Avant toute chose, si nous avons sélectionné dans cet article des aliments végétaux qui font souvent polémique, il convient de rappeler que l’empreinte carbone de ces produits reste généralement bien inférieure à celle de produits animaux. De plus, la situation est souvent complexe et nuancée, avec des disparités en fonction des régions et des modes de production : chaque aliment présente toujours ses avantages et ses inconvénients, à vous d’en juger ! De manière générale, en optant pour des produits labellisés « Agriculture biologique », vous limitez l’impact environnemental de ces productions.
1 : L’avocat
Ses atouts santé
Souvent conseillé dans les régimes riches en graisses et pauvres en glucides, ce fruit crémeux renferme les mêmes bonnes graisses mono-insaturées que l’huile d’olive. Les avocats sont également bien pourvus en différents types de vitamines E (contrairement à de nombreux suppléments) et forment un important gisement de caroténoïdes de type lutéine et zéaxanthine. Max Lugavere, auteur de La nutrition du cerveau, le considère comme un « superaliment » : « Avec son apport en potassium deux fois supérieur à celui de la banane, un avocat entier constitue l’aliment parfait pour nourrir les 664 kilomètres de microvaisseaux du cerveau. Et pourquoi se tourner vers des suppléments en fibres (ou des céréales industrielles pour petit déjeuner bon marché) quand on peut manger un avocat ? Un avocat entier de taille moyenne contient l’impressionnante masse de 12 g de fibres : de quoi nourrir les bactéries affamées qui peuplent vos intestins et qui paient leur loyer en composés essentiels à l’organisme (et au cerveau) ; des composés qui réduisent l’inflammation, améliorent la sensibilité à l’insuline et renforcent les facteurs de croissance du cerveau. »
L’impact de la culture de l’or vert sur l’environnement
L’avocat pousse en climat tropical. Sa culture est possible en France, dans le Midi, mais encore peu développée. La grande majorité des avocats sont importés. Selon le site Planetoscope, le Mexique est le premier pays producteur au monde, devant la République dominicaine et le Pérou. D'après la WAO (World Avocado Organization), le Pérou est le principal fournisseur d'avocats en Europe, la majorité des exportations du Mexique étant dirigées vers les États-Unis.
En 2016, un article publié dans Le Monde dénonçait les ravages sociaux et environnementaux de cette culture au Mexique : « Le boom de la consommation des Américains, mais aussi des Européens, Français en tête, fait flamber les prix du fruit, rebaptisé l’« or vert » du Mexique. Une ruée qui provoque une déforestation massive et profite au crime organisé, raconte le correspondant du journal au Mexique. En trente ans, les plantations sont passées de 31 000 à 118 000 hectares, selon le ministère de l’agriculture. » Victor Manuel Coria, le directeur de l’Institut national de recherches forestières, constate : « Les agriculteurs plantent clandestinement des avocatiers au milieu des pins. »
Une ruée qui provoque une déforestation massive et profite au crime organisé
La culture de l’avocat est gourmande en eau, ce qui pose problème en période de sécheresse, comme cela a été le cas dans le sud de l’Espagne, car cette culture nécessite souvent de l’irrigation.
Toutefois, le tableau n’est pas totalement négatif, comme l’explique Eric Imbert, économiste au CIRAD, dans un article de 20 minutes car « à la différence de bien d’autres fruits, l'avocat est encore aujourd’hui aux mains de petits et moyens producteurs et non d’industriels. »
2 : Le quinoa, la « graine d’or »
Ses atouts santé
Cette petite graine nous vient d’Amérique latine. Utilisé comme une céréale, le quinoa n’en est pas vraiment une. Il contient 15 % de protéines de bonne valeur biologique, c’est-à-dire comportant tous les acides aminés essentiels dans de bonnes proportions : on y trouve en effet de la lysine, un acide aminé essentiel absent dans le blé ou le maïs. Dépourvu de gluten, le quinoa est généralement bien toléré par les intestins fragiles. C’est aussi une source de manganèse, de fer et de cuivre.
Son impact sur l’environnement
Les principaux pays producteurs de quinoa sont la Bolivie, le Pérou et les États-Unis, mais le quinoa est maintenant cultivé dans d'autres régions, y compris en Europe et en France. L'année 2013 a été proclamée par l'Organisation des nations unies année internationale du quinoa, afin de promouvoir son intérêt dans la santé. Cela a conduit à un « boom » du quinoa, une demande accrue dans les pays occidentaux, avec une hausse des prix et des conséquences pour les producteurs, comme l’explique Marthe Rubió, dans son reportage Quinoa boom. « Entre 2012 et 2014, la valeur des exportations de quinoa vers les États-Unis et l’Europe augmente de 260 % selon l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). »
Des pays comme le Pérou se lancent dans la production, les prix chutent, au détriment des agriculteurs boliviens. « Aujourd’hui, 250 000 personnes vivent de la graine en Bolivie et dans le sud du pays, elle est la source principale de revenus. Le quinoa y est cultivé presque entièrement à la main, sans aucun pesticide. Son coût est donc bien plus élevé que le quinoa péruvien, dont une partie est produite de manière intensive grâce à l’usage massif d’intrants chimiques, ou que le quinoa qui a commencé à être cultivé en Europe, récolté à l’aide d’une moissonneuse batteuse. Quand les Boliviens ramassent 500 kg par hectare, leurs concurrents en produisent 6 ou 7 tonnes. »
Pour s’assurer qu’un prix minimum soit garanti au producteur et que les ressources naturelles soient respectées, privilégiez les produits labellisés commerce équitable. Vous pouvez trouver dans les commerces du quinoa produit en France.

Deux quinoas d’origine France commercialisés en supermarché
3 : Le soja
Ses atouts santé
Riche en protéines, le soja est l’aliment idéal pour remplacer la viande et les produits laitiers dans de nombreuses recettes. Il se décline sous de multiples préparations : lait de soja, yaourt au soja, crèmes, tofu…
Son impact sur l’environnement
Cultivé de manière particulièrement massive et intensive au Brésil, c’est dans cette région du monde que la production de soja est la plus destructrice. Mais comme l’explique Aline Gubri dans le Guide de l’alimentation durable, « La grande majorité des récoltes brésiliennes ne sont d’ailleurs pas destinées à l’alimentation humaine mais à celle des élevages bovins ou porcins industriels brésiliens – très courants dans le pays – ou étrangers – français notamment. Ne cherchez donc pas à éviter les produits à base de soja, comme les yaourts végétaux ou les crèmes de soja, car ils sont la plupart du temps composés de soja cultivé en France. Par ailleurs, leur bilan environnemental est bien moins élevé que les produits d’origine animale qu’ils remplacent. »
Donc on vérifie l’origine française des produits quand on achète !

4 : Le café
Ses atouts santé
Dans l’alimentation des Occidentaux, le café est le principal aliment qui apporte des polyphénols. Une tasse de café renfermerait autant d’antioxydants que trois oranges. Ainsi une tasse de 150 mL de café en contiendrait 200 à 550 mg.
Son impact sur l’environnement
Le caféier pousse en région tropicale. Avec le cacao, il fait partie des aliments les plus destructeurs des forêts et de leur biodiversité. Les cultures intensives contribuent à la déforestation et le transport accroît l'empreinte environnementale.
Le problème des déchets
Le café filtre, le café en dosettes aluminium ou papier n’ont pas le même impact sur l’environnement. Le café en vrac génère moins de déchets, mais pour une tasse, il faut plus de café moulu avec la préparation filtre traditionnelle qu’avec les capsules individuelles…
Quelle solution ? En achetant votre café en vrac, plutôt qu’en capsules, en sachets, vous réduisez vos déchets. Pour limiter également l’utilisation de produit à usage unique, sachez qu’il existe des filtres à café réutilisables. Et si vraiment vous tenez à vos capsules de café, vous pouvez opter pour les capsules lavables en acier inoxydable à remplir soi-même. Les marques proposent aussi des dosettes en papier compostable. Vous pouvez aussi composter votre marc de café et vos dosettes si elles ne contiennent pas de plastique.
5 : La banane
Ses atouts santé
La banane possède diverses vertus intéressantes pour la santé. Antioxydante, elle apporte des quantités intéressantes de vitamine C. Fruit anti-déprime, elle contient de la dopamine et du tryptophane, une substance que le corps transforme en sérotonine, le messager chimique du cerveau qui provoque un bien-être général. Cet effet bonne humeur est renforcé par la présence de bonnes quantités de vitamine B6, une vitamine qui est, entre autres, utile à la production de neurotransmetteurs associés à l'humeur, dont la sérotonine et la dopamine.
La banane est aussi l’alliée de votre digestion car elle possède des effets anti-acides et anti-ulcéreux. Elle contient de l’amidon résistant (sucre non digestible) qui, dans le côlon, subit une fermentation bactérienne pour ensuite être converti en acides gras à chaînes courtes (AGCC) comme l’acide butyrique. Les AGCC servent de nourriture aux bactéries du côlon et aident à maintenir une bonne santé intestinale.
Enfin, riche en potassium, la banane aide à lutter contre l’hypertension.
Son impact sur l’environnement
Les bananes sont généralement importées. Pour quel impact ? L’Ademe a développé un outil pour connaître l’impact carbone des fruits et légumes, sur la plateforme impactco2.fr. D’après cet outil, 1 kg de bananes conduit à l’émission de l’équivalent de 0,881 kg de CO2. C’est plus élevé que la plupart des fruits que l’on cultive en France (0,477 kg pour la fraise ou 0,397 kg pour la pomme), mais moins que l’avocat (1,48 kg), ou la noix de coco (2,494 kg). Pour la banane, l’empreinte carbone tient compte de la production et du transport.
Concernant les besoins en eau nécessaires, ils sont plutôt élevés pour un produit végétal, mais restent inférieurs à ceux des produits animaux (voir ci-dessous),
| Aliment |
Quantité |
Eau consommée en litres |
|---|
|
Banane
|
1 banane (200 g) |
160 |
| Bœuf |
1 steak (100 g) |
1 541 |
| Café |
1 tasse (125 mL) |
132 |
| Chocolat |
1 tablette (100 g) |
1 700 |
| Fromage |
1 portion de 50 g |
159 |
| Laitue |
1 portion de 100 g |
24 |
| Œuf |
1 œuf |
196 |
| Pomme |
1 pomme (150 g) |
125 |
| Poulet |
1 portion de 100 g |
432 |
| Riz blanc |
1 portion de 100 g |
250 |
| Tomate |
1 grosse tomate (250 g) |
50 |
Coût en eau pour la production des aliments, d’après l’outil waterfootprint.org.
Cette « empreinte hydrique » tient compte de l'utilisation directe et indirecte de l'eau par le produit, tout au long du cycle de production, de la chaîne d'approvisionnement jusqu'à l'utilisateur final.
6 : Le chocolat (noir)
Ses atouts santé
Introduit en Europe par Christophe Colomb, le cacao était consommé de longue date par les peuples d’Amérique du Sud, en particulier pour traiter l’inflammation et les douleurs de poitrine. Bien qu’il soit plutôt considéré comme un aliment plaisir, le chocolat (noir) a des vertus bien réelles pour la santé. Il contient des quantités importantes de polyphénols sous la forme de catéchines et épicatéchines. Il aurait aussi un effet anti-inflammatoire et fluidifiant intéressant pour le cœur : le cacao favorise la vasodilatation et protégerait l’organisme contre les maladies coronariennes. Pour bénéficier de ces bienfaits, préférez un chocolat noir avec au moins 85 % de cacao.
Son impact sur l’environnement
Le cacaoyer pousse dans des régions tropicales. Sa monoculture a un impact négatif sur l’environnement. D’après Aline Gubri, « En Afrique, qui fournit près des trois quarts du cacao vendu dans le monde, la cacaoculture dévaste des paysages de l’ouest du continent, détruisant même parfois en toute illégalité des parcelles de réserves naturelles protégées. » Les conséquences sur les espèces animales -qui subissent la destruction de leur habitat naturel- sont dramatiques. De plus, comme vu dans le tableau ci-dessus, la consommation d’eau des cacaoyers est très importante, d’où une empreinte hydrique particulièrement élevée pour le chocolat : environ 1 700 litres d’eau pour une tablette de 100 g !
Choisissez donc de préférence du chocolat avec un label environnemental et solidaire, afin de garantir un revenu aux producteurs et limiter l’utilisation de pesticides.

Deux chocolats avec des labels bio et solidaires vendus en supermarché