Bien se nourrir avant la grossesse = un coeur en bonne santé pour bébé

Par Juliette Pouyat Publié le 31/08/2015 Mis à jour le 10/03/2017
Les femmes qui ont une alimentation de bonne qualité – riche en fruits, légumes, légumineuses, fer, poisson, céréales – ont un risque plus faible de donner naissance à un enfant souffrant d’une malformation cardiaque.

Les femmes font souvent attention à ce qu’elles mangent pendant leur grossesse. Mais leur alimentation avant d'être enceintes est également importante. Une nouvelle étude parue dans Archives of Disease in Childhood, Fetal and Neonatal Edition rapporte en effet qu'une alimentation saine avant la grossesse est associée à un risque plus faible d’anomalies cardiaques chez les bébés à la naissance.

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« Les malformations cardiaques congénitales sont fréquentes, elles touchent environ 1% des nouveau-nés » expliquent les auteurs. Parmi les enfants atteints, 1 sur 4 mourra pendant sa petite enfance. Pour le moment les médecins ont peu de moyens de prévention.

« Trouver des facteurs de risque modifiables des malformations cardiaques congénitales n’est pas évident. La découverte de l’acide folique comme moyen de prévention efficace des anomalies du tube neural a accru l’attention des chercheurs pour l’alimentation en tant que facteur de risque modifiable d’autres anomalies congénitales, dont les malformations cardiaques ».
La plupart des études à ce jour ont porté sur certains suppléments spécifiques comme l’acide folique seul ou des mélanges de multivitamines. « Dans certaines études, mais pas toutes, le risque de malformations cardiaques a été réduit chez les femmes ayant pris des suppléments de multivitamines avant la grossesse. Cependant, dans les pays qui recommandent l’enrichissement en acide folique, il n’a pas été observé une baisse conséquente des malformations cardiaques chez les nouveau-nés ».

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Pour les chercheurs, ces observations soulignent la nécessité d’aller au-delà de l’évaluation de l’effet de nutriments spécifiques en analysant l’alimentation dans la globalité. « Cette approche par l'analyse des habitudes alimentaires a déjà montré son utilité pour d’autres maladies, comme l’hypertension, les maladies cardiovascualires, le diabète ou encore le cancer ».

Dans cette étude, les chercheurs ont interrogé 19 353 femmes – appartenant à la National Birth Defects Prevention Study – sur leur alimentation au cours de l’année précédant leur grossesse. Parmi elles, 9 468 ont donné naissance à des bébés en bonne santé et 9 885 ont eu des bébés avec des malformations cardiaques majeures. La qualité de l’alimentation a été évaluée en utilisant 2 systèmes de notation validés : le Mediterranean Diet Score et le Diet Quality Index for Pregnancy (DQI-P). Par exemple, la consommation régulière de fruits, légumes, légumineuses, poisson ou noix impacte positivement le Mediterranean Diet Score alors que les produits laitiers, viandes et sucreries ont un impact négatif. Le DPI-Q tient compte de recommandations spécifiques à la femme enceinte : 6 composants agissent positivement sur le score (céréales, légumes, fruits, folates, fer et calcium) et 2 agissent négativement (calories provenant des lipides et sucreries).

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Les résultats montrent qu’une alimentation de meilleure qualité – représentée par les scores les plus élevés – diminue significativement le risque de donner naissance à un bébé avec certains types de malformation cardiaques. Par exemple, une meilleure alimentation a été associée à un risque plus faible de 37% de tétralogie de Fallot et à un risque inférieur de 23% de communication interauriculaire.

La communication interauriculaire fait partie des malformations septales (trous dans le cœur) et correspond à l’existence d’un orifice entre les deux cavités cardiaques supérieures (oreillettes). La tétralogie de Fallot est une anomalie complexe qui peut conduire à des niveaux d’oxygène dangereusement bas dans le sang allant dans le reste du corps.

Ces résultats sont issus d’une étude d’observation, aucune relation de cause à effet ne peut être mise en évidence. Mais des associations similaires entre alimentation avant la grossesse et d’autres anomalies congénitales, comme la fente palatine ou la malformation du tube neural, ont déjà été rapportées.

« La réduction du risque de malformations cardiaques chez le bébé peut être une raison supplémentaire d’adopter une alimentation saine avant de tomber enceinte » concluent les chercheurs.

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Source

Botto LD, Krikov S, Carmichael SL, Munger RG, Shaw GM, Feldkamp ML; National Birth Defects Prevention Study. Lower rate of selected congenital heart defects with better maternal diet quality: a population-based study. Arch Dis Child Fetal Neonatal Ed. 2015 Aug 24. pii: fetalneonatal-2014-308013. doi: 10.1136/archdischild-2014-308013.

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