Moins de fractures de la hanche avec un régime riche en oméga-3

Par Lanutrition.fr Publié le 09/07/2013 Mis à jour le 10/03/2017
Actualité
Un régime riche en oméga-3 est associé à un risque réduit de fractures de la hanche chez les femmes ménopausées.

Des niveaux élevés en acides gras oméga-3 dans le sang pourraient diminuer le risque de fracture de la hanche chez des femmes ménopausées. C’est ce que révèle une étude américaine publiée dans Journal of Bone and Mineral Research.

La fracture de la hanche –ou fracture du col du fémur- concerne surtout les personnes de plus de 65 ans, et plus souvent des femmes que des hommes. En France, il y en aurait environ 70 000 chaque année. Elle est provoquée par une chute. Le vieillissement de l’os, rendu plus fragile notamment en raison des modifications hormonales qui suivent la ménopause est un autre facteur de risque.  Le potassium et le magnésium, comme le calcium, jouent un rôle important dans la santé de l’os.

Lire : Le magnésium, au moins aussi important que le calcium pour la santé de l'os

L’objectif de cette étude était d’étudier la relation entre les concentrations en acides gras oméga-3 et -6 dans le sang et le risque de fracture de la hanche. Les oméga-3 sont des acides gras polyinsaturés essentiels pour une bonne santé du cœur et du cerveau. Ils peuvent provenir à la fois de sources animales (EPA et DHA dans le poissongras) ou végétales (acide alpha-linolénique dans les huiles de colza, de lin, de cameline, les noix, les graines de lin…). Comme les oméga-3 ont un effet anti-inflammatoire, ils pourraient réduire l’inflammation associée à la perte d’os et au risque de fracture.

Consulter notre dossier sur les oméga-3

Les chercheurs ont utilisé les dossiers de femmes ménopausées qui ont participé au projet WHI (Women’s Health Initiative). Les participantes ont été recrutées entre 1993 et 1998 et suivies pendant 15 ans. 324 paires de femmes du WHI ont été composées, la moitié ayant eu une fracture de la hanche avant le 15 août 2008 ; les autres formaient un groupe contrôle. Les échantillons sanguins de ces femmes ont été analysés.

Résultats : Des taux élevés en oméga-3 -acide alpha-linoléique, acide eicosapentaénoïque (EPA) et oméga-3 totaux- sont associés à un risque réduit de fracture de la hanche. De plus, un rapport oméga-6 /oméga-3 élevé accroît le risque de fracture : les femmes chez qui ce rapport était le plus élevé avaient près de deux fois plus de risques de fractures de la hanche que celles qui avaient les ratios les plus bas. Or, les régimes alimentaires occidentaux sont souvent riches en acides gras oméga-6, comme l’acide linoléique que l’on trouve dans l’huile de tournesol, alors que la part des oméga-3 est plus faible.

Cette étude suggère donc les bénéfices d’une alimentation riche en oméga-3 pour la santé des os.

L'avis de Thierry Souccar, auteur du Mythe de l'ostéoporose : "Cette étude confirme d'autres travaux montrant qu'il existe une composante inflammatoire dans l'ostéoporose. L'ostéoporose n'est pas une maladie, comme le font croire l'industrie pharmaceutique, l'industrie laitière et les médecins qui leur sont liés, mais un facteur de risque lié au vieillissement naturel de l'os, lui-même modulé par le mode de vie. Les données scientifiques disponibles montrent que la prévention des fractures ne passe ni par la prise de médicaments, ni par la surconsommation de produits laitiers. Au contraire, lorsqu'on fait reposer la prévention sur ces deux types de mesure, on détourne les patientes des solutions qui ont prouvé leur efficacité. Ces solutions relèvent du bon sens : elles visent notamment à rétablir les grands équilibres physiologiques, comme l'équilibre entre les deux grandes familles d'acides gras polyinsaturés, les oméga-6 pro-inflammatoires et les oméga-3 qui ont des effets opposés. Le rapport optimal entre les deux familles est probablement proche de 1 - c'est celui pour lequel nous sommes génétiquement faits - celui qui a prévalu tout au long de l'histoire de l'humanité, jusqu'à l'ère agricole, époque à laquelle il a basculé en faveur des oméga-6 du fait de la richesse des céréales (qui nourrissent alors hommes et animaux) en acide linoléique. Il est même possible que l'on s'épanouisse plus dans un contexte dans lequel les oméga-3 sont majoritaires. Une étude récente qui estimait les apports des chasseurs-cueilleurs au pélolithique supérieur a trouvé que le ratio oméga-6 sur oméga-3 était probablement inférieur à 1."    

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Source

Orchard TS, Ing SW, Lu B, Belury MA, Johnson K, Wactawski-Wende J, Jackson RD. The association of red blood cell n-3 and n-6 fatty acids with bone mineral density and hip fracture risk in the women's health initiative. J Bone Miner Res. 2013 Mar;28(3):505-15.

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