Les édulcorants de synthèse

L'essentiel

Les étiquettes alimentaires font souvent mention d’aspartame, d’acésulfame K ou encore de saccharine. LaNutrition.fr vous présente les caractéristiques, les bénéfices supposés et les risques éventuels de ces édulcorants.

Les édulcorants de synthèse à saveur sucrée intense sont des sucres artificiels, créés spécifiquement pour ajouter un goût sucré sans apporter de calories, et sans affecter la glycémie.

Ils ont un pouvoir sucrant élevé : certain ont un goût sucré jusqu’à 13000 fois plus important que le saccharose. Ils possèdent une valeur calorique mais sont utilisés dans de si faibles proportions qu’on la considère comme négligeable.

Ils sont critiqués par certains chercheurs mais la majorité des études conclut qu'ils seraient innofensifs tant que la dose journalière admissible (DJA) est respectée. (lire l’article Quels sont les édulcorants à éviter ?) Cependant on ne peut pas exclure que certaines personnes soient sensibles à ces édulcorants, y compris à des doses faibles et que des risques existent, qui n'ont pas encore été confirmés.

En janvier 2015, l’Anses (l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a rendu un rapport complet sur les bénéfices nutritionnels des édulcorants. L'Agence s'est auto-saisie pour faire une évaluation des édulcorants intenses (risques et bénéfices) notamment parce que les édulcorants entrent dans la composition de plus en plus d'aliments couramment consommés, comme les sodas et autres produits « light ». Est-ce que la consommation d'aliments contenant des édulcorants intenses (EI) a du sens pour perdre du poids ? Pour prévenir le diabète ou le contrôler ? Y a-t-il des risques à long terme si on consomme beaucoup d'EI en remplacement du sucre ?

Les édulcorants et la perte de poids

Prendre des édulcorants à la place du sucre est censé faire mincir ou aider au contrôle de son poids. A court terme, les études montrent que le recours aux édulcorants en substitution du sucre permet un apport calorique plus faible, sans compensation, par ailleurs. A long terme, en revanche, les données restent insuffisantes pour garantir le maintien de cet effet minceur.
Que ce soit chez l'enfant, l'adolescent ou l'adulte, l'intérêt de la consommation d'EI pour contrôler son poids n'est pas démontré selon l'Agence. Certaines études prospectives ont même associé un gain de poids à la consommation d'EI (chez les enfants) sans que le lien de causalité soit réellement établi.

Les édulcorants et le diabète

La recherche montre que les EI n'ont pas d'effet sur la glycémie, pris à jeun comme au cours des repas, y compris chez les personnes diabétiques. En cela ils remplissent parfaitement leur fonction de substituts. En revanche, les études échouent à montrer un effet bénéfique de la consommation d'EI sur la prévention du diabète comme sur le contrôle de la glycémie.

Les risques des édulcorants intenses

Selon l'Anses, « les données disponibles ne permettent pas de mettre en évidence un risque lié à la consommation d'EI ». Concernant plus spécifiquement le cancer, l'agence précise que les études épidémiologiques ne mettent pas en évidence de lien avec la consommation d'édulcorants. En revanche, elle pointe une étude récente qui suggère une association entre la consommation de boissons renfermant des EI et l'apparition de lymphomes et appelle à des travaux complémentaires sur ce sujet.
Professeur en toxicologie et membre de l'Anses, Jean-François Narbonne explique avoir « toujours eu une position critique vis-à-vis des édulcorants qui n'ont jamais été une solution pour lutter contre l'obésité et qui ne font qu'entretenir des comportements alimentaires aberrants » en qualité de Docteur en Nutrition. Selon lui sur le plan toxicologique, « l'aspartame constitue un cas particulier, car il s'agit d'une substance qui est métabolisée entièrement dans le tube digestif et ces métabolites sont des substances rencontrées en abondance dans notre alimentation. Il n'y a donc pas là à priori de quoi suspecter une forte toxicité, ce qui est d'ailleurs confirmé d'une part par la fixation par les autorités réglementaires Européennes d'une DJA très élevée et l'absence d'effets santé indiscutables chez l'homme. Cependant en regardant plus en détail, on constate un grand nombre de résultats qui constituent un faisceau consistant permettant de mettre en doute une innocuité totale de l'aspartame. Ce sont d'ailleurs ces résultats contradictoires ou peu significatifs qui sont à la base des polémiques. »

Selon l'Anses, en janvier 2015, « pour la population générale la prise en compte globale des risques et des bénéfices nutritionnels potentiels ne permet pas de justifier l'utilisation à long terme des EI comme substitut du sucre, en particulier dans les boissons, qui en sont le principal vecteur. »
Et Jean-François Narbonne précise « que contrairement aux assertions multiples et réitérées d'officines de désinformations médiatisées, les experts publics sous la coordination de l'ANSES, sont en mesure d'instruire un dossier sensible sur des bases rigoureusement scientifiques et en toute indépendance. » Et le toxicologue enfonce le clou : «  devant des blocages européens ne permettant pas de limiter les consommations d'EI par voie réglementaire, une alternative nationale est possible pour limiter l'exposition des consommateurs par la voie de recommandations nutritionnelles. Il serait aussi intéressant que les médias qui diffusent largement les publicités pour les aliments et les boissons « light » relaient largement ces recommandations. »

Le tableau qui suit indique pour chacun des édulcorants leur carte d’identité avec entre autres leur numéro au code des additifs alimentaires afin que vous puissiez les repérer sur les étiquettes mais également la DJA soit la quantité d’édulcorant à ne pas dépasser par jour. Les effets possibles sur la santé ont été classé par niveaux de preuve en fonction de l'état actuel des connaissances.

 

Nom

Pouvoir sucrant (par rapport au saccharose)

DJA (mg par kilo de poids)

Autorisation en France

Sources

Effets sur la santé jusqu’à la DJA

Aspartame (E 951)

 

 

200

40

1988

Édulcorant de table (Canderel), boissons, desserts, préparations laitières, confiseries, compléments alimentaires

Possible

Migraines, prématurité (2 études de cohorte)

Trouble de la flore intestinale

Peu probable

épilepsie, allergies, tumeurs du cerveau, cancers du sein et des voies urinaires, augmentation de l’appétit

Faux

oedèmes, convulsions, nausées, troubles de la vue

Acésulfame K (E 950)

 

 

200

9

1983

Édulcorant de table (Hermesetas), boissons, confiseries, dentifrices, produits pharmaceutiques. Améliore le goût fade des polyols.

Aucun

Sel d’Aspartame (64%)  et d'acésulfame K (36%) (E 962)

350

40 et 9

2003

Édulcorant de table (Ligne, Tutti Free), confiseries, desserts, boissons déshydratées, produits pharmaceutiques, aliments fonctionnels.

Idem aspartame

Saccharine (E 954)

 

 

300 à 400

5

Utilisation à partir de la seconde guerre mondiale

Edulcorant de table (Hermesetas), boissons, confiseries, desserts, compléments alimentaires.

Possible

Trouble de la régulation du glucose et de la flore intestinale

Peu probable

Cancer de la vessie, dommages de l’ADN, allergisant.

Acide cyclamique et cyclamate de calcium ou sodium  (E 952)

20 à 40

7

 

Boissons, desserts, confiseries, compléments alimentaires.

Peu probable

Divers cancers, atrophie des testicules, allergisants.

Sucralose (E 955)

600

15

2004

Boissons, desserts, confiseries, compléments alimentaires.

Possible

Trouble de la régulation du glucose et de la flore intestinale

Peu probable

Perturbateur du système immunitaire, allergisant.

Alitame (E 956)

2000

0 à 1

Pas autorisé

 

Aucun pour l'instant

Neotame

7000 à 13000

0 à 2

Pas autorisé

Confiserie, fruits en conserve, produits laitiers, pâtisseries, chewing-gum

Aucun pour l'instant

Néohespéridine dihydrochalcone D (E 959

1500 à 2000

0,5

1994

Boissons, desserts, confiseries

Aucun

 

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