Chocolat : ce qu’il peut faire pour votre cœur

Par Marie-Céline Ray Publié le 31/05/2017 Mis à jour le 05/12/2017
Actualité

Le chocolat limiterait le risque cardiovasculaire et aiderait à prévenir les arythmies cardiaques.

Accro au chocolat ? Ce pêché mignon pourrait vous apporter bien plus qu’un bon moment pour vos papilles, à condition d’éviter les excès et de privilégier du chocolat noir avec un pourcentage élevé de cacao (probablement plusde 80%). Riche en flavonoïdes (des polyphénols antioxydants), le chocolat apporterait de nombreux bénéfices cardiovasculaires. En voici quelques exemples.

Le chocolat prévient les arythmies cardiaques

Une étude danoise de 2017 suggère que le chocolat réduit le risque de fibrillation auriculaire (ou atriale), un type d’arythmie cardiaque : dans cette pathologie, les deux oreillettes du cœur ne battent pas au même rythme que les deux ventricules, d’où une irrégularité du rythme cardiaque ; ce problème accroît le risque d’AVC, d’insuffisance cardiaque et de problèmes cognitifs.

Dans cette étude parue dans Heart, les chercheurs ont analysé les données de plus de 55.000 adultes âgés de 50 à 64 ans qui faisaient partie de la Danish Diet, Cancer and Health Study. Les participants ont été recrutés entre 1993 et 1997 et ont rempli des questionnaires alimentaires. Pendant le suivi qui a duré 13,5 ans en moyenne, plus de 3.300 personnes ont été diagnostiquées avec une fibrillation auriculaire ou un flottement atrial (ou flutter de l’oreillette, avec des battements rapides du cœur). 

Résultats : l’étude a trouvé une association entre la consommation modérée de chocolat et un risque réduit de développer une fibrillation atriale. Par rapport à ceux qui mangeaient moins de 30 g de chocolat par mois, ceux qui en mangeaient 30 g par semaine voyaient leur risque de fibrillation auriculaire diminuer de 17 % ; la réduction était de 20 % avec deux à six portions de 30 g par semaine.

Chez les femmes, celles qui mangeaient 30 g de chocolat par semaine avaient un risque de fibrillation auriculaire réduit de 21%. Chez les hommes, l'association la plus forte s’observait chez ceux qui mangeaient 2 à 6 portions de 30 g par semaine (23 % de réduction du risque de fibrillation atriale).

Dans l’étude, les consommateurs de chocolat étaient aussi en meilleure santé, avaient fait plus d’études et avaient moins d’hypertension ou de diabète que ceux qui ne mangeaient pas de chocolat.

S'agissant d'une étude d'observation, elle ne prouve pas qu’il existe un lien de cause à effet entre la consommation de chocolat et un risque réduit de fibrillation auriculaire, elle ne détecte qu’une association. Bien qu’on ne sache pas précisément comment le chocolat agit sur la fibrillation auriculaire, il est possible que ce soit lié à ses composés (les flavonoïdes). Les flavonoïdes ont des propriétés anti-inflammatoires et anti-oxydantes.

D’autres études ont relié la consommation de chocolat à une réduction du risque cardiovasculaire.

Le chocolat réduit l’inflammation et le risque cardiovasculaire

Une étude italienne de 2008 suggère que le chocolat est bon pour le cœur. Les antioxydants qu’il contient permettraient de réduire l’inflammation et le risque de maladies cardiovasculaires.

D’après les chercheurs de l’Université catholique de Campobasso en Italie, les réactions inflammatoires, même minimes, au niveau du cœur chez des personnes en bonne santé, peuvent finir par provoquer des maladies cardiovasculaires à long terme. L’inflammation peut être mesurée par la présence d’une protéine C-réactive (PCR) qui est un marqueur des maladies coronariennes.

Les chercheurs ont donc étudié la consommation de chocolat noir de 4.849 volontaires et ont mesuré leurs niveaux de protéine PCR. Résultat : les mangeurs de chocolat noir ont eu des niveaux de protéines PCR inférieurs aux personnes qui n’en mangent jamais. Les chercheurs en concluent que les amateurs de chocolat pourraient avoir un risque plus faible de maladies cardiovasculaires que les non-mangeurs. La quantité optimale semblait se situer à 20 grammes de chocolat noir tous les trois jours.

« Dans une population en bonne santé, une réduction, même petite, des inflammations, telle que l’on peut l’observer grâce à  une consommation régulière de chocolat noir, peut jouer un rôle important dans la prévention contre le risque de maladies cardiovasculaires », conclut le Dr Romina Di Giuseppe, auteur principal de l’étude.

Le chocolat réduit la mortalité des personnes ayant eu un infarctus

La consommation de chocolat serait associée à une moindre mortalité cardiovasculaire chez les patients ayant déjà subi un infarctus. Ici, des chercheurs de l’université de Stockholm ont suivi plus de 1.100 patients ayant déjà subi une attaque cardiaque. Après les avoir questionnés sur leur consommation de chocolat, ils les ont répartis en plusieurs groupes : ceux qui n’en mangent jamais, ceux qui en consomment moins d’une fois par mois, ceux qui en mangent une fois par semaine et ceux qui en mangent plusieurs fois par semaine.

Après 8 ans de suivi, ils se sont aperçus que les accros au chocolat avaient moins de risques de mourir d’une maladie cardiovasculaire que ceux qui n’en mangent jamais. 27 % de risques en moins pour les consommateurs occasionnels, 44 % de risques en moins pour ceux qui en mangent une fois par semaine et jusqu’à 66 % de risques en moins pour les gros consommateurs de chocolat.

Le chocolat est encore plus efficace chez les personnes obèses

Une nouvelle étude montre que manger du chocolat régulièrement pourrait réduire le risque de problèmes cardiaques particulièrement chez les personnes obèses. Les résultats ont été présentés en novembre 2017 à l’American Heart Association's Scientific Sessions.

Dans cette étude, les chercheurs ont analysé les données concernant environ 150 000 vétérans américains participant à une large étude qui suit les anciens combattants et leur santé au cours du temps. L’âge moyen des participants est de 64 ans et 90% sont des hommes. Au début de l’étude, aucun des participants ne souffrait de maladie coronarienne.

Les chercheurs ont évalué la fréquence à laquelle les participants mangeaient une portion (28 g) de chocolat. Ils ont ensuite été suivis pour voir s’ils souffraient de problèmes cardiaques ou de manifestations liées à la maladie coronarienne (douleurs thoraciques, crise cardiaque, insuffisance cardiaque).

Après 2,5 années de suivi, les chercheurs ont enregistré 4055 évènements liés à la maladie coronarienne. Les résultats montrent que ceux qui mangent le plus de chocolat - au moins 5 fois par semaine - ont un risque plus faible d’avoir un problème cardiaque que ceux qui n’en consomment pas. Le fait de manger une portion de chocolat au moins 5 fois par semaine diminue de 11% le risque d’évènements liés à la maladie coronarienne. Il existe donc un petit avantage - dans cette population - à manger du chocolat pour sa santé cardiaque. En analysant les résultats en fonction de l’indice de masse corporelle des participants, les chercheurs ont trouvé que le bénéfice du chocolat n’est visible que chez les personnes souffrant d’obésité, vraisemblablement car elles présentent un risque cardiovasculaire plus élevé.

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