Ressentir de l’anxiété, de la peur ou du stress fait partie de la vie et cela n’a rien d’anormal tant que c’est occasionnel et temporaire. C’est le cas par exemple avant un examen ou un entretien. Mais lorsque ces réactions émotionnelles aiguës deviennent plus fréquentes ou même chroniques, elles peuvent sérieusement interférer avec les activités de la vie quotidienne. Le stress chronique devient alors un facteur de risque de plusieurs maladies. Cependant, on peut non seulement agir sur le niveau de stress mais aussi prévenir les pathologies qu'il peut favoriser.
Comment le stress nous fait vieillir plus vite
Fin 2025, une étude publiée dans le Journal of Epidemiology & Community Health a suggéré que la célébrité pourrait réduire l’espérance de vie des chanteurs (1). En comparant 324 artistes célèbres avec autant de chanteurs moins connus aux profils similaires, les chercheurs ont observé que les célébrités mouraient en moyenne vers 75 ans, contre 79 ans pour leurs homologues moins exposés au public. Cette différence – soit près de cinq années de vie en moins – pourrait être due au stress, à la pression constante et à la perte de vie privée liés à la notoriété.
D'autres recherches montrent que le stress chronique peut accélérer le vieillissement cellulaire. Il existe des marqueurs cellulaires du vieillissement des cellules immunitaires : la longueur des télomères, qui sont des structures protectrices situées aux extrémités des chromosomes. Les télomères jouent un rôle clé dans la stabilité de l’ADN. La diminution de leur longueur est un marqueur bien établi du vieillissement biologique.
Dans une étude parue dans le journal Molecular Psychiatry, des auteurs rapportent que même sur une période d’un an les événements stressants accélèrent le vieillissement cellulaire, mesuré par le raccourcissement des télomères (2). Après avoir suivi pendant un an 239 participantes, ils ont trouvé que l’accumulation des événements stressants au cours de l’année de l’étude provoque une diminution significative de la longueur des télomères.
Le stress chronique est également lié à un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires, de diabète et de démence. Les événements stressants vécus au cours de la vie (violence et négligence pendant l’enfance, difficultés financières, rupture…) usent à force les systèmes physiologiques et accélèrent les expositions de chacun à ces maladies liées au vieillissement.
Cependant, il n'y a pas de fatalité : le raccourcissement des télomères peut être contré par des comportements « sains » comme la pratique d’une activité physique, de bonnes habitudes alimentaires et un sommeil de qualité (voir en fin d'article). Les femmes qui ont un mode de vie très sain semblent « protégées » des effets du stress sur la longueur de leurs télomères.

Stress et cerveau : un effet sur la mémoire et l'humeur
Dans une revue parue dans le journal Current Opinion in Psychiatry, les auteurs alertent sur les dangers du stress chronique et de l’anxiété sur le cerveau : ils sont des facteurs de risque de dépression et même de démence (3). L’anxiété et la tension prolongée peuvent entraîner une atrophie de l’hippocampe — une région essentielle pour la mémoire et l’orientation — ainsi qu’un déséquilibre entre différentes zones cérébrales impliquées dans la régulation émotionnelle.
« L’anxiété pathologique et le stress chronique sont associés à une dégénérescence structurelle et à un dysfonctionnement de l’hippocampe et du cortex préfrontal, ce qui peut expliquer le risque accru de développer des troubles neurosychiatriques, comme la dépression et la démence » explique le Dr Linda Mah, auteure de l’étude. Les dommages dus au stress sur l’hipoccampe et le cortex préfrontal ne sont pas irréversibles. Nous devons maintenant déterminer si des interventions, comme l’exercice physique, la pleine conscience et la thérapie comportementale et cognitive peuvent non seulement réduire le stress mais également réduire le risque de développer des troubles neuropsychiatriques, comme la dépression et la maladie d’Alzheimer ».
Un cœur plus fragile sous stress
L’exposition au stress chronique augmenterait le risque de maladies cardiovasculaires, d’après une étude britannique publiée par la revue de la Société européenne de cardiologie. L’étude réalisée sur 10 300 fonctionnaires britanniques a suivi pendant 12 ans leurs habitudes alimentaires, l’exercice physique, leur consommation de tabac et d’alcool (4). Les chercheurs ont aussi mesuré leur taux de cortisol, l’hormone du stress.
Grâce à cette étude, les chercheurs confirment les conclusions d’études épidémiologiques antérieures qui avaient montré que le risque d’accident cardiaque est multiplié par deux avec une exposition chronique au stress. Cette fois-ci les chercheurs précisent que le risque est plus élevé chez les moins 50 ans. Enfin, les résultats montrent que les personnes soumises à un stress chronique ont des taux anormalement élevés de cortisol et que le cœur ne s’adapte plus aussi facilement aux changements environnementaux.
Ce que vous pouvez faire pour diminuer votre niveau de stress
Prendre des probiotiques
Plusieurs études laissent penser que certains probiotiques en agissant sur l’axe intestin-cerveau, aideraient à combattre stress et anxiété. On parle dans ce cas de psychobiotiques. Le microbiote intestinal est aujourd’hui considéré comme un régulateur clé du cerveau et du comportement.

Méditer
La méditation et plus particulièrement la méditation de pleine conscience permettraient de réduire stress et anxiété. Sans effet secondaire, il n’y a aucun risque à essayer.
Prendre des vitamines et minéraux
Plusieurs études ont montré des effets bénéfiques de suppléments en vitamines du groupe B, en vitamine C et en plusieurs minéraux sur le stress.
Essayer le tremblement thérapeutique
La méthode TRE (trauma releasing exercises) consiste à provoquer des tremblements dans les membres. Dans plusieurs études, cette méthode a amélioré la qualité de vie des participants.
Faire de l’exercice
Plusieurs études montrent en effet que la sédentarité est mauvaise pour la santé physique mais aussi pour la santé mentale.