Laits infantiles : un impact environnemental non négligeable

Par Sarah Amiri Publié le 25/10/2019 Mis à jour le 25/10/2019
Actualité

Consommation d’eau, émission de gaz à effet de serre, déchets plastiques et métalliques… Le lourd bilan carbone des laits infantiles pose question.

Pourquoi c’est important

Moins de la moitié des bébés dans le monde sont exclusivement allaités durant les 6 premiers mois de vie et encore moins de mères poursuivent l’allaitement jusqu’à l’âge de 2 ans. Ces objectifs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne sont pas atteints, car ils nécessitent une approche multicibles que les sociétés peinent encore à mettre en place.

À lire aussi : Allaitement au sein exclusif jusqu’à 6 mois : il y a encore des progrès à faire 

Les laits infantiles apportent tous les nutriments dont bébé a besoin, même si leur qualité nutritionnelle varie d’un lait à l’autre et reste inférieure à celui du lait maternel. Et parfois les parents n’ont pas d’autre choix que d’y avoir recours. Cependant, il y a un autre point où ils pèchent par rapport au lait maternel : leur impact écologique. L’allaitement maternel pendant six mois permettrait d'économiser entre 95 et 153 kg d'équivalent CO2 par bébé par rapport à l'alimentation au lait maternisé d’après une étude récente.

L’étude

Dans cet article publié dans le British Medical Journal des chercheurs tentent de promouvoir l’allaitement maternel en nous sensibilisant à l’impact environnemental de l’ensemble de la chaîne de production des laits infantiles.

Le lait maternisé est conçu à partir de lait de vache transformé en poudre. À la poudre de lait peuvent s’ajouter de l’huile de palme, de coco, de colza et de tournesol, des huiles d’algues et de poissons ainsi que des vitamines et des minéraux. Des ingrédients assez peu écologiques dans l’ensemble et dont la transformation est coûteuse en énergie. Au final, le lait maternisé est un aliment ultra-transformé (et dont la sécurité laisse parfois à désirer comme en témoignent les retraits de produits qui se succèdent ces dernières années).

L’empreinte carbone des substituts du lait maternel tient compte des émissions de gaz à effet de serre notamment de méthane (dont la capacité de réchauffement est 30 fois supérieure à celle du dioxyde de carbone) produits de l’élevage du bétail pour l’industrie de la viande et l’industrie laitière. Mais elle englobe aussi les kilomètres parcourus pour le transport des matières premières et des produits finis, l’utilisation de papier et de métal, et les déchets qui découlent de leur consommation.

L’empreinte hydrique des laits infantiles est considérable : 1 kg de lait en poudre requiert 4700 L d’eau pour être produit alors que 1 kg de lait de vache nécessite 940 L d’eau. En plus, les préparations pour nourrissons impliquent l’utilisation d’eau en bouteille, ce qui augmente les ressources en eau nécessaires et la quantité de déchets plastiques. De même, la préparation du lait à la maison exige de mélanger cette poudre dans une eau chauffée à au moins 70 °C. Un coût énergétique supplémentaire, qui représente au cours de la première année de vie plus de 1,5 million de kg de CO2.

En pratique

En plus d’être plus adapté aux besoins nutritionnels de bébé, l’allaitement est donc la manière de nourrir un nouveau-né la plus écologique. 
Mais pour cela, il faut être informé avant et lors de l’allaitement et être entouré de professionnels de santé compétents capable d’aider à faire face aux difficultés et à idées reçues sur l’allaitement qui persistent, y compris au cœur de la communauté médicale. Et ce n’est pas le plus évident.

À lire aussi : Les bénéfices de l’allaitement 

Référence :
Naomi Joffe technician and environmental lead, Flic Webster milk donor, Natalie Shenker researcher. Support for breastfeeding is an environmental imperative. BMJ 2019;367:l5646
 

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