Une alimentation riche en gluten pendant la grossesse liée à un risque accru de diabète de l’enfant

Par Marc Gomez Publié le 20/09/2018 Mis à jour le 21/09/2018
Actualité

Le risque de diabète de type 1 augmente avec la consommation maternelle de céréales à gluten.

Les femmes enceintes qui consomment le plus d'aliments riches en gluten pendant la grossesse ont un risque multiplié par 2 de donner naissance à un enfant qui développera un diabète de type 1, selon une étude danoise.
Le gluten est un ensemble de protéines céréalières, que l'on trouve couramment dans des aliments comme le pain, les pâtes et d’autres produits de panification. Des études chez l'animal ont montré qu’un régime alimentaire sans gluten pendant la gestation permettait de "prévenir presque complètement" le diabète de type 1 chez la progéniture. Les chercheurs ont voulu savoir si un effet similaire était retrouvé chez l’homme.

L'étude

Publiée dans le British Medical Journal (BMJ), elle a analysé des données alimentaires et de santé qui portaient sur plus de 63 000 femmes danoises enceintes. Ces femmes enceintes, qui ont été enrôlées dans une cohorte entre janvier 1996 et octobre 2002, ont rempli un questionnaire sur leur fréquence de consommation alimentaire lorsqu'elles étaient enceintes de 25 semaines. Elles ont été suivies jusqu'en 2016 pour suivre l'évolution du diabète de type 1 chez leurs enfants.

Les experts ont constaté que la consommation moyenne de gluten chez les femmes était de 13 g par jour (7 g à 20 g). Ils ont identifié 247 cas de diabète de type 1 chez les enfants après une période de suivi moyenne de 15,6 ans.
Après avoir pris en compte les facteurs confondants classiques comme l’âge, le poids, le tabagisme, la consommation de calories, les auteurs ont conclu que le risque de diabète de type 1 chez les enfants "augmentait proportionnellement" avec la consommation de gluten de la maman. Par exemple les enfants nés de mères ayant consommé le plus de gluten (20 g/j et plus) présentaient un risque deux fois plus élevé que ceux dont l'apport en gluten était le plus faible (moins de 7 g/j), au cours d’une période de suivi de 15,6 années.

En pratique

Le gluten a été mis en cause dans les mécanismes qui conduisent à l’auto-immunité car il favorise la perméabilité intestinale. Cependant, il est trop tôt pour recommander aux femmes enceintes d’éviter ou limiter les aliments qui contiennent du gluten, car malgré sa rigueur, il s’agit d’une étude d’observation, ne permettant pas de conclure à une relation de cause à effet.

Dans un éditorial qui accompagne l’étude, des chercheurs du National Institute for Health and Welfare de Finlande écrivent : « Les médecins, les chercheurs et le public devraient être conscients de la possibilité que la consommation de grandes quantités de gluten peut être nocive et que d'autres études sont nécessaires pour confirmer ou infirmer ces résultats et pour explorer les mécanismes sous-jacents possibles. »

Pour aller plus loin : Gluten, comment le blé moderne nous intoxique

A lire aussi : 7 clés pour passer au sans gluten et Comment faire chez soi un excellent pain sans gluten

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