Pelouse : comment favoriser la biodiversité sans craindre les tiques

Par Marie-Céline Ray Publié le 05/04/2019 Mis à jour le 08/04/2019
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En ce début de printemps, les tondeuses à gazon sont de retour dans les jardins. Attention à vos pratiques : une herbe un peu haute favorise la biodiversité, sans pour autant constituer un refuge pour les tiques.

Pourquoi c’est important

Contre la disparition des insectes et des oiseaux dans nos campagnes, chacun doit se mobiliser. Au printemps, la pelouse est une zone dans laquelle les abeilles, par exemple, peuvent venir butiner. A condition d’y trouver des fleurs... Mais beaucoup de personnes craignent qu’une herbe trop haute favorise la présence de tiques dans leur jardin. Or les tiques transmettent la bactérie Borrelia burgdorferi, impliquée dans la maladie de Lyme. En France, en 2016, il y a eu 84 cas de maladie de Lyme pour 100 000 habitants. Cette maladie, quand elle devient chronique, entraîne de nombreux symptômes invalidants, qui affecte la qualité de vie des malades. Alors à quelle fréquence tondre sa pelouse pour favoriser la biodiversité sans prendre le risque de se faire piquer par une tique ? Une étude américaine a fait le point.

Lire notre article : Même en ville on peut être infecté par une tique

Ce que montre l’étude

Dans une étude parue dans la revue PLOS One, deux scientifiques de l’université du Massachusetts et des services forestiers américains ont voulu savoir si les tiques aimaient l’herbe haute des pelouses. Ils se sont concentrés sur une espèce de tique, Ixodes scapularis, aussi appelée tique du cerf, et ils ont étudié 16 pelouses proches de la ville de Springfield.

Dans cette région, pendant deux étés, les scientifiques ont compté 111 espèces d’abeilles, ce qui représente un quart des espèces connues dans le Massachusetts. Les auteurs ont analysé 144 échantillons de tontes de pelouses qui étaient coupées à différentes fréquences et à différentes hauteurs : certaines pelouses étaient tondues toutes les semaines, d’autres toutes les deux semaines, et d’autres toutes les trois semaines.

Résultat : aucune tique n’a été trouvée dans ces échantillons ! L’étude conclut que la fréquence de tonte des pelouses n’a aucun effet sur les tiques : en tondant toutes les trois semaines au lieu de toutes les semaines, on n’augmente pas son risque d’avoir des tiques au jardin.

Pour Susannah Lerman, chercheuse en écologie à l’université du Massachusetts, il y a quand même des limites dans cette étude : « Nous avons échantillonné une seule espèce de tique et notre étude a été limitée à 16 pelouses résidentielles dans une seule ville. » Mais elle insiste sur le résultat obtenu : « Néanmoins, notre étude a deux conclusions significatives : vous n’invitez pas nécessairement les tiques si vous tondez la pelouse toutes les deux semaines au lieu de chaque semaine. »

Vincent D’Amico, qui est également auteur de cette étude, a une explication à cette absence de tiques dans les tontes. D’après lui, les pelouses sont souvent des environnements trop secs pour les tiques : « Cette espèce a besoin de près de 100 % d’humidité pendant au moins une partie de la journée. » Il ajoute : « Là où nous avons des feuilles mortes, les tiques s'en sortent très bien. » Ce sont donc surtout dans les zones à proximité des forêts, les lieux boisés, que vous risquez de rencontrer des tiques. Pour éviter de vous faire mordre par une tique lors d’une randonnée en forêt, couvrez bien vos jambes et portez des chaussures fermées. Après votre promenade, inspectez votre corps. Si vous trouvez une tique, retirez-la rapidement à l’aide d’un tire-tique, un petit instrument vendu en pharmacie.

Plus de conseils anti-tiques dans : Comment prévenir la maladie de Lyme

En pratique

Cette étude montre qu’une tonte toutes les trois semaines n’augmente pas le risque de se voir envahi par des tiques. Votre pelouse est un lieu de nourriture pour les oiseaux. C’est aussi là que vivent de nombreux insectes, menacés par des tontes trop fréquentes. Pour favoriser cette biodiversité, vous pouvez ne tondre qu’une partie du jardin, celle qui est la plus utilisée par vous et votre famille, et laisser l’herbe pousser ailleurs. Pensez également qu’une herbe trop courte risque de souffrir de la sécheresse et manquer d’eau.

Des livres pour aller plus loin : Soigner Lyme et les maladies chroniques, Lyme les solutions naturelles 

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