Pourquoi manger moins et bouger plus font vivre plus longtemps

Par Julien Hernandez Publié le 20/11/2018 Mis à jour le 21/11/2018
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En boostant des mécanismes cellulaires cruciaux tels que l’autophagie, la restriction calorique et l’exercice nous permettraient de vivre plus longtemps en bonne santé.

Pourquoi c’est important 

Les premiers travaux (chez la souris) relatifs à la restriction calorique et à la longévité datent de 1976 (1). Ils se sont ensuite multipliés et toutes sortes de corrélations sont apparues entre restriction calorique, exercice et longévité. Un peu avant cela, Christian de Duve, prix Nobel de physiologie en 1974 a découvert un mécanisme cellulaire qu’il a nommé l’autophagie (littéralement "se manger soi-même", une forme de recyclage de ses déchets par la cellule) qui est intimement lié au vieillissement. En bref, l’autophagie contribue à maintenir nos cellules en bonne santé.

Lire aussi : Les secrets de l’autophagie, ou comment nos cellules se débarrassent de leurs déchets

Par la suite, plusieurs expériences ont mis en évidence des liens étroits entre restriction calorique, exercice et autophagie. Il semble qu’on puisse parler désormais, 42 ans après le début de la recherche sur la question, de mécanisme causal. Une récente revue fait le point sur les preuves expérimentales existantes entre autophagie, vieillissement, restriction calorique et exercice.

Ce que dit la science  

Une équipe de chercheurs a rassemblé une quantité impressionnante de données scientifiques afin d'expliquer l'impact de la restriction calorique et de l’exercice sur nos cellules.

Restriction calorique et autophagie 

La restriction calorique favorise l’autophagie en facilitant l’expression de certaines protéines (AMPK, une enzyme intervenant dans le métabolisme énergétique et SIRT1, un gène supresseur de tumeur notamment) et en inhibant un complexe protéique bien précis (TORC1 qui intervient dans le métabolisme énergétique et empêche l'autophagie). En réalité, on pense maintenant que c'est grâce à son action sur l'insuline que la restriction calorique permettrait de vivre plus longtemps.

Lire aussi : L’insuline, clé du vieillissement (abonnés)

Si chez Caenorhabditis elegans (un petit ver d’un millimètre), ces mécanismes permettent d’augmenter de 2 à 3 fois son espérance de vie, les effets sont plus modestes chez l’homme. Les scientifiques notent une apparition nettement plus tardive des maladies et une réduction importante du risque de maladies chroniques. 

Lire aussi : L’autophagie contre les maladies chroniques

Exercice, protéome et autophagie 

L'activité physique maitiendrait le bon fonctionnement du protéome humain (l'ensemble des protéines exprimées par une cellule) et augmenterait l'intensité autophagique des cellules.  En d'autres termes, elle permet de "booster" l'autophagie, c'est-à-dire d'augmenter considérablement (2) : 

  • La formation de phagophores (organites nécéssaires à l'autophagie).
  • La réplétion des autophagosomes (des précurseurs de l'autophagie).
  • la fusion des autophagosomes avec les lysosomes (des organites contenant des enzymes de dégradation cellulaire).
  • La formation d'autolysosome (des poubelles cellulaires qui se chargent de dégrader les déchets).

L'effort physique accroîtrait l'autophagie (chez la souris) au niveau du foie, du cerveau, du pancréas et des adipocytes (les cellules graisseuses). Chez l'homme, les données disponibles renseignent sur une action évidente au niveau des muscles squelettiques et sur les cellules circulantes dans le sang périphérique.

Lire aussi : Comment l'exercice nous empêche de vieillir

En pratique 

Pour aider vos cellules à "se réparer" via l'autophagie,  vous devez réduire vos niveaux d’insuline. La restriction calorique, le jeûne intermittent et le régime cétogène sont tous indiqués pour atteindre cet objectif. Vous devez aussi veiller à avoir un apport en protéines modéré. 

Concernant l’activité physique, s'entraîner régulièrement en endurance avec une intensité modérée suffit pour constater une augmentation de l'activité autophagique. Une intensité d'effort très élevée aurait en revanche un effet neutre sur celle-ci.

Lire aussi : Comment activer l’autophagie des cellules ? et Les mimétiques de la restriction calorique

Références : 

(1) Fernandes, G et al. “Influence of diet on survival of mice” Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America vol. 73,4 (1976): 1279-83.

(2) Klionsky, Daniel J et al. “Autophagosomes, phagosomes, autolysosomes, phagolysosomes, autophagolysosomes... wait, I'm confused” Autophagy vol. 10,4 (2014): 549-51.

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