Les effets du sport sur l'organisme ne seraient pas les mêmes en fonction de l'heure à laquelle on le pratique. S'entraîner en accord avec son horloge biologique personnelle amplifierait les bénéfices de l'exercice.
Une nouvelle méta-analyse montre que, chez les jeunes, les exercices de musculation sont les plus efficaces pour lutter contre les symptômes dépressifs.
La dépression est la maladie mentale la plus diagnostiquée chez les jeunes. Entre 15 et 24 ans, dans la période de transition de l’adolescence à l’âge adulte, le risque de souffrir de symptômes dépressifs est particulièrement élevé. Or la dépression peut isoler socialement les jeunes, avoir un impact négatif sur leurs études, voire leur donner des idées suicidaires.
Pour soigner un jeune en dépression, la psychothérapie et les médicaments sont généralement les approches les plus employées. De nombreuses études démontrent aussi les bienfaits de l’exercice pour lutter contre l’anxiété et les symptômes dépressifs. Mais quel sport pratiquer ? Avec quelle fréquence ? Pour y voir plus clair, des chercheurs de l’université Hunan en Chine ont compilé les résultats de 58 études incluant plus de 4 800 participants.
Les auteurs ont examiné l'impact des exercices de résistance (musculation), des exercices aérobies (endurance), des techniques corps-esprit (yoga, qi gong, tai chi…) et de pratiques mixtes (par exemple exercice aérobie + musculation) sur des jeunes, déprimés ou en bonne santé.
Le type d'exercice qui a fourni le plus d'avantages pour le traitement de la dépression était l’entraînement de résistance, avec une efficacité de 94,9 % contre 75,1 % pour les exercices aérobies, 43,8 % pour les exercices mixtes et 36,2 % pour les techniques corps-esprit, par rapport aux soins habituels qui servaient de contrôle (0 %). Ces pourcentages ont été obtenus grâce à la méthode statistique SUCRA (Surface Under the Cumulative Ranking Curve), qui évalue la probabilité qu’un traitement soit plus efficace qu’un autre.
Pour la prévention de la dépression chez les jeunes non-déprimés, c’est là aussi l’entraînement de résistance (musculation) qui était le plus efficace : 90,3 % pour l’exercice de résistance, contre 81,6 % pour les exercices mixtes, 45,5 % pour les exercices aérobies, 32,6 % pour les pratiques corps-esprit, comparés aux 0 % des soins habituels (contrôle).
L’analyse montre également que les exercices de résistance effectués 3 à 4 fois par semaine, avec des séances de 30 à 60 minutes pendant 6 semaines, donnaient les meilleurs résultats pour prévenir et traiter la dépression.
Les pratiques sportives apparaissent donc comme un moyen efficace de lutter contre la dépression, d’autant plus que, comme le signalent les auteurs, les autres traitements de la dépression peuvent conduire à des échecs. « Bien que la psychothérapie puisse être efficace, elle peut aussi être coûteuse et stigmatisante. De plus, malgré leurs avantages potentiels, il existe des preuves substantielles suggérant que les médicaments antidépresseurs peuvent avoir des effets indésirables, notamment un risque accru de comportement suicidaire et un taux élevé d'abandon chez les patients, avec 20 à 59 % arrêtant leur traitement dans les 3 semaines. »
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