Le maïs OGM n’induirait pas de tumeurs chez le rat

Par Collectif LaNutrition.fr Publié le 06/07/2018 Mis à jour le 09/07/2018
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Une nouvelle étude européenne chez l'animal ne trouve pas que le maïs OGM augmente le risque de cancer, contrairement aux données publiées par le Pr Séralini.

En 2012, le Pr Gilles-Eric Séralini publiait une étude montrant que des rats nourris avec un maïs Monsanto (NK 603) génétiquement modifié pour résister au glyphosate (la substance pesticide contenue dans le Roundup de la firme Monsanto) développaient plus de tumeurs que les autres. Cette publication avait généré des critiques de plusieurs toxicologues, dont le Pr Jean-François Narbonne qui sur ce site, soulignait que ces résultats "ne sont pas crédibles".

Depuis, plusieurs études ont cherché à reproduire les résultats du Pr Séralini. Ainsi en 2014, une étude européenne a utilisé les protocoles officiels en vigueur pour évaluer les effets de deux variétés de maïs OGM résistantes au glyphosate sur des rats. Résultats : au bout de 90 jours d'alimentation à 33% de maïs OGM, les rats ne montraient aucun effet secondaire.  La dernière en date, menée par Bernard Salles de l’INRA, arrive, comme les autres, à la conclusion que les rats nourris au maïs OGM n’ont pas de risque de cancer augmenté par rapport aux animaux qui ne reçoivent pas d'OGM.

Comment expliquer ces différences de résultats ?

Les animaux utilisés dans les études étaient différents : Sprague Dawley dans l'étude Séralini, Wistar dans les études contradictoires. Le Pr Séralini explique que la firme Monsanto utilise des rats Sprague Dawley pour ses études. Il dénonce dans Le Nouvel Observateur une « malhonnêteté méthodologique ». Mais pour le Pr Narbonne, il y a bien un problème de souches de rats : « la méthode utilisée par Séralini n’était pas adéquate, notamment car les rats Sprague Dawley nourris au maïs OGM présentent spontanément, de par leur espèce, des variations importantes en termes de tumeurs ».

Cela dit, une étude chinoise de 2013  a évalué les effets de la consommation pendant 90 jours de maïs résistant au glyphosate chez des rats Sprague Dawley. Et elle a conclu que ce maïs OGM induisait le même type de réponses métaboliques qu'un maïs conventionnel.

Outre l’utilisation de rats différents, l’étude de 2012 portait sur l’ingestion de maïs OGM, sur celle de maïs OGM traité avec du glyphosate (le fameux Roundup de Monsanto) et sur l’ingestion d’eau additionnée de glyphosate. Les études suivantes se sont concentrées uniquement sur l’ingestion de maïs OGM (traité ou non).

« L'erreur fondamentale conceptuelle du Pr Séralini, explique le Pr Narbonne, est de confondre toxicologie et nutrition dans le cas d'espèce maïs (même OGM) et pesticides. Dans le cas des pesticides, il s'agit de toxicologie car on peut essayer une molécule ou une préparation à plusieurs doses y compris très élevées (100 fois ou 1000 fois le niveau de base) alors que dans le cas d'un aliment on ne peut pas dépasser la quantité consommable par un rat. Or un rat ne mange pas que du maïs et on limite l'incorporation du maïs dans le régime. » Le Pr Narbonne pointe une autre faiblesse de cette étude, avec l'absence de dosage de mycotoxines, qui sont connues pour avoir des effets hépatiques et rénaux. 

Autre argument en défaveur de l’étude du Pr Séralini : le fait d'avoir 3 fois plus de tumeurs dans un lot que dans un autre n'est pas significatif en soi, si cette fréquence reste dans la fourchette des données historiques des témoins. De plus, dit le Pr Narbonne, « dans ces études sur les OGM résistant au Roundup, certains paramètres biochimiques étaient à la limite de la signification (certains effets pouvaient se révéler significatifs ou non suivant le test utilisé). Ces variations habituelles sur ces paramètres sont considérées comme relevant de la variabilité naturelle. Le Pr Séralini a donc pensé qu’en prolongeant la durée de l’expérimentation pendant 2 ans ces variations deviendraient très significatives ». La nouvelle étude montre que ce n'est pas le cas (même si le Pr Séralini dénonce le fait que ces variations n’ont été étudiées que sur un an).

Pour le Pr Narbonne, pourtant opposant historique aux OGMs-pesticides, la conclusion est sans appel : « Tous les arguments ne sont pas bons pour servir "la cause" . »

Pour voir plus en détail l’opinion du Pr Narbonne sur l’étude de Gilles-Eric Séralini, lire : Maïs OGM et tumeurs : l'étude du Pr Séralini remise en question

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