En agissant sur la flore intestinale, les probiotiques peuvent améliorer votre santé. Dans quels cas les utiliser ? Nous vous donnons 4 bienfaits avérés.
A quoi servent les probiotiques ?
La définition des probiotiques
Les probiotiques sont des micro-organismes vivants, bactéries ou levures, qui apportent des bienfaits pour la santé. On peut les trouver dans des aliments fermentés (yaourt, kéfir, choucroute, kimchi...) ou sous forme de compléments alimentaires.
Une fois ingérés, les probiotiques agissent sur le microbiote, afin de permettre un bon équilibre entre les agents pathogènes et les bactéries nécessaires au fonctionnement normal de l'organisme (1).
Parmi les souches probiotiques les plus souvent utilisées, se trouvent par exemple :
des lactobacilles : Lactobacillus casei, L. rhamnosus, L. acidophilus et L. plantarum ;
des bifidobactéries : Bifidobacterium longum, B. breve,B. bifidum ;
des levures (Saccharomyces).
Prébiotique ou probiotique ?
Les prébiotiques ne sont pas des micro-organismes mais des molécules qui servent à nourrir les bonnes bactéries de la flore intestinale. Voici quelques exemples de fibres prébiotiques : les fructanes (inuline, fructo-oligosaccharides…), les galacto-oligosaccharides (GOS)…
Quel est l'intérêt de prendre des probiotiques ? 4 bienfaits
Les probiotiques ont montré leur efficacité contre les diarrhées liées à des infections ou à la prise d’antibiotiques. Ils peuvent aussi être intéressants contre le syndrome de l’intestin irritable, pour améliorer l’humeur (ils sont alors appelés « psychobiotiques »), voire pour perdre du poids. Voyons ceci plus en détail.
Raison n°1 : des probiotiques contre la diarrhée
Après un traitement antibiotique, la flore intestinale est généralement déséquilibrée, ce qui peut entraîner des diarrhées. Une antibiothérapie augmente le risque d’infection à Clostridium difficile, une bactérie présente dans l’intestin mais dont le caractère pathogène est « neutralisé » par un microbiote intestinal en bonne santé.
La prise d’un supplément de probiotiques - notamment de la famille des lactobacilles et des bifidobactéries - permet de réduire de 37 % le risque de diarrhée associé à un traitement antibiotique, selon les résultats d’une méta-analyse (2) regroupant 42 études et plus de 11 000 participants. Les probiotiques ne semblent pas réduire le risque d’infection à Clostridium difficile mais ils en préviennent les conséquences en réduisant effectivement le risque de diarrhée (3).
Dans Super microbiote, le Dr Daniel Sinchiolle conseille de prendre, dès le début du traitement antibiotique, une supplémentation de Lactobacillus rhamnosus (10 milliards d’UFC par jour) et de Saccharomyces boulardii (5 à 10 milliards d’UFC par jour) pendant 3 semaines.
Raison n°2 : prise de probiotiques et dépression
La santé de notre microbiote influence la santé mentale et notamment la dépression. Cet axe intestin-cerveau a fait l’objet de nombreuses études dont certaines se sont penchées sur l’intérêt d’une prise de probiotiques pour réduire les symptômes dépressifs. Les personnes souffrant de dépression ont en effet un microbiote intestinal significativement différent des personnes ayant une bonne santé mentale (4, 5). Les probiotiques sont capables d’augmenter le niveau plasmatique de tryptophane, un précurseur de la sérotonine, une hormone qui contrôle l’humeur.
Dans un essai clinique (6), des patients souffrant de dépression ont vu leurs symptômes dépressifs diminuer après une supplémentation de probiotiques, prise pendant 8 semaines. En regroupant les résultats de 10 méta-analyses des chercheurs sont parvenus à la conclusion qu’une supplémentation de probiotiques pendant plus de 8 semaines à une dose supérieure à 10 milliards d’UFC par jour permettait de réduire les symptômes de la dépression.
Raison n°3 : des probiotiques contre les troubles de la digestion (ballonnements, intestin irritable...)
Le syndrome de l'intestin irritable est un trouble gastro-intestinal fonctionnel fréquent, qui toucherait près de 10 % de la population mondiale. Les symptômes comprennent des ballonnements, des flatulences, des douleurs abdominales, diarrhées ou constipation. Dans une revue systématique de littérature, des chercheurs de l'université de Bergen (Norvège) ont rassemblé les résultats de 11 études. Sept d'entre elles ont trouvé qu'une supplémentation en probiotiques améliorait significativement les symptômes du syndrome de l'intestin irritable par rapport à un placebo. Les quatre autres études n'ont pas rapporté d'amélioration significative des symptômes. Les auteurs ont noté que les effets bénéfiques étaient plus nets dans les essais utilisant des suppléments multi-souches avec une intervention de 8 semaines ou plus (7). Il est donc conseillé de prendre un mélange constitué d'espèces différentes sur une longue période.
Raison n°4 : le rôle des probiotiques dans la perte de poids
Les personnes en surpoids ou atteintes d’obésité ont un microbiote moins varié que celui des personnes minces et la composition des populations bactériennes présentes est également différente. Le déséquilibre présent au niveau du microbiote intestinal favorise la perméabilité intestinale et au final l’inflammation chronique.
Rétablir l’équilibre du microbiote intestinal par une supplémentation en probiotiques représente une stratégie pour lutter contre surpoids et obésité. Une revue systématique et méta-analyse d'essais cliniques (8) montre que les personnes qui ont pris une supplémentation en probiotiques sur une période courte (3 à 12 semaines) présentent une diminution du poids corporel, de l’indice de masse corporelle et du pourcentage de graisses significativement plus importante que celles qui n’en ont pas pris. Les bénéfices restent toutefois plutôt modestes. Une autre méta-analyse (9) n’a pas trouvé les mêmes bénéfices sur le poids corporel mais suggère qu’une supplémentation permettrait de réduire le tour de taille. Enfin, la supplémentation en probiotiques a un effet positif sur le niveau de leptine, une hormone qui contrôle l’appétit (10).
Quel probiotique choisir ?
Comme l’explique le Dr Sincholle, il faut prendre pendant au moins 8 semaines, une supplémentation de lactobacilles (Lactobacillus rhamnosus, Lactobacillus gasseri, Lactobacillus acidophilus, Lactobacillus casei, Lactobacillus lactis) et/ou bifidobactéries (Bifidobacterium bifidum, Bifidobacterium lactis) en quantité variable selon la souche utilisée, mais toujours supérieure à 1 milliard d’UFC par jour par probiotique. La dose peut aller jusqu’à 20 milliards pour la totalité des souches.
Face aux troubles digestifs qui empoisonnent le quotidien, les probiotiques promettent de rétablir l’équilibre de notre flore intestinale. Mieux encore : ces « bonnes bactéries » revendiquent des vertus pour le moral, l’immunité ou la peau. Au point de ressembler à une solution miracle… Qu’en est-il vraiment ?
Vous connaissez les probiotiques, ces « bonnes » bactéries qui peuplent les aliments fermentés. Vous avez peut-être entendu parler des prébiotiques, ces fibres qui les nourrissent. Mais connaissez-vous les postbiotiques ? Ces composés, véritables « déchets » de nos microbes intestinaux, sont paradoxalement ceux qui exerceraient les effets les plus bénéfiques sur notre organisme.
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