Du plomb dans des protéines en poudre

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Une enquête américaine révèle la présence de plomb et d’autres métaux lourds dans des poudres de protéines du commerce. Faut-il s’en inquiéter ?

Le plomb est un métal toxique pour le cerveau. Présent dans de vieilles canalisations d’eau ou dans des peintures, il peut provoquer le saturnisme et d’autres troubles cognitifs. Il est particulièrement dangereux pour les jeunes enfants, dont l’organisme absorbe entre 40 et 55 % du plomb ingéré, contre 5 à 10 % chez l’adulte. 

Une enquête réalisée aux États-Unis révèle que des poudres de protéines pourraient elles aussi être contaminées au plomb. Or les ventes de ces poudres ont explosé ces dernières années et de plus en plus de consommateurs les utilisent au quotidien.

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Des métaux lourds détectés dans des poudres de protéines

Cette étude publiée en octobre 2025 a été réalisée par Consumer Reports, une association de consommateurs américains qui publie un magazine. Elle a évalué 23 produits protéinés en poudre et prêts à boire. Elle conclut que certains contiennent des niveaux dangereusement élevés de plomb, ainsi que d'autres métaux lourds tels que le cadmium et l'arsenic.

Parmi les 23 produits testés, 16 dépassaient 0,5 µg de plomb, la teneur jugée sans danger par l'organisation. Et 4 produits dépassaient 2,2 µg, soit la limite fixée par la FDA pour la quantité totale de plomb que les enfants peuvent consommer quotidiennement.

Par exemple, parmi les produits à éviter il y avait les poudres chocolatées Huel Black Edition et celles à la vanille de Naked Nutrition (Vegan Mass Gainer), toutes deux véganes. Le produit jugé le plus sûr était 100% Mass Gainer de MuscleTech à la vanille, qui contient des protéines de lactosérum. Parmi les poudres les plus sûres se trouvaient aussi : Proteine whey gold standard d’optimum Nutrition, Pro Elite High Protein shake d’Owyn…

Cependant, tous les produits signalés par Consumer Reports avaient des teneurs en plomb inférieures aux niveaux d'exposition quotidiens maximaux fixés par la FDA. C’est pourquoi, dans un article paru sur le site The Conversation, Michael White, pharmacologue à l’université du Connecticut, relativise le risque. « Toutefois, convient-il, quelle que soit la limite de sécurité, l'étude montre que certains produits contiennent une dose préoccupante de métaux lourds par portion. »

Certains produits contiennent une dose préoccupante de métaux lourds par portion

Le plomb et d'autres métaux lourds sont naturellement présents dans le sol et l'eau. « Il est donc impossible d'atteindre un niveau d'exposition nul », explique Michael White. Dans son étude, Consumer Reports a considéré que toute quantité supérieure à 0,5 µg de plomb par jour provenant d'une seule source dépasse les niveaux maximaux recommandés. Ce seuil est plus sévère que la norme de sécurité relative à l'exposition au plomb utilisée par la FDA pour les médicaments et les compléments alimentaires. « Cette différence s'explique par les objectifs ambitieux de Consumer Reports en matière d'exposition très faible, par opposition aux exigences plus réalistes mais réalisables de la FDA. » Selon la FDA, la limite de plomb qu'une personne devrait consommer à partir d'un seul complément alimentaire est de 5 µg par jour. 

Les protéines végétales plus exposées que les sources animales

L'enquête de Consumer Reports a également révélé que la source de protéines était déterminante : les produits protéiques d'origine végétale contenaient neuf fois plus de plomb que les protéines laitières comme le lactosérum, et deux fois plus que les protéines à base de bœuf.

Le plomb et d'autres métaux lourds sont présents en grande quantité dans les roches volcaniques. Lors de l’érosion, les métaux lourds contaminent le sol et l'eau et certaines plantes cultivées sont particulièrement efficaces pour extraire les métaux lourds et les stocker dans les tissus que les consommateurs mangent. Par exemple, des niveaux élevés de métaux lourds ont été détectés dans des légumes-racines comme les carottes et les patates douces, mais aussi dans du riz (arsenic).

« Les combustibles fossiles, qui proviennent des profondeurs de la Terre, rejettent également des métaux lourds dans l'air lorsqu'ils sont brûlés. Ces substances se déposent ensuite dans le sol et l'eau. Enfin, certains engrais, herbicides et pesticides contiennent également des métaux lourds qui peuvent contaminer davantage le sol et l'eau locale », ajoute Michael White. 

Comment choisir ses poudres de protéines

Pour limiter le risque d’exposition au plomb, il est donc conseillé de préférer des produits protéinés d'origine laitière ou animale, car ils semblent moins contaminés que les produits végétaux. Il vaut mieux aussi éviter les fortes doses et les prises à long terme. « Le dépassement occasionnel des doses quotidiennes recommandées de métaux lourds n'est pas susceptible d'entraîner de graves problèmes de santé. Une exposition répétée et importante aux métaux lourds peut toutefois être nocive, » conseille le pharmacologue.

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