Les recommandations nutritionnelles officielles

Par Lanutrition.fr Publié le 07/03/2007 Mis à jour le 27/02/2017
Qu’il s’agisse en France du Programme national nutrition santé (PNNS) et de l’agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), au Canada de Santé Canada, en Suisse de la Société suisse de nutrition (SSN), en Belgique du Plan National Nutrition Santé, la plupart des pays font appel à des organismes gouvernementaux pour formuler des recommandations nutritionnelles. État des lieux.

 

La plupart des pays donnent des conseils nutritionnels pour prévenir les maladies chroniques. Nous détaillons ici les recommandations en vigueur dans les pays francophones et les raisons pour lesquelles nous ne les approuvons que partiellement, ce qui explique que LaNutrition ait choisi de proposer ses propres recommandations nutritionnelles.

Protéines, lipides, glucides : quelle répartition ?

L’agence française de sécurité sanitaire des aliments recommande de composer sa consommation quotidienne moyenne afin que la contribution aux calories de chaque grand groupe de macronutriments soit la suivante :

- 50 à 55 % des calories (kcal) sous la forme de glucides, c’est-à-dire essentiellement céréales, féculents et pour partie fruits et légumes, les sucres simples étant marginalisés

- 30 à 35 % des calories (kcal) sous la forme de lipides, c’est-à-dire de graisses

- 11 à 15 % des calories (kcal) sous la forme de protéines, qu’elles soient animales ou végétales.

Le Canada utilise des fourchettes beaucoup plus larges, calquées sur celles des Etats-Unis et qui vont jusqu’à 35% de protéines et 60 % de glucides. Les Suisses conseillent moins de protéines que les autres pays francophones. Les recommandations belges sont très proches des recommandations françaises.

 

 

Protéines

Glucides

Lipides

Belgique

15%

55%

30%

Suisse

10 à 20%

50%

30%

Canada

10 à 35 %

45 à 60 %

20 à 35 %

 

 

Le PNNS

Mais où aller chercher tout ça ? Avec quels aliments faire le plein de lipides, glucides et protéines ?

En France, pour vous aider à composer vos menus conformément à ces recommandations, le PNNS a établi des repères nutritionnels.

Pour vous permettre de visualiser ces recommandations officielles, LaNutrition a représenté le PNNS sous forme de pyramide alimentaire. Principe : chaque étage représente une catégorie d’aliments. La fréquence de consommation de ces aliments diminue au fur et à mesure qu’on se rapproche de la pointe : plus on se rapproche du sommet, plus les aliments doivent être consommés avec modération.

L’objectif du PNNS avec ce programme : améliorer l’état de santé de l’ensemble de la population.

 

Pyramide PNNS

 

A la base de la pyramide, on trouve les les produits céréaliers : pains, céréales, pommes de terre et légumes secs. Le PNNS conseille :

- d’en consommer à chaque repas et selon l'appétit

- de favoriser les aliments céréaliers complets ou le pain bis.

- de privilégier la variété.

Le deuxième étage est occupé par les fruits et légumes. Le PNNS recommande d’en consommer au moins 5 par jour et à chaque repas plus en cas de petits creux. Vous pouvez varier avec des fruits et légumes crus, cuits, nature ou préparés, frais, surgelés ou en conserve.

A troisième étage on retrouve le lait et les produits laitiers (yaourts, fromages) à consommer à raison de 3 par jour tout en privilégiant la variété et les fromages les plus riches en calcium, les moins gras et les moins salés.

Cet étage est également celui des viandes, volailles, produits de la pêche et œufs à consommer 1 à 2 fois par jour et en quantité inférieure à celle de l'accompagnement.

- Pour les viandes : privilégier la variété des espèces et les morceaux les moins gras.

- Pour le poisson : au moins 2 fois par semaine.

Au quatrième étage on trouve les matières grasses ajoutées. Consignes :

- Limiter la consommation

- Privilégier les matières grasses végétales (huiles d'olive, de colza...).

- Favoriser la variété.

- Limiter les graisses d'origine animale (beurre, crème...).

Enfin le sommet de la pyramide alimentaire est occupé par les produits sucrés dont le PNNS recommande de limiter la consommation. Le programme conseille notamment de faire attention aux boissons sucrées et aux aliments gras et sucrés à la fois (pâtisseries, crèmes dessert, chocolat, glaces...).

Côté boissons le PNNS recommande de l’eau à volonté au cours et en dehors des repas. Il recommande de limiter les boissons sucrées (privilégier les boissons allégées).

Côté alcool, ne pas dépasser, 2 verres de vin par jour (de 10 cl) pour les femmes* et 3 pour les hommes. 2 verres de vin sont équivalents à 2 demis de bière ou 6 cl d'alcool fort.

Enfin les autorités recommandent de limiter la consommation de sel en préférant le sel iodé. Il donne les conseils suivants pour manger moins de sel :

- Ne pas resaler avant de goûter.

- Réduire l'ajout de sel dans les eaux de cuisson.

- Limiter les fromages et les charcuteries les plus salés et les produits apéritifs salés.

 

Le bon, le bizarre et le moche : comment LaNutrition.fr juge les recommandations officielles

 

Notre avis:

LaNutrition n’approuve pas toutes les recommandations françaises. Elle considère que le PNNS est malheureusement au moins autant influencé par l’arrière-plan économico-culturel dans lequel baigne la France depuis l’ère agricole que par les données scientifiques objectives. En ce sens, ce programme récompense les productions céréalière et laitière ainsi que l’élevage pour la viande et les fabricants de produits allégés.

 

Ce qu’il y a de bon dans le PNNS :

- Réduire les sucres simples

Nous avons dès 1999 relevé que la consommation de sucres ajoutés est associée à un risque accru de diabète et d’obésité. A l’époque, cette affirmation était raillée par les nutritionnistes français. En 2001, l’Afssa estimait même que l’idée que les sucres entraînent du diabète relève d’une croyance non-scientifique. Trois ans plus tard, elle faisait machine arrière et admettait l’évidence.

- Manger au moins 5 fruits et légumes

Même si les bienfaits des fruits et légumes sont certainement surestimés, en particulier pour prévenir les cancers, ils aident à stabiliser le poids, à prévenir les maladies cardiovasculaires et dégénératives, à commencer par l’ostéoporose et surtout, plus il y en a dans l’alimentation, moins il y a de place pour des aliments plus discutés pour leurs effets sur la santé (céréales).

 

Ce qu’il y a de bizarre dans le PNNS

 

- Augmenter les pommes de terre et les céréales

La plupart des pommes de terre et des céréales vendues en France ont un index glycémique élevé, qui est associé à un risque de surpoids et d’obésité. Le fait que le PNNS mette l’accent sur les céréales complètes et le pain bis ne change pas grand-chose à l’affaire. Certes cette recommandation si on la suit a pour effet positif d’augmenter la teneur en fibres et minéraux. Mais l’index glycémique du blé, qu’il soit complet ou raffiné ne varie pas beaucoup, comme nous l’écrivons dans Le Nouveau Régime IG (EXTRAIT ICI >>).

Enfin, les céréales contribuent de manière très importante à l’acidose chronique qui caractérise le régime alimentaire occidental. Tout ce qui contribue à hypertrophier la place des céréales dans nos assiettes contribue à cette acidose, qui est un facteur de risque de l’ostéoporose.

- Limiter les matières grasses

Cette initiative part d’une bonne intention : les matières grasses étant plus caloriques (9 calories par gramme) que les glucides (4 calories par gramme), en limitant les premières, on s’imagine qu’on combattra le surpoids et l’obésité. Malheureusement, ça ne marche pas (lire encadré). LaNutrition considère qu’il est préférable de mettre l’accent sur la qualité des graisses, plutôt que sur leur quantité. A cet égard, le PNNS ne fait pas clairement la distinction entre matières grasses de bonnes et moins bonnes qualités, sous le prétexte qu’il ne faut pas « diaboliser » des aliments.

 

Réduire les graisses ne fait pas maigrir

LaNutrition a examiné toutes les études de plus d’un an au cours desquelles on a donné à des personnes en surpoids un régime pauvre en matières grasses. Résultat : pas de perte de poids à long terme. Par ailleurs, les pays qui ont réduit leur apport en matières grasses pour les remplacer par des glucides (céréales raffinées notamment) ont connu une augmentation de l’obésité. Ceci probablement parce que les glucides raffinés ont des effets marqués sur l’insuline et… le stockage des graisses. Plusieurs organismes se sont d’ailleurs déjà prononcés sur le sujet de la réduction des graisses et du poids. Une conférence de consensus des Instituts nationaux de la santé en 1993 a admis qu’en diminuant les graisses on obtient « 10% de perte de poids maximum, presque totalement repris après 2 à 5 ans. » [1] Cinq ans plus tard, une autre commission des NIH sur l’obésité indiquait que « la seule diminution des graisses sans réduction des calories ne permet pas de faire maigrir les individus en surpoids. Le remplacement des graisses par des glucides est inefficace. »[2] Enfin, une commission de la Fondation nationale de cardiologie australienne, au terme d’une analyse exhaustive de la littérature scientifique a conclu que « il existe des preuves modérées que les graisses alimentaires ne sont pas un facteur indépendant du développement du surpoids et de l’obésité. »[3]

 

Ce qu’il y a de "moche" dans le PNNS:

 

- Consommer 3 produits laitiers par jour

Encore une fois, l’intention est bonne (prévenir l’ostéoporose), mais comme pour les graisses, simpliste. Le raisonnement est le suivant : « il y a du calcium dans les os, donc en mangeant de grandes quantités d’aliments contenant du calcium, on aura des os solides. » Malheureusement, ce raisonnement n’est pas vérifié dans la vie réelle. Deux méta-analyses conduites par des chercheurs indépendants de l’industrie laitière ont conclu que les laitages ne rendent pas les os plus solides. En 2000, les Dr Roland Weinsier et Carlos Krumdiek, de l’université de l’Alabama à Birmingham ont réalisé une méta-analyse à partir de 139 études ; elle a été publiée dans l’American Journal of Clinical Nutrition. « Même en ne retenant que les études qui trouvent que les laitages améliorent la santé de l’os, disent-ils, on a du mal à voir l’intérêt pour la population parce que le bénéfice sur la densité osseuse y est extrêmement faible. » [4]

En 2005 Amy Joy Lanou, Susan Berkow et Neal Barnard qui appartiennent à une association de médecins américains, le Physicians Committee for Responsible Medicine (Washington, DC) ont publié dans le journal de référence Pediatrics une méta-analyse sur le calcium et les produits laitiers en s’intéressant exclusivement aux os des enfants, des adolescents et des jeunes adultes, c’est-à-dire à la période qui va de 1 à 25 ans. Pour ce travail, ils ont recensé 58 études, mais surtout accordé de l’importance à celles qui étaient correctement conduites. Les auteurs concluent ainsi : « Nous n’avons trouvé aucune preuve pour soutenir l’idée que le lait est la meilleure source de calcium. (…) A l’heure actuelle, les recommandations nutritionnelles qui visent à augmenter la consommation de lait et d’autres laitages pour favoriser la minéralisation des os des enfants et des adolescents ne reposent pas sur des preuves scientifiques. » [5]

Si les 3 laitages par jour ne servent à rien, il faut se demander si à ce niveau de consommation ils sont totalement sûrs. Or de nombreuses études les soupçonnent lorsqu'ils sont consommés en excès de favoriser des maladies auto-immunes et peut-être cancers et maladies cardiovasculaires. Sans renoncer aux laitages, qui ont leur place dans l'alimentation, il faut se poser la question du niveau de leur consommation. Voir à ce sujet le livre complet écrit par Thierry Souccar.

 

Consultez aussi la pyramide alimentaire de LaNutrition.fr

 

[1] NIH Consensus Statement. Ann Int Med 1993, 119:764

[2] NIH Clinical Guidelines on Obesity. Obes Res 1998;6(Suppl 2):51S-209S

[3] Nutrition and Metabolism Advisory Committee : A review of the relationship between dietary fat and overweight/obesity. NHF, février 2003.

[4]. R.L. Weinsier, « Dairy foods and bone health: examination of the evidence », American Journal of Clinical Nutrition, 2000 ; 72:681-689.

[5] Lanou AJ, Berkow SE, Barnard ND. Calcium, dairy products, and bone health in children and young adults: a reevaluation of the evidence. Pediatrics. 2005 Mar;115(3):736-43.

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