Comment l’exercice protègerait du déclin cognitif

Par Suzanne Lovell Publié le 12/07/2020 Mis à jour le 13/07/2020
Actualité

Une nouvelle étude de l’université de Californie montre qu’après l’exercice, une protéine secrétée par le foie suffit à provoquer la plupart des bienfaits de l’activité physique sur les performances cérébrales.

Pourquoi c’est important

On sait aujourd'hui que l’activité physique améliore les fonctions cognitives chez les personnes à risque de maladie neurodégénérative, telles que la maladie d'Alzheimer ou la maladie de Parkinson. Seul souci : en vieillissant l'activité physique peut être limitée par des problèmes physiques ou des handicaps. 
Les chercheurs s'intéressent donc depuis longtemps à des moyens de conférer les effets neuroprotecteurs de l'activité physique aux personnes âgées qui ne sont pas en mesure de faire l'exercice régulièrement. « Certains de ces avantages pourraient un jour être disponibles sous forme de pilule », selon le Pr Saul Villeda, l’un des auteurs d'une nouvelle étude qui vient d'être publiée dans le journal Science.

Ce que montre l’étude

Les chercheurs de l'université de Californie ont transféré du sang de souris adulte, faisant de l'exercice physique pendant sept semaines, à des souris âgées et sédentaires. Au bout de quatre semaines, les souris âgées et inactives montraient des améliorations de l'apprentissage et de la mémoire similaires à celles des souris ayant fait de l'exercice. En regardant de plus près, les chercheurs ont également observé une augmentation de la production de nouveaux neurones dans l'hippocampe, un autre bienfait attendu de l'exercice physique.

En comparant les protéines circulant dans le sang des souris sédentaires par rapport aux souris actives, les scientifiques en ont identifié 30 potentiellement responsables de ces effets. Parmi elles, ils ont isolé la GPLD1 (Glycérol-3-phosphate déhydrogénase 1), dont peu d'études antérieures avaient examiné la fonction.
L’équipe découvre alors que non seulement la quantité de GPLD1 est corrélée avec l'exercice physique et l'amélioration des performances cognitives des souris, mais qu'en réalité, elle est à elle seule responsable d'une majeure partie de ces effets. Le GPLD1 semble agir en réduisant l'inflammation et la coagulation du sang dans tout le corps, deux processus qui s'intensifient avec l'âge et qui ont été liées à la démence et au déclin cognitif lié à l'âge.

Pour tester si la Gpld1 pouvait être responsable à elle seule des avantages de l'exercice, les chercheurs ont stimulé le foie des souris âgées pour la surproduire, puis ont mesuré les performances des animaux dans des tests cognitifs. Résultats : trois semaines de traitement ont produit des effets similaires à six semaines d'exercice régulier, associés à une augmentation spectaculaire de la croissance de nouveaux neurones dans l'hippocampe.

« Ceci est un exemple remarquable de communication foie-cerveau » explique Villeda, « d'autres organes ont probablement des effets aussi importants sur le cerveau, et vice-versa. "

Ces travaux semblent transférables à l'humain, puisque l'équipe précise avoir retrouvé la même enzyme chez des personnes âgées qui font régulièrement de l’exercice.

En pratique

Si vous êtes en bonne santé, quel que soit votre âge, il est conseillé de pratiquer une activité physique. Les bénéfices sont nombreux (forme, réduction des risques de maladies, sensation de bien-être, création de liens sociaux, etc.). Vélo, natation, marche, course mais aussi musculation sont importants à pratiquer régulièrement. Si vous n'avez pas fait d'activité physique depuis longtemps, commencez par la marche (à un rythme suffisamment soutenu pour transpirer un peu et être légèrement essouflé) et consultez votre médecin. 

Certaines stratégies nutritionnelles peuvent également réduire le risque et ralentir les maladies neurodégénératives. 
Le régime méditerranéen protège le cerveau du vieillissement tandis que le régime cétogène peut dans certains cas aider à inverser la maladie en fournissant aux neurones une source d’énergie alternative (les cétones) que le glucose, qui est une source d’énergie inefficace chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. 

A découvrir : Le protocole anti-Alzheimer qui a  "100% de succès pour les stades précoces de la maladie"

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