Avec les vacances et les beaux jours, l’été peut paraître comme la saison propice aux relations sexuelles épanouies. Mais la réalité est plus complexe et nuancée.
Rencontre avec le Dr Bérengère Arnal-Morvan, gynécologue-obstétricienne qui publie Pilule ou pas pilule, un livre pour aider les femmes à choisir leur contraception selon leur âge.
La pilule est-elle la meilleure option comme contraception ? Quelle femme ne s’est pas posé cette question ? D’autant que la pilule a défrayé la chronique du fait de ses effets secondaires, avec malheureusement des accidents vasculaires dramatiques.
Le Dr Bérengère Arnal a accompagné les femmes dans le choix de leur contraception pendant plus de 30 ans, avec le souci de prendre en charge globalement leur santé. Dans son livre, elle nous fait part de son expérience et de ses connaissances sur la contraception.
Bérengère Arnal-Morvan : Mais bien sûr, une contraception oestroprogestative peut être bien tolérée. Surtout à court terme, elle n’a pas le temps de faire trop de dégâts dans l’organisme, par définition. Il y a plusieurs cas de figure pour les deux situations :
Il convient de signaler que certains effets secondaires sont transitoires et disparaissent avec le temps. Je suis intimement persuadée qu’il y a des dangers à prendre des hormones pendant des décennies. Notre corps n’est pas fait pour cela. Malheureusement, depuis 50 ans, ce sujet ne me semble pas avoir fait l’objet d’études, en tout cas, je n’ai rien retrouvé et je le regrette.
Je disais aux femmes, ne prenez pas la pilule plus de dix ans. Ce conseil ne reposait sur rien de scientifique. Dix ans depuis le premier rapport sexuel jusqu’au premier bébé, cela me paraissait raisonnable. Puis après avoir écrit sur le cancer du sein, j’ai raccourci le temps de prise à maximum cinq ans, là aussi, sans raison scientifique. Juste pour dire qu’il fallait en prendre le moins possible dans une vie de femme. Le moins en durée, le moins en doses ingérées. Et d’ajouter, le mieux est de faire le choix de ne pas en prendre, ou de ne plus en prendre et de réserver les hormones pour la bonne cause en cas d’infertilité (avant et pendant PMA).
Je suis intimement persuadée qu’il y a des dangers à prendre des hormones pendant des décennies
La pilule n’est pas un médicament pour soigner les règles douloureuses. Si la jeune fille a besoin d’une contraception et qu’elle souhaite (après avoir été informée des effets secondaires possibles et des autres types de contraception) prendre la pilule, celle-ci aura deux effets bénéfiques : une contraception fiable et une nette amélioration de ses douleurs de règles.
Il est important de lui expliquer que la pilule n’est pas un bonbon sans effet indésirable, qu’il ne faut pas la prendre (sauf une exception, en cas d’endométriose) si elle n’a pas de rapport sexuel et que surtout, il ne faut pas fumer ET prendre la pilule.
Sauf dans des cas d’endométriose avérée, je n’ai jamais donné la pilule pour des règles douloureuses en l’absence de besoin d’une contraception. Après avoir fait pratiquer une échographie pelvienne, si celle-ci est normale, comme c’est le plus souvent le cas, je propose en première intention un traitement avec de l’homéopathie et de la phytothérapie à visée progestative et du magnésium + vitamine B6, entre autres. Je conseille deux à trois séances avec une ostéopathe de la femme. Et le plus souvent, le traitement fonctionne bien et évite de prendre des hormones qui vont bloquer le fonctionnement de l’hypothalamus, de l’hypophyse et des ovaires car chez ces jeunes filles si proches de la puberté, les cycles viennent souvent juste de s’installer. Je trouve dommage, d’aussitôt les bloquer. Ceci est un point de vue tout à fait personnel.
Avec les précautions d’usage (voir ouvrage), la pilule est prescrite si une contraception est nécessaire. Plus longtemps on prend la pilule, plus grand est le risque d’effets secondaires. Le fait de démarrer « jeune » la pilule n’est pas un gage de plus de sécurité.
Les troubles de l’humeur sont fréquents : anxiété, crises d’angoisse, irritabilité, déprime et parfois dépression, voire tentatives de suicide. Une étude danoise de 2016 avait montré que la probabilité de se voir prescrire un antidépresseur est plus élevée de 1,23 chez une femme sous pilule, tout comme le risque de développer une dépression. Les adolescentes de 15 à 19 ans, sont les plus touchées par les troubles de l’humeur, d’autant plus si la contraception a parallèlement engendré une prise de poids, de l’acné ou une perte de libido, ce qui n’arrange pas le moral. Selon, l’ANSM, « la déprime et la dépression sont des effets indésirables bien connus liés à l’utilisation de contraceptifs hormonaux. La dépression peut être grave et constitue un facteur de risque bien connu de comportement suicidaire et de suicide. Il convient de conseiller aux femmes de contacter leur médecin en cas de changements d’humeur et de symptômes dépressifs, y compris peu de temps après le début du traitement. »

Le fait de bloquer les hormones sexuelles (œstrogènes et surtout progestérone) impacterait le cerveau dans sa gestion des émotions. Ces effets se rencontrent sous contraception œstroprogestative, mais aussi sous contraception progestative (quelle qu’en soit la forme). Ils sont liés tant à l’éthinylœstradiol (EE) qu’à certains progestatifs (pas forcément en lien avec la classification par génération). Le risque est plus élevé quand le progestatif est la drospirénone (4e génération) plutôt que le lévonorgestrel (2e génération) ou le désogestrel (3e génération).
Des perturbations des neurotransmetteurs de l’humeur, liées aux carences micronutritionnelles induites par la pilule et plus particulièrement celles qui affectent le magnésium et la vitamine B6, font le lit de la dépression.
Pour l’acné, il y a plusieurs cas de figure :
Sachez que le résultat espéré n’est pas toujours au rendez-vous, bien au contraire ! En effet, l’acné fait partie des effets indésirables de certaines pilules réputées anti-acné, c’est un comble ! De plus, après l’arrêt de la pilule, une acné peut apparaître ou s’aggraver. Elle serait liée à un phénomène dit de rebond de la testostérone.
La prise préventive concomitante d’un traitement naturel de l’acné – zinc, vitamines A et B5, huile essentielle de Tea tree (Melaleuca alternifolia), les deux plantes de la peau que sont la bardane (Arctium lappa) et la pensée sauvage (Viola tricolor), oméga-3, racine d’ortie (Urtica dioica) en tant que plante anti-androgénique, probiotiques, argile verte - associée à un changement alimentaire, peut limiter son apparition et son extension. Que ce soit sous pilule ou après l’arrêt de la pilule.
La rétention d’eau, plus liée au progestatif qu’à l’éthylœstradiol, des ballonnements fréquents sous pilule et l’augmentation de volume fréquente des seins, accentuent l’impression d’une prise de poids qui ne serait en moyenne que de 1,5 kg, mais en tout cas, mal placée ! La rétention d’eau est liée à une situation d’hyperœstrogénie dite iatrogène car engendrée par la pilule.
Certains n’attribuent cette prise de poids qu’à une augmentation ou un changement des apports alimentaires. Mentionnée dans les notices d'utilisation parmi les effets indésirables fréquemment rapportés (touchant entre une et dix utilisatrices sur cent), elle est considérée par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français comme étant un des effets secondaires les plus fréquents sous pilule et par la Haute Autorité de santé, comme inexistante.
La recherche en matière de contraception masculine existe et s’active, boostée par la demande des femmes de partager avec les hommes, le poids de la contraception du couple. Que leur est-il proposé ?
Un frémissement est perceptible au ministère de la Santé, qui a prévu une saisine de la Haute Autorité de santé sur les méthodes de contraception masculine dans sa feuille de route 2021-2024 déclinant la stratégie nationale de santé sexuelle. Dans la dernière loi de financement de la Sécurité sociale, les députés ont également exigé un rapport du gouvernement sur les moyens à mettre en œuvre pour développer, promouvoir et prendre en charge la contraception masculine, avant le prochain budget de la Sécurité sociale. Trop timide pour Erwan Taverne, cofondateur de l’association GARCON (Groupe d’Action et de Recherche pour la Contraception), qui s’agace de voir que « le gouvernement vient de dégager 21 millions d’euros de plus chaque année pour la contraception féminine », afin de rendre la pilule gratuite pour les femmes de moins de 25 ans, alors qu’il ne met pas d’argent sur la table pour des études validant les méthodes masculines.
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