Certains perturbateurs endocriniens soupçonnés d'avancer l’âge de la ménopause

Par Sarah Amiri Publié le 25/06/2020 Mis à jour le 25/06/2020
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Les composés perfluorés, des contaminants de l'environnement, se dégradent très lentement et ont donc tendance à s'accumuler. Une étude récente s’est intéressée à leur rôle dans l’apparition précoce de la ménopause.

Pourquoi c’est important

Les composés perfluorés (PFAS en anglais, PFC en français), dont les plus connus sont le sulfonate de perfluorooctane (PFOS) et l’acide perfluorooctanoïque (PFOA) sont des perturbateurs endocriniens. On les retrouve, selon le Réseau Environnement Santé « dans les textiles (vêtements, chaussures, tissus, tapis, moquettes), les emballages en papier et carton, les ustensiles de cuisine (revêtement antiadhésif). Ils entrent également dans la composition des mousses anti-incendie, des isolants de fils électriques, des cires à parquet, des vernis et peintures, des produits nettoyants et de certains pesticides. Les perfluorés peuvent se répandre dans l’environnement lors de leur production ou de leur utilisation. Ils migrent alors à partir des produits de consommation dans l’air, la poussière domestique, l’alimentation, les sols, les eaux souterraines et de surface jusque dans l’eau potable. »

Ces contaminants ont déjà été liés à un risque accru de diabète et à une baisse de l'immunité.

Une étude récente publiée dans The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism a observé le lien entre l’âge de la survenue de la ménopause et le niveau sanguin de ces perturbateurs endocriniens. Une ménopause trop précoce augmente le risque cardiovasculaire et peut aussi avoir des conséquences néfastes sur la santé osseuse.

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L’étude

1120 femmes américaines de diverses origines ont participé à cette étude. Elles ont été classées en quatre groupes en fonction de leurs concentrations sanguines de ces subtances : faible, faible-moyen, moyen-élevé et élevé.
Chez les femmes aux taux sériques plus élevés, l’âge de la ménopause est survenu deux plus tôt (50,8 ans) que l’âge moyen (52,8 ans).

« Cette étude suggère que certaines concentrations sériques de PFAS sont associées à une ménopause naturelle plus précoce, un facteur de risque d'effets indésirables sur la santé plus tard dans la vie (ostéoporose, risque cardiovasculaire…) » note un des auteurs de l’étude.

C'est inquiétant dans la mesure où, comme le souligne Ding, le principal auteur de l'étude, « les PFAS sont partout. Une fois qu'ils pénètrent dans le corps, ils ne se décomposent pas et s'accumulent avec le temps. En raison de leur persistance chez l'homme et des effets potentiellement néfastes sur la fonction ovarienne, il est important de sensibiliser à ce problème et de réduire l'exposition à ces produits chimiques ».

En pratique

Selon le Dr Anna Cabeca, gynécologue et auteure de SOS Ménopause, « certains facteurs environnementaux peuvent non seulement amplifier les symptômes de la périménopause ou de la ménopause, mais aussi augmenter les risques de maladies gynécologiques (endométriose, kyste ovarien, infertilité, fibrome utérin, dysplasie cervicale, seins fibrokystiques et cancer du sein, entre autres). » C'est pourquoi elle donne dans son programme des conseils pour se protéger des substances toxiques que l’on croise au quotidien (pesticides, OGM, BPA, phtalates, dioxines, formaldéhydes, métaux lourds, parabènes…).

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Elle débute aussi son programme alimentaire par un « démarrage express détox » d’une durée de 10 jours. Et prévoit aussi un jeûne pour accélérer la détox.

Pour en savoir plus, lire : SOS Ménopause et Sang pour sang toxique du Pr Narbonne

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