Contre la douleur, une prise en charge globale du patient est nécessaire

Par Juliette Pouyat Publié le 18/05/2018 Mis à jour le 23/05/2018
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Pour prendre en charge la douleur, il faut tenir compte de facteurs physiques mais aussi psychologiques. Considérer le patient dans sa globalité est un gage de réussite pour soulager une douleur chronique.

La douleur chronique affecte la qualité de vie de millions de personnes à travers le monde. Souvent difficile à supporter au quotidien, elle incite à consommer des médicaments antidouleur qui, à long terme, ne sont pas sans conséquence sur l’organisme. Récemment, aux Etats-Unis, le National Institutes of Health a lancé un programme pour lutter contre l’addiction aux médicaments opioïdes. En plus d’être trop prescrits, ils sont également auto-administrés, parfois de façon illicite et sont à l’origine de nombreux décès causés par une surdose. Selon un rapport, aux Etats-Unis, l’overdose de médicaments anti-douleur fait plus de morts que les accidents de la route. Si ces médicaments sont mal utilisés, c’est notamment parce que la façon de traiter la douleur est mal connue.

Considérer le patient dans sa globalité

Plusieurs facteurs sensoriels, cognitifs mais aussi émotionnels interviennent dans l’apparition et la régulation de la douleur, il est important d’en tenir compte. Selon un article écrit dans Nature par une spécialiste de la douleur, Beth Darnall, pour soulager les personnes, la recherche clinique ne doit donc pas seulement s’intéresser aux médicaments anti-douleur mais aussi aux facteurs psychologiques : pourquoi une personne souffre et comment elle ressent la douleur.

La douleur est en effet « une condition biopsychosociale » explique ce professeur de médecine clinique au département d'Anesthésie et de médecine de la douleur de l'université de Stanford (Californie). La mise en place d’un traitement psychologique devrait selon elle être combinée avec des médicaments pour donner aux patients les outils nécessaires à la gestion et au contrôle de leur douleur mais aussi pour diminuer le risque d’addiction aux médicaments. Ce « programme » devant être mis en place en première intention et non pas quand tous les traitements médicamenteux ont échoué, comme cela est pratiqué actuellement.  

Modifier la façon de faire de la recherche

Il est difficile pour les médecins de savoir quel programme de traitement mettre en œuvre car le système de recherche fuit les patients « complexes ». Les essais cliniques sur la douleur excluent en effet souvent les adultes qui souffrent de dépression, d’anxiété ou autres, ceux qui prennent des médicaments ou encore ceux qui ont plus de 70 ans. « Pour mieux apprendre à traiter la douleur, nous devrions nous occuper de ces patients complexes plutôt que de les exclure », plaide Beth Darnall. C’est dans cet objectif qu’a été créé le programme Collaborative Health Outcomes Information Registry (CHOIR) qui recueille de nombreuses données sur les patients atteints de douleur : sommeil, vie sociale, comment la douleur affecte leur routine, leur endurance, prise de médicaments…. Le programme peut être utilisé pour recommander des traitements personnalisés (médicaments, éducation du patient…) en fonction du profil des patients et de leur comportement vis-à-vis de la douleur. « Un tel outil pourrait être utilisé pour la mise en place de nouveaux essais cliniques » explique le professeur.

Selon Beth Darnall, les effets placebo peuvent améliorer le traitement de la douleur et doivent être intégrés délibérément dans les essais cliniques. Une éducation simple à la médecine de la douleur, aux processus de régulation cognitive et aux techniques de relaxation peuvent aider les patients à réduire le mécanisme de la douleur dans le cerveau, à mieux contrôler leurs symptômes et à tirer davantage profit des traitements médicaux. Les patients peuvent être « conditionnés » pour obtenir une diminution de leur douleur, dit-elle, il faut pour cela intégrer de la psychologie dans les programmes de prise en charge de la douleur.

Que faire quand on a des douleurs chroniques

Le recours aux médicaments n’est pas une obligation pour le traitement de la douleur et même quand il est nécessaire on a tout à gagner à limiter l'usage des médicaments anti-douleur, vu leurs effets indésirables. Il existe pour cela des méthodes naturelles efficaces basées sur l’alimentation (notamment en adoptant une alimentation anti-inflammatoire), les automassages, l’activité physique ou encore les techniques corps-esprit (TCC, méditation de pleine conscience, EFT…).

Pour tout savoir sur la façon de réduire la douleur naturellement, lisez notre article abonnés 5 stratégies antidouleur naturelles qui marchent.

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