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Si la stimulation du nerf vague peut aider à traiter la dépression sévère, les dispositifs ne sont encore pas déployés massivement. Des expérimentations sont en cours en France.
La thérapie par stimulation du nerf vague consiste à implanter un dispositif ressemblant à un stimulateur cardiaque sous la peau de la poitrine, avec un fil relié au nerf vague gauche dans le cou. Le dispositif émet une stimulation au nerf, qui envoie à son tour des impulsions électriques aux zones du cerveau associées à la régulation de l'humeur.
Un dispositif de stimulation du nerf vague a été approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) il y a près de vingt ans pour le traitement de la dépression résistante. Ce dispositif n’est pas très utilisé notamment en raison de son coût.
Malgré plusieurs études cliniques attestant de son rapport bénéfice-risque favorable, la stimulation du nerf vague n’a pas encore trouvé sa place dans la prise en charge des dépressions résistantes. Ceci est particulièrement vrai en France, où seul un nombre restreint d’implantations a eu lieu dans cette indication, comme l’expliquent des médecins de l’APHP dans un article récent (1).
En France, un essai clinique, DepVNS, coordonné par le Pr Philippe Domenech à l’APHP, est actuellement en cours afin de savoir s'il serait intéressant que cette thérapie soit remboursée par l'assurance-maladie (voir encadré et vidéo).
L’essai DepVNS en France
L’objectif de cet essai est de tester la stimulation du nerf vague dans la dépression résistante. Il est prévu d’inclure plus d'une centaine de patients présentant une dépression résistante - c’est-à-dire difficile à stabiliser avec un traitement médical – dans plusieurs établissements de soins répartis sur l’ensemble du territoire français. L’objectif de DepVNS est d’analyser le ratio coût-utilité de la stimulation du nerf vague associée au traitement médical, par rapport au traitement médical optimal seul.
Récemment, la faculté de médecine de l’université Washington à Saint-Louis a publié les résultats d’un essai clinique réalisé sur près de 500 patients souffrant de dépression sévère résistante au traitement (2).
Dans cette étude, 493 personnes se sont vu implanter un dispositif qui stimule le nerf vague gauche et environ la moitié (249) des dispositifs ont été activés pendant la période de contrôle de 12 mois. L'autre moitié des participants, bien qu’ayant reçu les dispositifs, n'a pas eu de stimulation du nerf vague.
Les deux premiers mois de la période d'essai de 12 mois ont été consacrés à l'ajustement des paramètres électriques des dispositifs à chaque patient. À partir du troisième mois, les chercheurs ont obtenu des évaluations mensuelles des symptômes dépressifs des participants. Les patients ont également évalué leur qualité de vie et leur capacité à accomplir des tâches de la vie quotidienne.
Au départ de l’étude, les trois quarts des participants étaient tellement affectés par leur maladie qu'ils étaient incapables de travailler. « En moyenne, chaque patient avait déjà essayé 13 traitements qui n'avaient pas réussi à l'aider avant de participer à l'essai, et il avait passé plus de la moitié de sa vie à souffrir de dépression », a expliqué dans un communiqué Charles Conway, professeur de psychiatrie et principal investigateur de cet essai baptisé RECOVER (3). Les participants qui suivaient déjà un traitement contre la dépression ont été encouragés à le poursuivre pendant l’essai.
Les résultats montrent que l'utilisation de l'appareil présente des avantages. La rémission complète était rare et ne différait pas d'un groupe à l'autre, mais les personnes équipées de dispositifs activés ont fait état d'une amélioration significative de leur qualité de vie et de leurs capacités fonctionnelles.
Les patients déclarent que leur vie s'améliore
"Ce qui est vraiment important ici, c'est que les patients eux-mêmes déclarent que leur vie s'améliore", a déclaré Charles Conway. "Il s'agit d'une population de personnes chez qui un nombre élevé de traitements ont échoué, y compris des traitements très agressifs tels que la thérapie électroconvulsive. Et ces personnes ne se contentent pas de dire « Oui, je me sens un peu mieux »." Il ajoute : "Ce qui est bien avec la stimulation du nerf vague, nous le savons d'après d'autres études, c'est que lorsque le patient réagit, les effets se maintiennent généralement."
La plupart des améliorations n'ont été observées qu'au cours des trois derniers mois de l'essai, ce qui montre que les bienfaits arrivent lentement au cours de la première année de traitement.
À la fin de l'année, les appareils qui avaient été désactivés pendant la période de contrôle de 12 mois ont été remis en marche. Le groupe éteint a fait état d'une amélioration plus importante que prévu, en particulier au cours des dernières semaines. Or tous les participants savaient que les appareils seraient activés à la fin de l'année, ce qui a pu affecter ceux du groupe témoin qui savaient qu'un soulagement potentiel était à venir, suggère Charles Conway.
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