Une étude historique révèle les bienfaits cardiovasculaires d’une limitation précoce du sucre.
Développer l’éveil de bébé tout en menant sa diversification alimentaire, voilà ce que propose la diversification menée par l’enfant (DME). Cette pratique lui fait découvrir les aliments autrement qu’en purée et en petits pots. Comment fonctionne-t-elle ? Est-elle utile ?
Traditionnellement, les parents commencent par donner à leur bébé des purées à la cuillère. Mais depuis quelques années, une méthode alternative a gagné en popularité : la diversification menée par l’enfant (ou DME).
La diversification alimentaire désigne la période durant laquelle on introduit progressivement d’autres aliments que le lait maternel ou infantile dans l’alimentation du bébé. "C’est une étape essentielle qui influence son rapport à la nourriture pour les années à venir, explique Mathilde Loubet, diétéicienne-nutritionniste et auteure du livre Purées ou morceaux ? Elle permet non seulement de répondre à ses besoins nutritionnels croissants, mais aussi de l’initier à de nouvelles saveurs, textures et habitudes alimentaires."
Mais la diversification est aussi une période pleine d'appréhension pour les parents. Quels aliments introduire ? Quand ? Comment ? En quelle quantité ? La DME semble répondre à tous ces questionnements en laissant une place pour la décision de bébé ! Cette nouvelle pratique peut a priori simplifier le quotidien des parents pour la diversification et développer les capacités sensorielles de bébé en lui proposant des goûts, des couleurs et des textures variées. "Celle-ci propose de laisser bébé manger avec les mains des aliments en morceaux adaptés à ses capacités de préhension et de mastication, dès qu’il est capable de se tenir assis (avec un bon tonus) et de les porter à sa bouche."

"Les recommandations varient selon les institutions : l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui s’adresse à l’ensemble des pays du monde, recommande de commencer la diversification alimentaire à 6 mois, car avant cet âge, le lait maternel ou infantile couvre l’ensemble des besoins nutritionnels de l’enfant, explique Mathilde Loubet. Cette prudence s’explique par des considérations sanitaires : dans de nombreux pays, les conditions d’hygiène ne sont pas optimales, et l’introduction précoce d’aliments solides peut augmenter les risques de contaminations. À 6 mois, les systèmes digestif et immunitaire deviennent assez matures, ce qui rend l’introduction d’autres aliments moins risqués."
En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) et l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA) estiment que l’on peut commencer la diversification dès 4 mois, à condition que bébé présente des signes indiquant qu’il est prêt.
La DME peut débuter à partir de 6 mois, en suivant les recommandations officielles d’introduction des aliments. Le principe ? Proposer à l’enfant des aliments entiers (mais découpés) qu’il pourra manger sans l’aide d’un adulte mais toujours sous surveillance, bien sûr.
Pour Christine Zalejski, auteure de Le Grand livre de la DME, "Les premières semaines de la DME sont une phase d'exploration. Votre bébé découvre à son rythme les aliments que vous lui proposez. Il les touche, les sent, les examine sous tous les angles et sous toutes leurs dimensions. Ses sens, ses muscles et ses neurones travaillent en synergie pour explorer cette nouveauté gustative qui s'offre à lui. Au début, il tétera les aliments, mais petit à petit la mastication va se mettre en place."
On est loin des purées lisses et petits pots pour bébés !
À ce jour il n’existe pas de recommandation officielle quant au protocole à suivre. Quelques indications peuvent cependant aider les parents dans leur démarche :
Pour commencer avec la DME il vous faut utiliser de gros morceaux d'aliments bien fondants : gros bâtonnets, gros quartiers, grosses fleurettes. "Il est plutôt conseillé de débuter par les légumes et les fruits faciles à mâcher, bien cuits et fondants, car leurs couleurs vives attirent naturellement les tout-petits", suggère Mathilde Loubet. Comme il n'a pas de dents, le bébé va mastiquer les aliments avec ses gencives et les écraser à l’aide de sa langue contre son palais, d’où l’importance de proposer des aliments bien mous pour qu’ils s’écrasent facilement. Par exemple : morceaux de courgette cuite, de carotte cuite, d'aubergine cuite...
Source : Purées ou morceaux ?
Préparation : 10 minutes
Cuisson : 30 minutes
Ingrédients et quantités pour 4 à 5 portions
Préchauffez le four à 200 °C. Recouvrez une plaque de papier cuisson.
Lavez, épluchez, épépinez et coupez le potimarron en frites épaisses. Dans un saladier, mélangez les frites avec un filet d’huile d’olive, le paprika et le cumin jusqu’à ce qu’elles soient bien enrobées.
Répartissez les frites sur la plaque de cuisson en une seule couche. Enfournez à 200 °C environ 30 minutes. Vérifiez la cuisson à l’aide de la pointe d’un couteau : elles doivent être tendres et légèrement dorées.
Laissez tiédir avant de les proposer à bébé.
La DME augmente la durée des repas par rapport à la diversification classique, mais les bénéfices qu’on peut en tirer seraient nombreux :

La DME peut provoquer des appréhensions chez certains parents, notamment la peur d’une fausse route ou d’un étouffement. De récentes études ont montré que la DME en tant que telle ne représente pas un plus grand risque d’étouffement que la diversification classique (2, 3). Les bébés possèdent un réflexe de régurgitation qui les protège de l’étouffement, et qui est d’autant plus présent chez les enfants qui pratiquent la DME.
La crainte que l’enfant développe des carences en choisissant souvent le même type d’aliments est partiellement justifiée : en effet les études divergent à ce sujet (4, 5, 6). Pour éviter certaines carences, il est important de garder en tête les besoins nutritionnels spécifiques de l’enfant notamment en fer et en zinc (7). Mais à cet âge les aliments solides ne représentent qu’une partie des apports nutritionnels, l’autre étant représentée par le lait maternel ou maternisé. A priori, l’équation lait (maternel ou maternisé) + aliments solides garantit l’absence de carences.
Enfin, les parents s’interrogent souvent, et légitimement, sur l’ampleur du ménage à effectuer après le repas et le gaspillage que peuvent entraîner ces expériences culinaires. Cela peut être un peu difficile au début, mais il existe de bons guides et au fil des jours les parents intègrent, semble-t-il, les bonnes pratiques d’une part pour se faciliter la tâche et d’autre part pour pratiquer cette démarche en toute sécurité.
Les bavoirs et les protections
Soyons réalistes : l’alimentation autonome est salissante ! Pour protéger les vêtements et limiter le nettoyage, les bavoirs-tabliers à manches longues sont vos meilleurs alliés (version manches courtes pour l’été).
Dans la DME, il est important de savoir redonner la place aux décisions intuitives de l’enfant. Cependant si la peur rend le repas difficile, il est conseillé de consulter un professionnel de la santé compétent qui accompagnera les parents dans leur démarche (ou de suivre une diversification classique).
1. Proposer d'emblée à votre bébé des aliments solides sous forme de morceaux
2. Vous le laissez explorer la nourriture avec tous ses sens et en toute automnomie
3. Il gère seul les quantités en fonction de ses sensations de faim et de satiété
4. Bébé participe au repas familial
5. Vous apprenez à lâcher prise et à avoir confiance en ses capacités, et notamment à son réflexe nauséeux
Pour en savoir plus, lire : LE GRAND LIVRE DE LA DME
Les meilleurs livres des éditions Thierry Souccar sélectionnés par la rédaction.
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Une étude historique révèle les bienfaits cardiovasculaires d’une limitation précoce du sucre.
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