Le Mythe de l’ostéoporose : Introduction du nouveau livre de Thierry Souccar

Par Lanutrition.fr Publié le 04/04/2013 Mis à jour le 10/03/2017
Après Lait, mensonges et propagande, Thierry Souccar publie Le Mythe de l'ostéoporose, une enquête sur un marché de plusieurs milliards de dollars, dont voici en avant-première l'introduction.

Voici l’histoire d’une mystification. Comment un simple facteur de risque – le vieillissement des os – a été érigé en « maladie mortelle » pour le bénéfice des laboratoires et de l’industrie laitière. C’est ainsi qu’on en est venu à prescrire à des millions de femmes des densitométries osseuses, des comprimés de calcium, des médicaments, et des laitages à chaque repas.  Que valent ces mesures ? Thierry Souccar a longuement enquêté, et le verdict a de quoi choquer.

Le Mythe de l'ostéoporose

Ce livre est dédié à toutes les femmes qui souffrent et ont souffert inutilement

de maladies créées de toute pièce

du dépistage qui ne dépiste rien

et des traitements qui ne traitent rien.


Si vous interrogez une femme d’âge mûr, un médecin ou un journaliste, il y a des chances qu’ils vous disent que l’ostéoporose est une maladie, qu’elle est responsable de la majorité des fractures de l’âge avancé, qu’un dépistage par ostéodensitométrie permet d’identifier les personnes à risque, et qu’on peut éviter les fractures avec des laitages et un régime riche en calcium, voire en prenant des médicaments.

Cette vision, qui nous est pourtant familière, est fausse, comme vous allez le découvrir en lisant ce livre.

Elle a été mise dans la tête de dizaines de millions de personnes par une coalition de médecins, de laboratoires pharmaceutiques, d’industriels de l’agro-alimentaire et de fabricants de machines à rayons X. Ayant écrit cela, je tiens aussitôt à rassurer celles et ceux qui n’accordent aucune crédibilité aux « théories du complot ». Pour créer le marché de l’ostéoporose, il n’y a pas eu de complot. Simplement une conjonction d’intérêts : par cupidité ou par aveuglement, des médecins et chercheurs compétents ont servi les intérêts de sociétés multinationales dont le principal objectif était de vendre au prix fort des traitements médiocres (et risqués) à des baby-boomers vieillissants.

Je tiens cela du simple énoncé des faits. Je n’ai pas abordé ce livre avec une idée préconçue, hormis celle que les laitages à dose élevée (les fameux « 3 à 4 laitages par jour ») n’ont aucune utilité, comme je l’ai amplement démontré dans Lait, mensonges et propagande. Je n’avais qu’une idée très embryonnaire de l’efficacité des traitements et elle était plutôt positive au moment où j’ai abordé mon enquête. C’est la collecte patiente des données nécessaires à l’écriture de ce livre qui m’a fait ouvrir les yeux sur une réalité que je ne soupçonnais pas.

Pour écrire ce livre, j’ai rencontré des chercheurs et consulté plusieurs centaines de documents et d’études scientifiques. Sachez-le : il est assez facile de faire valoir un argument auprès du grand public (ou même des médecins !) en sélectionnant quelques études favorables. C’est une technique très pratiquée par les leaders d’opinion qui travaillent avec l’industrie pharmaceutique et l’industrie laitière. Pour échapper à cette critique, j’ai cité chaque fois que c’était possible (et comme je l’ai déjà fait dans Lait, mensonges et propagande), des revues d’études ou des méta-analyses de chercheurs indépendants, de préférence à des études isolées. Ces reviews et ces méta-analyses utilisent les résultats combinés d’études disponibles pour dégager une tendance. Ce n’est pas une garantie de vérité absolue, mais c’est mieux que quelques études sorties du chapeau.

Que m’ont appris ces documents et ces études ?

Que l’ostéoporose mesurée par la densité osseuse est une création de l’industrie pharmaceutique.

Que l’ostéoporose n’est en réalité qu’un facteur de risque de fracture, et pas forcément le plus important – voilà la grande nouveauté.

Qu’on peut éviter une fracture sans suivre aucun des traitements ni des régimes alimentaires qui sont préconisés par les autorités sanitaires et les médecins liés à des intérêts privés.

Que la densité osseuse exprimée par le T-score n’a guère d’utilité pour une patiente, en dehors de quelques cas très limités.

Ces convictions se sont renforcées avec l’écriture de ce livre. Je montre comment nous avons été conditionnés à croire que ce marqueur intermédiaire qu’est la densité osseuse serait l’alpha et l’oméga de la lutte contre les fractures. Que les aliments et les traitements qui l’augmentaient étaient forcément protecteurs. Cet aveuglement est la source de souffrances inutiles aujourd’hui, comme il l’a été dans le passé. Mais nous avons effacé ce passé de notre mémoire, et nous répétons les mêmes erreurs dans l’intérêt des mêmes opérateurs économiques, en écoutant les mêmes médecins.

Qui se souvient du fluor ? Le fluorure de sodium que l’on jetait par seau dans l’eau de boisson en Amérique du Nord pour prévenir les caries, avait tout pour être un grand ami de l’os. Plus on avalait de fluor, plus la densité minérale osseuse grimpait ! Du coup, il est devenu l’un des piliers du traitement de l’ostéoporose et un exemple avant l’heure de la brutalité faite au corps des femmes. Le fluor entraînait la formation de nouveau tissu osseux, ce qui était salué comme un événement positif et bénéfique par les experts, même si le nouveau tissu formé était différent de l’os normal. Pis : prescrit à dose élevé, le fluor pouvait induire une ostéomalacie, une maladie au cours de laquelle les os se déforment. Et il y avait plus inquiétant encore : près de la moitié des personnes traitées souffraient d’effets secondaires qui allaient de l’anémie à des douleurs des membres inférieurs dues à de multiples microfractures !

Pourtant, ces inconvénients ont été dissimulés aux centaines de milliers de femmes qui ont avalé pendant des années du fluorure de sodium ou du monofluorophosphate de sodium associé à du carbonate de calcium que leur prescrivait leur médecin. Ou alors les effets secondaires ont été minimisés. Les femmes traitées n’ont jamais vu les bénéfices de ce fluor sur leurs os. Au contraire, on s’est aperçu que s’il rend les os plus denses, le fluor les rend aussi plus friables et qu’il augmente même les fractures du col du fémur. La dernière spécialité, le Fluocalcic, a été arrêtée par son fabricant en septembre 2001.

Nous avons donc oublié les ravages du fluor et l’impasse dans laquelle nous a mené le mirage de la densité osseuse. Pourtant, ceux-là même qui vantaient les bienfaits du fluor dans les années 1980, se retrouvent à la promotion des bisphosphonates dans les années 1990 et 2000, puis à celle du ranélate de strontium, le Protelos de Servier. Sans parler, bien sûr, des laitages. Aucun de ces traitements n’a changé en bien la vie des patientes, à l’exception d’une infime minorité d’entre elles. Et, comme vous allez le lire, ils l’ont souvent changée en mal.

Ce livre est l’histoire édifiante, parfois stupéfiante, souvent choquante, d’une chimère qui a fait la fortune des laboratoires pharmaceutiques, des multinationales laitières, des vendeurs de comprimés de calcium – et des médecins qui travaillent pour eux (et continuent de le faire).

Pour conclure sur une note d’espoir, j’ai fait suivre cette enquête d’un ensemble de mesures simples, sans risque, sans médicament, sans laitages, et pour un coût proche de zéro, qui pourront vous éviter une fracture et ses éventuelles conséquences sur votre santé. (...)

Extrait du Le Mythe de l'ostéoporose, de Thierry Souccar. Préface du Pr Claude Béraud, avril 2013.

A lire : Pr Claude Béraud "La fin des illusions médicales ?"

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