Le traitement hormonal à la Française

Par Lanutrition.fr Publié le 12/02/2008 Mis à jour le 10/03/2017
Conseils

Trois études françaises indiquent que le traitement hormonal de la ménopause (THM ou THS), ne présente pas de risque pour la femme qui le suit, notamment lorsque les hormones sont identiques aux hormones naturelles, que les estrogènes sont appliqués sur la peau, et que les femmes ne sont pas en surpoids.

L’étude E3N

L’étude E3N porte sur 100000 Françaises nées entre 1925 et 1950. Tous les deux ans depuis 1990, les volontaires de cette étude reçoivent un questionnaire concernant leurs éventuels traitements hormonaux (prise ou non d’un THM, type de THM, durée d’utilisation…) et leurs problèmes de santé. E3N n’est pas une étude d’intervention, mais d’observation.

Cette étude a permis de préciser que les femmes qui prennent un THM ont un risque global de cancer du sein supérieur de 40% à celui d’une femme non traitée. Dans le détail, des différences significatives existent et les risques varient selon le THM. Si celui-ci est composée d’oestradiol et de progestérone naturelle micronisée, il est sans risque même après 6 ans d’utilisation.

Si l’oestradiol est associé à un progestatif de synthèse, il entraîne une augmentation significative des risques (lire notre interview de Françoise Clavel-Chapelon pour les résultats détaillés). Cette étude souligne aussi un risque de cancer du sein associé à la prise d’œstrogènes seuls par des femmes à qui on a enlevé l’utérus.

Dans cette étude, le mode d’administration (voies orale, nasale, patch ou gel) ne semble pas avoir d’effet sur le cancer du sein.

L’étude ESTHER

Esther (pour Estrogen and Thrombo Embolisme Risk) est une étude conduite sur des femmes âgées de 45 à 70 ans, suivies depuis 1999, ménopausées au moins depuis 1 an, hospitalisées ou consultant pour un premier problème thromboembolique et comparées à un groupe de femmes en bonne santé.

Parmi les femmes de l’étude ESTHER, celles qui prennent des oestrogènes par voie orale ont un risque de maladie thrombo-embolique beaucoup plus important que celles qui ne prennent aucun THM. Et ce, quel que soit le progestatif associé.

Comment expliquer ces résultats ? En fait, lorsque les oestrogènes sont avalés ils effectuent un premier passage par la foie où ils vont activer des facteurs de coagulation à l’origine des thromboses veineuses. Ce passage ne s’effectue pas lorsque les oestrogènes diffusent à travers la peau.

Si l’œstrogène est pris par voie transdermique (patch ou gel), un risque existe cependant. Mais il est variable selon le progestatif qui lui est associé. Le risque n’est pas majoré lorsque le progestatif est de la progestérone naturelle micronisée (Utrogestan) ou du pregnane (Colprone, Luteran 5) mais il est fortement accru lorsqu’il est de type norpregnane (Lutényl, Surgestone) puisqu’alors ils est multiplié par 3,3.

L’étude ESTHER a aussi montré chez les femmes qui ont déjà un risque de thrombo-embolie en raison de facteurs génétiques que les oestrogènes en patch n’influence pas le risque de thrombose veineuse mais que les oestrogènes pris par voie orale l’augmentent très fortement : ce risque est alors multiplié par 25 ! Le surpoids peut également être un facteur de risque puisque pour un Indice de Masse Corporelle (IMC) lexique compris entre 25 et 30, le risque veineux est multiplié par 10 quand les oestrogènes sont pris par voie orale et « seulement » par 2,7 pour la voie transdermique (patch et gel).

L’étude MISSION

L’étude MISSION, initiée en 2004, a porté sur l’observation de 6 760 femmes suivies par un gynécologue. L’objectif était d’évaluer le sur-risque de cancer du sein chez les femmes de entre 40 ans et la ménopause puis pendant la ménopause. 2 693 étaient traitées, 2 256 ne l’étaient pas.
Parmi les femmes traitées, 14% l’étaient à l’oestradiol seul, 75% à l’oestradiol associé à un progestatif et 11% ont été traitées avec une association oestroprogestative fixe. L'étude MISSION porte sur des durées de traitement de 8,3 ans en moyenne et de plus de 10 ans pour 31,2% des patientes.

L'incidence du cancer du sein après 2 ans de suivi n'était pas statistiquement différente dans les deux groupes : 0,6% pour le groupe traité, 0,7% pour l'autre. Le risque relatif est de 0,9. On n'observe donc pas plus de risque de cancer du sein chez les femmes traitées par rapport aux femmes non traitées.
Dans le groupe traité, on n'observe pas de différence d'incidence des cancers du sein selon que les oestrogènes ont été donnés par voie orale ou par voie cutanée ou selon le type de progestatif utilisé (progestérone, assimilé, ou dérivé prégnane ou nor-prégnane)
Dans cette étude, aucune différence de risque de cancer du sein n'a été observée entre les femmes qui ont été traitées par un progestatif entre l'âge de 40 ans et la ménopause (1,31%) et les femmes non traitées (1,78%).

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