Quel oméga-3 pour le cerveau ? Peut-être pas celui auquel on croit

Par Juliette Pouyat - Journaliste scientifique Publié le 17/06/2021 Mis à jour le 18/06/2021
Actualité

Un nouvel essai contrôlé randomisé montre que, des deux acides gras oméga-3 à longues chaînes, l’EPA est plus efficace que le DHA pour améliorer la fonction cognitive globale chez de jeunes adultes en bonne santé.  Un résultat contraire aux allégations habituelles des compléments.

Pourquoi c’est important

Les oméga-3 sont des acides gras essentiels que notre organisme ne sait pas synthétiser et qui doivent être apportés par l’alimentation. Parmi ces oméga-3, on trouve l'EPA (acide eicosapentaénoïque) et le DHA (acide docosahexaénoïque) particulièrement abondants dans les poissons gras et qui sont directement assimilables par l'organisme. Leurs effets bénéfiques sur la santé ont été mis en évidence dans de nombreuses études. Par exemple, la supplémentation en oméga-3 permettrait de diminuer le risque cardiovasculaire et les personnes âgées qui ont le plus d’oméga-3 dans le sang ont de meilleures performances cognitives.

Toutefois, les essais cliniques portant sur l’effet de la supplémentation en oméga-3 sur le fonctionnement du cerveau n’ont pas abouti à des conclusions claires, notamment en raison des différences méthodologiques entre les études. La formulation de la supplémentation joue  aussi un rôle important dans les résultats obtenus. L'avancement de la science jusqu'à présent amenait à croire que pour la santé cardiovasculaire, il fallait privilégier l'EPA et pour le cerveau plutôt le DHA.

Dans une nouvelle étude parue dans The American Journal of Clinical Nutrition, des chercheurs ont évalué l’impact d’une supplémentation en huile de poisson enrichie soit en EPA, soit en DHA sur la cognition de jeunes adultes en bonne santé.  

Ce que dit l’étude

Dans cet essai contrôlé randomisé, 310 adultes en bonne santé âgés de 25 à 49 ans ont été séparés en trois groupes : le premier groupe a reçu une supplémentation d’huile de poisson enrichie en DHA (900 mg DHA/jour and 270 mg EPA/jour), le deuxième groupe une supplémentation d’huile de poisson enrichie en EPA (360 mg DHA/jour and 900 mg EPA/jour) et le troisième groupe a reçu un placebo (3 g par jour d’huile d’olive). L’intervention a duré 26 semaines.

Au début et à la fin de l’essai, les participants ont réalisé des tests cognitifs. Les résultats indiquent que, par rapport au groupe DHA et au groupe placebo, la supplémentation en huile de poisson enrichie en EPA a permis d’améliorer la fonction cognitive globale des participants, notamment au niveau de la précision et de la vitesse globales. L'huile riche en EPA a également augmenté de manière significative la précision de l'exécution de toutes les tâches de mémoire par rapport à l'huile riche en DHA.

Le ratio entre EPA et DHA dans la supplémentation pourrait donc jouer un rôle important dans les résultats obtenus. Et les effets de l'EPA sur le cerveau ont peut-être été sous-estimés précédemment.

En pratique

Dans les pays occidentaux, une majorité de personnes ne consomment pas assez d’oméga-3 et, souvent, trop d’acides-gras oméga-6, un déséquilibre qui favorise certaines maladies chroniques et l’inflammation. L’idéal est d’optimiser les apports en oméga-3 grâce à l'alimentation par exemple en utilisant l'huile de colza pour les assaisonnements, et en consommant chaque jour des noix et/ou des graines de lin ou de chia. Manger du poisson gras 2 à 3 fois par semaine (par exemple saumon, hareng, sardine, maquereau) vous aidera également à augmenter vos apports. 

Enfin, si vous optez pour une supplémentation en oméga-3, suivez nos conseils pour bien choisir votre complément. 

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