportifs peuvent aussi être intéressés par ces résultats afin de récupérer plus rapidement après une blessure.

Des livres pour aller plus loin : Le guide de la musculation au naturel et Musculation athlétique

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