Les AMAP : pour être sûr de ce que l'on mange

Par Lanutrition.fr Publié le 09/12/2008 Mis à jour le 17/02/2017
Et si le meilleur moyen de contrôler le contenu de nos assiettes était de savoir d’où il provient ? C’est une des motivations des adhérents aux Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne (AMAP) qui sont en contact régulier avec leurs agriculteurs qui fournissent des produits bio issus de leurs propres productions.

 

Comment fonctionne une AMAP ?

L'Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne (AMAP) est un partenariat local entre un producteur et des consommateurs. Concrètement, un groupe de consommateurs, ou plutôt de mangeurs, s'engagent à payer par avance le producteur qui leur distribue directement ses fruits, légumes, viandes, vin ou fromages en un endroit fixe chaque semaine.

La composition du panier est alors affichée sur un tableau, par exemple 2 choux, 5 carottes, 2 salades...et les mangeurs se servent. Chaque adhérent est responsable tour à tour du bon déroulement de la distribution.

 

Un tour du monde en 40 ans

Les premières formes d'AMAP sont apparues en même temps en différents endroits du globe. Dans les années 60-70, elles existaient déjà sous le nom de Teikei au Japon, qui signifie « relation », mais aussi en Suisse et en Allemagne. Le concept sous forme de Community Supported Agriculture (CSA) arrive aux États-Unis en 1985 dans les bagages d'un agriculteur revenant de Suisse. En France, c'est Daniel et Denise Vuillon qui l'importent des États-Unis.

Ils créent la première AMAP en 2001 à Ollioules dans le Var. Le premier colloque qui a réuni les principaux acteurs de ce mouvement international a eu lieu à Aubagne (13) en 2004. Il a été organisé par l'Alliance Paysans Écologistes Consommateurs qui accompagne les AMAP.

 

En France...

On estime à près de mille le nombre d’AMAP en 2008 dans l'hexagone contre 30 en 2004. Par exemple, la région Paca en compte une centaine, Midi Pyrénées, 90, et l'Ile de France une centaine.

 

La différence avec les « paniers bio » ou « paniers paysan »

Les AMAP se distinguent des paniers bio et autres, par l'absence d'intermédiaire entre producteur et consommateurs. Mais aussi par l'engagement durable de ce dernier qui soutient financièrement le producteur en cas de coup dur. De plus, le producteur s'engage non seulement à fournir des produits de qualité mais aussi à jouer son rôle de pédagogue, faisant passer le consommateur au rang de « mangeur ».

 

La qualité des produits

Les aliments produits sont en général biologiques et forcément de saison. Consultez les tableaux des fruits et légumes par saison.

La qualité nutritionnelle des aliments bio est quelquefois discutée. Des études montrent cependant qu'elle est souvent supérieure à celle des aliments issus de l'agriculture conventionnelle. Lire, à ce sujet, le dossier Manger bio de LaNutrition.fr.

Le panier AMAP n'est pas plus cher que le marché

L'Interprofession des fruits et légumes a publié les résultats d'une enquête de l'Insee sur le budget des familles dans son numéro de l'été 2008. Les fruits et légumes représentent environ entre 15 et 20 euros dans le budget alimentaire de la semaine. En sachant que le prix du panier AMAP de 25 euros est donné à titre indicatif, il peut aussi contenir des fromages ou de la viande, plus chers au kilo que ceux du marché. Ainsi, avec le panier AMAP on n'y perd pas beaucoup coté budget et on y gagne énormément en durabilité du système et surtout en qualité des produits.


Le contrat entre le paysan et les mangeurs

Sa durée est fixée par les cycles de production, c'est à dire en général un an.

Le consommateur s'engage à

- régler par avance la récolte

- partager les risques et les bénéfices de la production avec l'agriculteur (intempéries, catastrophe naturelle)

- visiter la ferme avant de signer le contrat

L'agriculteur s'engage à

- fournir des produits de qualité

- assurer une transparence totale sur les méthodes agricoles utilisées

- tenir son rôle de pédagogue pour répondre aux questions des mangeurs

 

La charte des AMAP

Voici la charte commune à toutes les AMAP qui définit leur cadre de fonctionnement. Elles doivent respecter 18 principes fondateurs :

1. La référence à la charte de l’agriculture paysanne pour chaque producteur.

2. Une production de dimension humaine adaptée aux types de culture et d’élevage

3. Une production respectueuse de la nature, de l’environnement et de l’animal : développement d’une biodiversité, fertilité des sols, production sans engrais ni pesticides chimiques de synthèse, gestion économique de l’eau …

4. Une bonne qualité des produits : gustative, sanitaire, environnementale.

5. L’appui à l’agriculture paysanne locale

6. La solidarité et les liens actifs avec tous les acteurs locaux œuvrant pour le maintien de l’agriculture durable et d’un commerce solidaire.

7. Le respect des normes sociales par rapport aux employés de l’exploitation, y compris le personnel temporaire

8. La recherche de la transparence dans les actes d’achat, de production, de transformation et de vente des produits agricoles.

9. L’accompagnement des producteurs à l’autonomie, c’est-à-dire la capacité à être maître de ses choix.

10. La proximité du producteur et des consommateurs : elle est indispensable pour assurer le lien direct entre eux et pour favoriser le circuit le plus court entre producteur et consommateurs.

11. Une AMAP par producteur et par groupe local de consommateurs.

12. La formalisation et le respect entre consommateurs et producteurs.

13. Aucun intermédiaire entre producteurs et consommateurs, pas de produits achetés et revendus par le producteur sans accords des consommateurs.

14. La définition à chaque saison d’un prix équitable entre producteur et consommateurs.

15. Une information fréquente du consommateur sur les produits.

16. La solidarité des consommateurs avec le producteur dans les aléas de la production.

17. Une participation active des consommateurs à l’AMAP favorisée notamment par la responsabilisation du maximum d’adhérents.

18. Une sensibilisation des adhérents de l’AMAP aux particularités de l’agriculture paysanne


Lire l'interview d'Annie Weidknnet, responsable du réseau des AMAP de Midi Pyrénées qui a initié sa création en 2004.

Voici une petite vidéo réalisée par l'Association Nouveaux Monde sur une AMAP de la région Parisienne :

Pour trouver une AMAP près de vous et en savoir plus :

http://alliancepec.free.fr

www.amap-france.fr

www.amapreseau-mp.org

A découvrir également

Back to top