Cancer : l'alcool aussi mauvais que la cigarette ?

Par Lanutrition.fr Publié le 19/12/2007 Mis à jour le 10/03/2017
L’alcool, même à dose modérée, favoriserait le cancer. C’est le message implicite d’un rapport de décembre 2007 de l'Institut National du Cancer (INCa). De nombreuses études montrent pourtant que dans certaines conditions, des quantités modérées d'alcool offrent une protection contre certains cancers. La Nutrition.fr a enquêté sur ce nouveau débat de santé publique.

Au début du mois de décembre 2007, l'Institut National du Cancer (INCa) - l'organisme créé en 2004 par Jacques Chirac dans le cadre de son Plan cancer - a publié un rapport, « inédit en France », sur le thème Alcool et risque de cancers. Dans ses conclusions, le groupe d'experts qui a rédigé ce rapport soutient qu'en matière de prévention du cancer, « la consommation régulière d'alcool n'est pas conseillée ». Ce travail a été réalisé par une équipe de scientifiques du réseau NACRe (réseau National Alimentation Cancer Recherche). Pour parvenir à ce résultat, les experts ont examiné les principales publications épidémiologiques, les méta-analyses et les revues récentes concernant le cancer et l'alcool.

Des conclusions inquiétantes...

Leur conclusion : il existe une relation directe entre consommation d'alcool et risque de cancers. C'est pour les cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS), c'est-à-dire de la bouche, du larynx et du pharynx mais aussi ceux du foie, du sein et pour le cancer colorectal que les preuves de la cancérogénicité de l'alcool seraient les plus claires selon les scientifiques (Lire le résumé des résultats du rapport de l'INCa).

Ainsi, le risque de cancer augmenterait « de manière linéaire avec la dose d'éthanol apportée par les boissons alcoolisées » en particulier pour les « cancers des VADS, du foie, du rein et du colon-rectum » et il n'y aurait « pas de dose sans effet ». En d'autres termes, même une consommation modérée d'alcool augmenterait le risque de cancers. Autre conclusion importante de ce rapport : l'effet des boissons alcoolisées dépendrait « principalement de la quantité d'alcool apportée et non du type de boisson » soit aucune différence entre le vin, la bière ou les alcool forts type spiritueux.

Le cancer, qu'est-ce que c'est ?

Le cancer est la deuxième cause de mortalité après les maladies cardiovasculaires. Il peut être défini comme une prolifération incontrôlée de cellules anormales qui finissent par envahir les organes. Si aucun traitement n'est mis en place, ces cellules asphyxient les organes et entraînent la mort. Mais chaque cancer est une entité en soi, les mécanismes mis en jeu dans leur développement sont différents. De plus, la capacité des cellules à se modifier, à se multiplier et à métastaser varie d'une personne à l'autre et d'un type de tumeur à l'autre.

 

... qui méritent d'être tempérées

 

Faut-il prendre réellement ces conclusions au pied de la lettre ?

Pour le Dr Michel de Lorgeril, membre du conseil scientifique de LaNutrition.fr, chercheur au CNRS et spécialiste de l'étude des interactions entre la consommation d'alcool et la santé, « les effets de l'alcool sur la santé sont un sujet extrêmement délicat et complexe qui nécessitent beaucoup de compétence et de prudence. Il n'existe pas à ce jour de démonstrations scientifiques absolument intangibles dans un sens positif ou négatif car il manque un argumentaire décisif en recherche médicale humaine, l'essai clinique, qui seul peut montrer des relations de causalité indéniables ». Ceci n'empêche pas l'ensemble de la communauté scientifique et médicale de reconnaître les dangers associés aux excès d'alcool (cirrhose, accidents, violence, par exemple) et à l'exposition des foetus durant la grossesse.

Si le cancer est, d'une certaine façon, une maladie du vieillissement, c'est aussi un ensemble de maladies étroitement associé aux modes de vie. « Il convient d'analyser exhaustivement les données existantes et ne pas procéder à une sélection subjective de ces données disponibles sur une base idéologique, comme semblent l'avoir fait les rédacteurs de l'expertise collective de I'INca. Il faut notamment tenir compte dans l'analyse des effets de l'alcool des facteurs environnementaux, en particulier de la nutrition des individus » explique Michel de Lorgeril. Dans son ouvrage « Alcool, vin et santé » publié en 2007 (1), le scientifique évoque un certain nombre d'études qui relativisent et parfois vont totalement à l'encontre de l'analyse de l'INCa. « Contrairement aux idées répandues, la consommation raisonnable d'alcool, notamment de vin, peut même avoir un effet apparemment préventif sur certains cancers, c'est à dire présenter une relation inverse avec le risque de ces cancers, et il eût été honnête de présenter aussi ces données là. Certes, ce type d'analyse nécessite une grande expérience de la problématique (cancers, nutrition, alcool, épidémiologie) et elle est d'autant plus compliquée que pour chaque organe, il y a plusieurs types de cancers, qui évoluent de façons différentes et éventuellement répondent de façon différente à la consommation d'alcool » explique le chercheur.

La consommation d'alcool en France

On assiste depuis quelques dizaines d'années à une diminution importante de la consommation d'alcool en France. De 26 litres d'alcool pur par personne et par an en 1960, nous sommes passés à 12,7 litres en 2005. 6 millions de Français consomment de l'alcool tous les jours et 10 millions au moins trois fois par semaine. Notre pays demeure ainsi parmi les grands consommateurs mondiaux. En 2003, selon l'Organisation Mondiale de la Santé, la France occupait le 4ème rang européen.

12% des plus de 18 ans consomment quotidiennement de l'alcool (20% des hommes, 7% des femmes). 8% des Français en consomment 1 à 2 verres par jour (11% des hommes et 6% des femmes) et 4% 3 verres ou plus (9% des hommes et 1% des femmes).

 

Alcool et cancer du sein : l'importance des folates et des polyphénols

 

S'il existe une forte prédisposition familiale au cancer du sein, l'adoption d'un mode de vie sain pourrait ainsi permettre de neutraliser ou au moins de ne pas élever son risque de survenue. Dans le cas de cancers du sein dits « hormonaux-dépendants », des études montrent par exemple que la présence de trop petites quantités d'oméga-3 dans le tissu mammaire augmente le risque de cancer du sein, alors que la consommation d'huile d'olive ou de soja le diminue.

Selon Michel de Lorgeril, « un des seuls cancers pour lequel on a remarqué que l'alcool pouvait augmenter les risques est le cancer du sein. » Cependant, le risque est augmenté si l'on consomme de la bière et qu'on a un régime pauvre en fruits et légumes. « Mais s'il s'agit de vin et que la personne a une alimentation de type méditerranéenne, riche en fruits et légumes, c'est-à-dire en folates (vitamine B9), l'augmentation de ce risque se trouve pratiquement abolie ou devient presque négligeable; ce qu'il aurait fallu dire aussi - et ainsi faire oeuvre d'éducation populaire - plutôt que de dramatiser cette question de façon spectaculaire et simpliste donc nuisible car donnant au public, qui est loin d'être dupe, la triste impression que ces experts ne maîtrisent pas leur sujet. »

En 2003, des chercheurs de l'école de santé publique de Harvard (Boston) ont mis en évidence, à partir des résultats de la cohorte des infirmières, la fameuse Nurses' Health Study II qui suit depuis 1989 plusieurs dizaines de milliers d'infirmières, que les folates réduisaient le risque de cancer du sein surtout chez les femmes consommant régulièrement de l'alcool (2). Selon le Docteur Shumin Zhang qui a mené l'étude, parmi les femmes qui consomment au moins 15 grammes d'alcool par jour, celles dont le sang contient le plus de folates ont 89 % de risques en moins de développer un cancer du sein par rapport à celles dont le sang présente les niveaux les plus bas. Cet avantage chute à 28 % pour les femmes qui consomment moins de 15 grammes d'alcool quotidiennement.

Plus récemment en 2005 et 2006 (3 et 4), des chercheurs ont mis en évidence qu'une consommation de plus de 400 microgrammes de folates chaque jour annulait les effets néfastes de l'alcool. Seul problème, en dehors des zones méditerranéennes, ce niveau d'apport est rarement atteint.

Comment consommer plus de folates?

Pour améliorer ses apports en folates, il faut privilégier pissenlits, épinards (crus), mâche, asperges, pois chiche, melon, brocolis, choux-fleurs, fraises, endives, fenouil, avocat, jus d'orange. Les abats de volailles, les foies de veau, d’agneau et de porc contiennent aussi de bonnes quantités de folates mais ils sont riches en graisses saturés et ne contiennent pas les fibres, les vitamines et les minéraux trouvés dans les produits d'origine végétale.

Le rapport de l’INCa, essentiellement basé sur des données épidémiologiques, néglige les résultats issus de la recherche expérimentale. Pourtant, selon le National Cancer Institute, l'institut du cancer des Etats-Unis, les recherches montrent que les antioxydants du vin peuvent contribuer à inhiber le développement de certains cancers. Chez l'animal, le resvératrol réduit le risque de tumeur. Dans des cultures de cellules, il freine la croissance des cellules cancéreuses. Les antioxydants du vin agirait ainsi comme agents anti-cancer à tous les stades du processus cancéreux.

De nombreux scientifiques se sont penchés sur les effets protecteurs des polyphénols du vin contre le cancer du sein. Un certain nombre de ces antioxydants sont de puissants inhibiteurs des « aromatases », des enzymes présentes dans les cellules des glandes mammaires et capables d'augmenter la synthèse d'oestrogènes, des hormones qui favorisent le cancer du sein le plus fréquent (80% des cas, le plus souvent après 50 ans), dit « réceptif aux estrogènes ». Par ailleurs, il est possible que le fameux resvératrol, un autre polyphénol du vin, contribue à la diminution du risque de cancer du sein. Cependant, à ce jour, le risque n'a pas été démontré par des études de grande envergure.

Un verre d'alcool, c'est quoi ?

On considère qu'un ballon (10 cl) de vin à 12° contient autant d'éthanol qu'un verre de porto (20°), de whisky (40°) ou de pastis (45°), qu'une coupe de champagne (12°) ou qu'un demi de bière (5°), soit 10 grammes d'alcool.


Cancer du poumon : un possible effet protecteur du vin

Le cancer du poumon est la première cause de cancer en Europe et aux États-unis. Depuis 2005, ce cancer tue plus d'européennes que le cancer du sein.

Alors que le rapport de l'INCa affirme que même la consommation de faibles quantités d'alcool est associée à une augmentation du risque de cancer en général, les études montrent qu'en ce qui concerne le cancer du poumon un risque n'existe que si la consommation quotidienne dépasse 3 verres par jour, en tout cas chez l'homme. En dessous de ce niveau, l'alcool n'aurait d'effet ni chez l'homme, ni chez la femme. Plusieurs étude (5 et 6) ont également mis en évidence que les buveurs modérés de vin avaient moins de risque de cancer des poumon que les autres, alors que ceux qui préfèrent la bière ou les alcools forts ont plus de risque. Pour l'instant, il n'est pas possible de conclure que le vin en lui-même protège du cancer car il est possible que les habitudes alimentaires des amateurs de vin interviennent dans la diminution du cancer du poumon. La question reste en suspend...

Privilégier la consommation d'alcool durant les repas

Mieux vaut consommer de l'alcool au moment des repas plutôt qu'entre les repas. La raison est simple. Si l'on boit en même temps que l'on mange, on dilue l'éthanol. Ainsi on évite à l'organisme d'être confronté à une arrivée massive et ponctuelle d'éthanol dont on sait aujourd'hui qu'elle est potentiellement dangereuse car elle provoque une synthèse accrue d'acétaldéhyde par le foie. Cette substance peut se lier à certaines protéines cellulaires et être à l'origine d'une inflammation chronique. Elle peut aussi agir directement sur l'ADN pour induire la cancérogénèse. Si l'on boit en mangeant, la diffusion est plus lente et les systèmes enzymatiques qui nous débarrassent de l'éthanol sont moins sollicités.

 

Cancer de la prostate : pas d'effets de l'alcool et un effet protecteur du vin

 

En Europe, le cancer de la prostate est le troisième cancer le plus mortel après le cancer des poumons et le cancer colorectal. On sait que les facteurs environnementaux y jouent un rôle prépondérant. Le risque d'être touché par cette maladie diminue avec une activité physique régulière et une alimentation de type méditerranéen, riche en fruits, en légumes et en poisson. Le tabagisme ne semble pas augmenter ce risque.

Les études tendent à démontrer que les buveurs d'alcool n'ont globalement pas plus de risques que les autres d'avoir un cancer de la prostate. Des chercheurs américains ont cependant mis en évidence que chez les « binge drinkers », c'est-à-dire ceux qui boivent de grandes quantités d'alcool en une fois (le plus souvent le week-end), le risque de ce cancer était plus élevé que chez les autres. Il n'est cependant pas impossible que chez ces grands buveurs, l'augmentation du risque soit plus liée aux mauvaises habitudes de vie qu'aux quantités d'alcool ingérées proprement dites.

Certains types d'alcool pourraient offrir une protection. Une étude publiée en 2005 suggère que ce pourrait être le cas du vin rouge. Les chercheurs, des scientifiques de Seattle, ont calculé que pour chaque verre de vin rouge supplémentaire consommé quotidiennement, le risque de cancer de la prostate diminuait de 6%. En revanche, la consommation de vin blanc, de bière ou de spiritueux ne semblait pas affecter ce risque. Différents mécanismes biologiques pourraient expliquer l'effet protecteur du vin rouge. Le plus probable, selon les chercheurs, repose sur les polyphénols contenus dans le vin (7 et 8).

Cancers de la bouche et de la gorge : les spiritueux plus coupables que les autres alcools

En France, le nombre de cancer des voies aérodigestives supérieures (VADS) est plus élevé que dans les autres pays européens et un des plus important au monde. L'effet néfaste de l'alcool sur le risque de cancer des VADS est l'objet d'un large consensus dans la communauté scientifique. Cependant, contrairement à ce que prétend l'INCa, le risque paraît significatif seulement pour une consommation importante d'alcool, supérieure à 50 gr par jour. Le risque pourrait varier également en fonction du type d'alcool. Une étude danoise a en effet montré que la consommation modérée de vin, d'un à 3 verres de vin par jour, n'augmentait pas le risque alors que celle de bière pouvait la multiplier par 3. Ces résultats doivent être confirmés car, encore une fois, il n'est pas impossible que les habitudes alimentaires des consommateurs de vin, qui sont différentes de celles des consommateurs de bière ou d'alcool forts, interviennent dans la diminution du risque.

Les mêmes types de résultats ont été obtenus par des chercheurs espagnols qui ont mis en évidence en 2004 que les cancers de la bouche touchaient plus les amateurs d'alcool fort et les fumeurs de tabac brun (9). L'étude suggère que les boissons à forte teneur en éthanol pourraient donc être plus nocives que les autres.

Autre confirmation avec une étude menée aux États-unis auprès de la clientèle d'un groupe de dentistes (10). Celle-ci a montré que les patients qui avaient l'habitude de boire moins de 1 verre et demi d'alcool par jour n'avaient pas plus de risque que les abstinents d'avoir des lésions cancéreuses dans la bouche. Au delà, le risque augmenterait de 20% pour chaque verre d'alcool supplémentaire quotidien. Autre résultat : à partir d'une verre et demi par jour, ce ne sont pas les buveurs de vin qui présentent des risques mais les buveurs d'alcool fort.

Le cancer de l'ovaire et de l'endomètre: l'alcool sans effet et peut-être même protecteur

Dans son livre Alcool et santé, Michel de Lorgeril écrit : « la consommation d'alcool, qu'elle soit faible ou modérée et quelques soit le type de boisson alcoolisée, est -sans aucun doute- associée à une diminution du risque de cancer de l'endomètre ». Concernant les cancers de l'ovaire, plusieurs études prospectives et une méta-analyse ont clairement montré que l'alcool n'a pas d'effet sur le risque de ce cancer. Il serait possible que la consommation de deux verres de vin par jour diminuent le risque mais ce dernier point doit encore être confirmé car encore une fois, la protection constatée pourrait être le résultat des habitudes alimentaires des consommateurs modérés d'alcool.

Les bénéfices de l'alcool sur le risque de maladie cardio-vasculaire doivent-ils eux aussi être remis en cause ?

Le rapport de l'INCa émet également des doutes sur les vertus protectrices de l'alcool contre les maladies cardiovascualires. Les arguments ? Deux méta-analyses - elles-mêmes très critiquées d'un point de vue technique par de nombreux experts - qui ont remis en question les méthodologies des études menées sur ce thème (11 et 12). Le rapport de l'INCa soulève l'hypothèse que « l'association de la consommation modérée d'alcool ou de vin avec la faible incidence de maladies cardio-vasculaires résulte en fait de l'effet du profil alimentaire et du style de vie favorable qui caractérise les consommateurs d'une quantité modérée de boissons alcoolisées » (13).

Michel de Lorgeril fait de son côté cette mise au point : « Personne ne conteste que l'abus d'alcool est déconseillé. En revanche, dire que même une faible dose d'alcool est mauvaise pour la santé est évidemment complètement faux et ne repose sur une aucune analyse sérieuse. Aujourd'hui, il y a un consensus général pour dire que l'alcool protège des maladies cardiovasculaires. On sait que la consommation modérée d'alcool, moins de 40 grammes c'est à dire moins de 4 verres par jour, a un effet protecteur. Schématiquement, 2-3 verres par jour, chiffre qui varie selon les sexes et divers autres paramètre, diminuent de 30% environ la mortalité cardiovasculaire et de 20% environ le risque de décès quel qu'en soit la cause sur une période déterminée et en tenant compte des effets adverses (accident par exemple). Ce point est très bien documenté quoiqu'il manque l'argument décisif que serait un essai clinique. Et puis l'alcool a de multiples effets bénéfiques anti-Alzheimer, anti-diabète, anti-déclin cognitif. »

Que penser des études remettant en cause l'effet protecteur de l'alcool contre les maladies cardio-vasculaire qu'évoquent les experts de l'INCa (11, 12 et 13) ? « Bien sûr, nous connaissons ces études qui ont été discutées longuement au moment de leur publication. Les argumentaires développés par ces auteurs ont été aisément repoussés et sont aujourd'hui déjà oubliés, commente Michel de Lorgeril. L'épidémiologie est une science difficile dont les résultats sont très fragiles. Il ne faut donc écouter que des analystes et scientifiques expérimentés, prudents et qui ont fait par ailleurs (c'est à dire dans le passé et à propos d'autres problématiques) démonstration de leur objectivité et de leur acuité visuelle » explique-t-il.

Alors, que faire ? Peut-être se fier aux résultats d'une très vaste étude dont les résultats ont été publiés au mois de décembre 2007 dans les Archives of Internal Medicine (14). Menée sur plus de 214 000 hommes et 166 000 femmes, elle a mis en évidence que ceux qui suivent les principes de l’alimentation méditerranéenne, à savoir beaucoup de légumes, légumes secs, fruits, noix, des céréales complètes, du poisson, un peu de viande, de l’huile d’olive et aussi de l’alcool, en quantités modérées mais régulièrement ont un risque de mortalité plus faible que ceux qui ne le suivent pas. Les calculs des chercheurs montrent que les hommes auraient grâce à ce régime une mortalité totale réduite de 21%, de mortalité cardio-vasculaire réduite de 22% et de mortalité par cancer réduite de 17%. Chez les femmes, les chiffres vont de 20% de réduction pour la mortalité totale à 12% pour la mortalité par cancer.

En d'autres termes et contrairement à ce que disent les experts de l'INCa, la consommation d'alcool et ses effets sur la santé méritent d'être envisagés globalement, dans le cadre plus large de l'alimentation, mais aussi en rapport avec le type d'alcool et le moment de la journée où il est consommé.


(1) De Lorgeril M. et Salen P., « Alcool, vin et santé », Alpen 2007.

(2) Zhang MS, Plasma Folate, Vitamin B6, Vitamin B12, Homocysteine, and Risk of Breast Cancer. BMJ 2003 March 5;95(5):373-80.

(3) Baglietto L, Does dietary folate intake modify effect of alcohol consumption on breast cancer risk? Prospective cohort study.BMJ. 2005 Oct 8;331(7520):807. Epub 2005 Aug 8.

(4) Tjønneland A, Folate intake, alcohol and risk of breast cancer among postmenopausal women in Denmark. Eur J Clin Nutr. 2006 Feb;60(2):280-6.

(5) Carpenter CL, Alcoholic beverage consumption and lung cancer risk among residents of Los Angeles County. J Nutr. 1998 Apr;128(4):694-700.

(6) Ruano-Ravina A, Type of wine and risk of lung cancer: a case-control study in Spain.Thorax. 2004 Nov;59(11):981-5.

(7) Sesso HD, Alcohol consumption and risk of prostate cancer: The Harvard Alumni Health Study. Int J Epidemiol. 2001 Aug;30(4):749-55.
(8) Schoonen WM, Alcohol consumption and risk of prostate cancer in middle-aged men. Int J Cancer. 2005 Jan 1;113(1):133-40.

(9) Castellsagué X, The role of type of tobacco and type of alcoholic beverage in oral carcinogenesis. Int J Cancer. 2004 Feb 20;108(5):741-9.

(10) Maserejian NN, Prospective study of alcohol consumption and risk of oral premalignant lesions in men.Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2006 Apr;15(4):774-81.

(11) Fillmore K, Moderate alcohol use and reduced mortality risk: Systematic error in prospective studies Addiction Research and Theory, Volume 14, Number 2, April 2006 , pp. 101-132(32)

(12) Stockwell T, Alcohol-caused mortality in australia and Canada: scenario analyses using different assumptions about cardiac benefit. J Stud Alcohol Drugs. 2007 May;68(3):345-52.
(13) Johansen D, Food buying habits of people who buy wine or beer: cross sectional study. BMJ. 2006 Mar 4;332(7540):519-22. Epub 2006 Jan 20.

(14) Mitrou PN, Mediterranean Dietary Pattern and Prediction of All-Cause Mortality in a US Population: Results From the NIH-AARP Diet and Health Study. Arch Intern Med. 2007 Dec 10;167(22):2461-8.

A découvrir également

Back to top