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Ces compléments alimentaires sont-ils vraiment efficaces pour améliorer les performances sportives ? Nous faisons le point avec Sylvain Druguet et Vincent Foulonneau, auteurs du Guide des compléments pour le sport (spécial endurance).
Longtemps réservée aux salles de musculation, la créatine est une petite molécule que l’organisme est capable de fabriquer à partir de trois acides aminés (arginine, méthionine, glycine). Elle est aussi présente dans l’alimentation, surtout dans la viande et le poisson. Les produits à base de créatine se présentent le plus souvent sous forme de poudre ou de gélules.
Une fois produite ou ingérée, la créatine est captée à 95 % par les muscles squelettiques, où elle sert de réservoir d’énergie immédiatement mobilisable. Sous forme de phosphocréatine, elle permet de régénérer très vite l’ATP, le carburant que les cellules musculaires consomment pour se contracter, notamment lors des efforts brefs et intenses.
D’après une méta-analyse de 2025, la créatine améliore les performances lors d'efforts intenses et répétés (sprints, fractionné, accélérations, montées courtes) mais n’apporte pas de bénéfice démontré sur un effort long et continu.
La créatine est surtout intéressante pour renforcer la musculature, un atout pour de nombreux sports. « Sur ce volet, les données sont les plus robustes : la créatine est, selon l’ISSN (International Society of Sports Nutrition), le complément le plus efficace pour la prise de force et de masse musculaire. Après saturation des réserves musculaires, des gains de force de 10 à 20 % ont été observés », notent les deux auteurs.
La créatine est aussi un plus pour la récupération après un effort. Elle limite les dommages musculaires liés aux contractions répétées et réduit les marqueurs de l’inflammation après une longue course.
3 à 5 g par jour

La caféine, présente dans le café mais aussi le thé (en moindres quantités) et le maté, est une molécule qui aide à maintenir l’état d'éveil et de vigilance. Au-delà de son effet sur le cerveau, la caféine stimule le système cardiovasculaire et le métabolisme. C’est aussi une substance ergogène très utilisée par les sportifs car elle est capable d’améliorer les capacités d’endurance et de réduire les douleurs musculaires.
Une petite étude sur 15 hommes montre que l’ingestion de caféine 30 minutes avant d’effectuer un exercice de pédalage augmente l’oxydation maximale des graisses pendant l’exercice, ainsi que la VO2 max.
« Les résultats varient selon les études, mais de nombreuses méta-analyses et revues de littérature confirment un effet ergogénique, c’est-à-dire une capacité à améliorer la performance physique, expliquent Sylvain Druguet et Vincent Foulonneau. En moyenne, les performances semblent s’améliorer d’environ 2 à 4 %. Les réponses individuelles peuvent toutefois être très variables : certaines études rapportent des améliorations supérieures à 15 % lors de tests sur vélo, des valeurs probablement peu réalistes chez des athlètes de haut niveau. »
Généralement entre 3 et 6 mg/kg, prises environ 30 à 60 minutes avant l’effort.
Tout comme la caféine, la taurine est souvent associée aux boissons énergétiques. Pourtant, ce n’est pas un stimulant, elle a même plutôt l’effet inverse car c’est un agent antistress.
La taurine est synthétisée à partir de la méthionine et de la cystéine, deux acides aminés, mais elle peut aussi être apportée par l’alimentation et les suppléments. La taurine se trouve surtout dans les aliments d’origine animale, en particulier les fruits de mer.
Parce qu’elle n’entre pas dans la composition des protéines, elle est parfois qualifiée d’acide aminé « non essentiel ». La taurine est un composant de la bile, qui permet d’absorber les graisses et les vitamines liposolubles. Elle aide aussi à contrôler les battements cardiaques et à maintenir la stabilité des membranes cellulaires. Elle peut baisser la pression sanguine.
Dans le sport, les résultats des études sur la taurine sont hétérogènes. La taurine module le métabolisme énergétique et lipidique en régulant des protéines impliquées dans la thermogenèse et l’oxydation des lipides. La supplémentation en taurine a un effet marqué sur l’augmentation de la lipolyse chez les athlètes.
L’un des effets les mieux documentés concerne la sudation : la taurine semble intéressante pour favoriser la transpiration lorsque l’effort est réalisé dans des ambiances chaudes. Mais en dehors de ce contexte, les résultats sont variables concernant les performances. « Elle peut être testée en cas de crampes fréquentes, de fatigue importante ou d’apports alimentaires très faibles », suggèrent les auteurs.
1 à 6 g à prendre 1 à 2 heures avant l’effort.
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