Avant qu'une femme soit ménopausée, il se passe des années au cours desquelles les fluctuations hormonales conduisent à divers symptômes plus ou moins désagréables. Quels sont les symptômes de la périménopause et comment aborder cette période en toute sérénité ?
Comment savoir si on est ménopausée ?
Une femme est ménopausée quand elle a passé une année complète sans avoir de règles. Cet arrêt des cycles qui arrive généralement entre 50 et 55 ans est liée à la chute de production des hormones sexuelles féminines, progestérone et œstrogènes. Mais dans les années qui précèdent l'arrêt total des règles, les hormones amorcent progressivement leur baisse de production, en commençant par la progestérone.
C'est pour tenir compte de ce processus graduel, qui se produit entre 45 et 55 ans environ, que l'on parle de "périménopause" et de "préménopause".
Quelle est la différence entre périménopause et préménopause ?
Dans le langage courant, préménopause et périménopause sont souvent utilisés pour désigner la même période de la vie d'une femme, mais en réalité ils ne sont pas tout à fait synonymes. Du point de vue étymologique, le terme de périménopause désigne la période qui "entoure la ménopause" : la périménopause est à la fois la phase qui précède la ménopause (la "préménopause") et celle qui suit la ménopause.
A quel âge commence la préménopause ?
La préménopause peut durer des années, de l’ordre de deux à quatre ans. « La préménopause débute autour de 47-48 ans avec l’apparition des premiers dérèglements du cycle menstruel et se termine à la ménopause avec l’arrêt définitif des règles, explique Bérengère Arnal-Morvan, médecin et gynécologue-obstétricienne. La sécrétion des hormones sexuelles se modifie. Les troubles de la préménopause sont liés à l’épuisement des follicules ovariens associé à une diminution progressive de la sécrétion de progestérone. » Dans la mesure où les cycles menstruels sont toujours présents, même s'ils sont irréguliers, une femme en préménopause risque toujours de tomber enceinte et doit donc prévoir une contraception si elle ne souhaite pas de grossesse.
La préménopause se caractérise par une baisse de la sécrétion de progestérone. Ce déficit en progestérone entraîne une modification de l’équilibre entre les hormones féminines, œstrogènes et progestérone, avec un excès relatif d'œstrogènes. « Il n’y a plus assez de progestérone pour compenser les œstrogènes qui continuent à être sécrétés pour quelque temps encore, » explique Bérengère Arnal-Morvan. La préménopause se termine par une diminution puis un arrêt de la sécrétion des œstrogènes qui conduit à la disparition définitive des règles à la ménopause. Les œstrogènes ne seront produits que par les surrénales et le tissu adipeux, en quantités bien moindres.
Durée des règles, bouffées de chaleur... Comment savoir si on est en préménopause ?
apparition ou aggravation du syndrome prémenstruel ;
des règles plus courtes et discrètes ou au contraire plus abondantes et longues ;
des tensions nerveuses, sautes d’humeur, tristesse, angoisses ;
insomnie ;
des bouffées de chaleur ;
des sueurs nocturnes.
des variations de poids, envies de manger, rétention d’eau, modifications de la silhouette avec une répartition au niveau du ventre.
On appelle troubles vasomoteurs les bouffées de chaleur, sueurs nocturnes et œdèmes.
Des troubles de l'humeur fréquents
La périménopause est une période où une femme risque plus de souffrir de troubles de l'humeur. Récemment une étude de l'université de Cardiff a montré un risque augmenté de dépression et de troubles bipolaires au moment de la périménopause (1). Sur le site The Conversation, deux des auteurs de cette recherche, Lisa Shitomi-Jones et Arianna Di Florio, expliquent que cette étude est née de l'observation de patientes suivies dans la clinique de santé mentale du Professeur Di Florio (2). "De nombreuses femmes de la clinique n'avaient jamais connu de graves problèmes de santé mentale avant la ménopause, disent-elles. Mais quelque chose a semblé changer pendant la périménopause." En faisant des recherches bibliographiques, elle se sont aperçu que ce sujet était peu documenté, ce qui les a incitées à faire une étude à partir de données de la base UK Biobank.
À l'aide de ces données provenant de 128 294 femmes au Royaume-Uni, les chercheurs ont étudié le nombre de participantes chez qui des troubles psychiatriques sont apparus au cours de la périménopause, c'est-à-dire dans les quatre années entourant les dernières règles. "Nous avons découvert une augmentation de 112 % des nouveaux cas de troubles bipolaires,expliquent-elles. Nous avons également constaté une augmentation de 30 % des troubles dépressifs majeurs au cours de cette période, par rapport aux stades précédents de la période de reproduction."
Ménopause, migraine et risque cardiovasculaire chez les femmes
Lors de la ménopause, les changements hormonaux prédisposent les femmes au risque cardiovasculaire (3). Les œstrogènes sont plutôt protecteurs vis-à-vis de la santé des artères : le risque cardiovasculaire s'élève lorsque leur production diminue fortement. La pression artérielle augmente aussi après la ménopause, mais ce processus est aussi lié à l'âge et au vieillissement des artères qui perdent de leur élasticité.
Récemment, une étude de l'université du Michigan a montré que les femmes migraineuses seraient particulièrement concernées par les symptômes de la ménopause et l'augmentation du risque cardiovasculaire.
En préménopause, la production de progestérone diminue, la femme se trouve dans une situation d'hyperestrogénie relative qui favorise les symptômes du syndrome prémenstruel, dont les maux de tête. Une étude sur plus de 3600 femmes âgées de 35 à 65 ans (moyenne d'âge : 46 ans) a montré que c'est pendant la période de transition vers la ménopause que les maux de tête sont les plus fréquents (4).
La prise de poids
Vous avez la quarantaine, maintenez une hygiène de vie saine, mais votre poids grimpe inexorablement ? Contrairement aux idées reçues, et comme le montrent des travaux récents, le véritable changement métabolique ne survient pas à la ménopause, mais bien pendant la périménopause, des années avant l’arrêt des règles (5). En effet, durant cette phase, œstrogènes et progestérone fluctuent de manière imprévisible. Ces bouleversements hormonaux modifient la répartition des graisses, qui migrent des hanches vers l’abdomen, ralentissent la synthèse des protéines musculaires et augmentent la résistance à l’insuline.
Traitements et remèdes naturels pour soulager les symptômes de la ménopause
Le traitement hormonal de la ménopause
Si l'intensité des symptômes de la ménopause sont importants (migraines, insomnies...) et impactent votre qualité de vie, n'hésitez pas à prendre un rendez-vous avec votre médecin pour en parler. Untraitement hormonal substitutif de la ménopause (THM) peut être proposé par le gynécologue ou le médecin traitant. La prise d'un contraceptif oral pendant la préménopause peut réduire les symptômes, étant donné que la pilule apporte des hormones féminines.
En-dehors des traitements hormonaux, il existe d'autres solutions pour soulager les symptômes.
Des compléments alimentaires à base de plantes
Les plantes peuvent apporter des molécules progestatives ou œstrogéniques (les phyto-œstrogènes). Selon la gynécologue Bérengère Arnal-Morvan, pour bien choisir un traitement naturel, il faut se calquer sur le traitement hormonal classique : donner des plantes progestatives pendant la préménopause et leur ajouter des plantes à effet œstrogénique après la ménopause (à l’arrêt de production des œstrogènes). Et surtout : respecter les mêmes contre-indications que pour les traitements hormonaux (cancer du sein, quel que soit son type).
Beaucoup de compléments pour la ménopause n’apportant que des phyto-œstrogènes, il faut leur adjoindre des plantes progestatives pour se calquer sur le principe du THM ou sur le cycle menstruel. Ainsi, pour la préménopause, pour pallier au manque de progestérone, il existe des plantes à progestérone comme le gattilier et l’alchémille. Puis après la ménopause, il faut ajouter des plantes à œstrogènes, comme du houblon, du soja, ou de la sauge.
Un exemple de plante utilisée pour la préménopause et le syndrome prémenstruel : le gattilier
Le gattilier, Vitex agnus-castus, est un arbrisseau aussi appelé arbre au poivre, agneau chaste, poivre des moines (en anglais, chasteberry = baie chaste). Historiquement, il était utilisé au Moyen-Âge pour préserver la chasteté des femmes, et des hommes d’église, car anti-aphrodisiaque, ce qui explique le nom qui lui a été donné. Ses fleurs violacées évoluent en fruits ayant un goût poivré, d'où leur utilisation comme substitut du poivre. Les compléments alimentaires de gattilier contiennent généralement des extraits de ces baies.
Le gattilier est connu pour apaiser le syndrome prémenstruel, souvent exacerbé lors de la préménopause. Par exemple, un essai clinique paru en 2019 a porté sur 52 femmes séparées en deux groupes : 26 ont pris du gattilier (deux capsules de 30 mg par jour) et 26 un placebo, pendant huit semaines (6). Dans le groupe qui a eu du gattilier, il y a eu une diminution de l'intensité des symptômes vasomoteurs de la ménopause et de l’anxiété, mais sans effet sur la dépression et la dysfonction sexuelle.
Une alimentation adaptée à la périménopause
Au moment de la ménopause, le corps change, les graisses ont tendance à se concentrer sur le ventre, mais la prise de poids n’est pas obligatoire. La Dre Anna Cabeca, gynécologue et auteure de SOS Ménopause, préconise un régime cétogène basé sur les végétaux, c’est-à-dire un régime « céto-alcalin ». Le régime cétogène, pauvre en glucides et riche en graisses, est surtout connu pour aider à perdre des kilos superflus, mais « dans ma pratique, explique Anna Cabeca, j’ai également constaté qu’il atténue la prise de poids, les bouffées de chaleur, le manque d’énergie, la baisse de la libido, la perte de masse osseuse, les sautes d’humeur ainsi que d’autres symptômes gênants associés à la périménopause. »
Pour plus de conseils sur l'activité physique, l'alimentation équilibrée et les compléments de la ménopause, lisez : Nutri Ménopause
Bouffées de chaleur, cycles déréglés, fluctuations de l’humeur, insomnies… À l’approche de la ménopause, la majorité des femmes ressentent des symptômes qui impactent leur qualité de vie. Des solutions naturelles existent pour les atténuer. Avec les conseils d’Angélique Houlbert, auteure du livre Nutri Ménopause.
Lisa Mosconi, neuroscientifique de renommée mondiale publie La ménopause commence dans le cerveau. Elle y démontre que la ménopause n'est pas seulement une histoire d'ovaires : c’est d’abord et avant tout une transformation cérébrale. Mais en comprenant ce qui se passe dans leur cerveau, en adoptant les mesures qu’elle préconise, les femmes peuvent sortir encore plus fortes de cette période.
La Dre Mindy Pelz, experte mondiale en santé féminine et auteure à succès, publie le 22 janvier 2026 Le grand livre de l'alimentation féminine. Elle y explique pourquoi, du fait des différences hormonales, une femme ne peut pas manger exactement comme un homme. Rencontre avec cette auteure qui change les codes.