Dr David Ludwig : "Tout le monde devrait suivre une alimentation à index glycémique bas"

Par Lanutrition.fr Publié le 10/04/2006 Mis à jour le 20/10/2017
Point de vue

Le Dr David Ludwig, l’un des meilleurs spécialistes de l’obésité, dirige le programme sur l’obésité de l’hôpital pour enfants de Boston (Massachusetts). Il a publié plusieurs études montrant que l’index et la charge glycémiques des aliments affectent le poids corporel.

LaNutrition.fr : Etes-vous d’accord avec les autorités de santé de nombreux pays qui conseillent un régime pauvre en graisses et riche en glucides pour rester mince et en bonne santé ?

Dr David Ludwig : Non. Il n’y a aucune preuve que la quantité totale de graisses affecte de manière notable le poids corporel ou d’autres aspects de la santé. Certaines graisses sont sans conteste mauvaises, mais d’autres sont bénéfiques. De la même manière, tous les glucides ne sont pas bons. Je pense qu’il est trop simpliste de se focaliser sur un nutriment majeur, la graisse dans ce cas. Il est préférable de s’intéresser à la qualité des nutriments, plutôt qu’aux proportions respectives de graisses et de glucides.

Quels sont les risques d’une alimentation à IG élevé ?

Depuis plus de 50 ans aux Etats-Unis, on conseille aux gens d’avoir une alimentation réduite en graisses pour prévenir et traiter le surpoids. Une telle alimentation n’a en réalité que très peu d’efficacité. Une explication probable à cela est que les régimes pauvres en graisse présentent des index glycémiques élevés. Après un repas à index glycémique élevé, la montée rapide puis la baisse tout aussi rapide de la glycémie semble stimuler l’appétit chez bon nombre de personnes et les inciter à manger plus. Bien qu’il n’y ait pas pour l’instant d’études sur le long terme, les expériences à court terme dont on dispose montrent qu’un régime à IG bas est bien plus efficace pour maigrir que les autres approches. Il réduit également le risque de diabète et de maladies cardiovasculaires.

La France a rejeté l’idée d’utiliser l’index glycémique dans ses recommandations à la population en expliquant qu’il est difficile d’évaluer l’IG d’un repas. Les autorités sanitaires préfèrent utiliser les termes de "sucres simples" et de "sucres complexes".

S’il est vrai que les autres éléments d’un repas peuvent affecter la réponse glycémique, ils ne changent pas la relation hiérarchique entre aliments : un aliment à IG élevé augmentera toujours plus la glycémie qu’un fruit, quels que soient les aliments avec lesquels il est associé. Quant aux termes “simple” et “complexe” ils n’ont pas vraiment de sens au plan biologique. De nombreuses études montrent que des glucides « complexes » - les amidons raffinés comme le pain blanc, la plupart des céréales du petit déjeuner, les pommes de terre - augmentent le niveau de sucre sanguin aussi vite et aussi fortement que le sucre de table.

A consulter : le tableau des index glycémiques

L’autre réserve émise par les autorités sanitaires, c’est que la notion d’index glycémique est une notion complexe qui serait difficile à manier pour le grand public.

Il y a de nombreux aspects de la nutrition qui sont compliqués. Ce n’est pas une raison pour abandonner un concept qui est à mon avis très important. La question est de savoir s’il est possible de mettre en pratique ce concept d’une manière simple et claire. La réponse est oui. Il suffit par exemple de conseiller de manger de grandes quantités de légumes et de fruits, de réduire sa consommation de féculents, de se procurer une quantité adéquate de protéines et de privilégier les bonnes graisses (huile d’olive, les noix, l’avocat etc.). Et ça marche. Conseiller une alimentation à index glycémique bas à une population donnée permet d’améliorer significativement sa santé, y compris une population obèse.

Lire aussi : Mieux vaut choisir des glucides à IG bas

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