60 % du chiffre d'affaires de Nestlé généré par la malbouffe

Par Elvire Nérin - Journaliste scientifique et auteure Publié le 08/06/2021 Mis à jour le 08/06/2021
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En début de semaine, le groupe Nestlé a laissé fuiter un document interne destiné aux cadres dirigeant de l'entreprise. Nous avons lu entre les lignes.

Nestlé : un géant de la malbouffe

Alors que l'entreprise déploie une énergie considérable pour redorer son image, un document révélé le 31 mai par le Financial Times vient ternir quelque peu le tableau. Nestlé admet ainsi dans une note interne que plus de 60% de ses produits alimentaires et boissons grand public ne répondent pas à une « définition reconnue de la santé » et que certains de ces produits ne seront jamais « sains » quelles que soient les reformulations effectuées. 

Ainsi, seuls 37 % du chiffre d'affaires de Nestlé seraient issus de produits nutritionnellement corrects (ni trop gras, ni trop sucrés, ni trop salés).

Que les KitKats, les nouilles Maggi, le Nesquick…  ne soient pas des aliments sains n’est pas nouveau. Pas de scoop ici. Ce qui est intéressant, ce sont les éléments de langage utilisés. 

Par « définition reconnue de la santé », Nestlé fait référence au Health Star Rating System, l’équivalent australien du Nutri-Score français. Ces deux scores ne prennent pourtant en compte que les valeurs nutritionnelles des produits, pas leur degré de transformation.
Or, on sait aujourd'hui que la qualité nutritionnelle d’un aliment n'est pas seulement liée à sa teneur en nutriments. Le degré de transformation (et donc la préservation des matrices alimentaires) jouent un rôle primordial. 

Lire : Le Bon Choix au supermarché : le guide qui fait le tri entre les aliments selon leur degré de transformation

Quitte à reconnaître qu’il vend des produits de mauvaise qualité, Nestlé préfère prendre pour référence les scores nutritionnels australien (et français) pour juger de la qualité nutritionnelle d’un aliment. Et non le niveau de transformation des aliments. 
Cela revient à reléguer la classification Nova qui évalue les aliments selon leur degré de transformation, dans la catégorie des « définitions non reconnues de la santé ».

En effet, le Health Star Rating System et le Nutri-Score sont beaucoup moins gênants que Nova. Il est bien plus facile et rentable pour un géant de l’agro-alimentaire d’améliorer son Nutri-Score en simplement diminuant le sel, le gras, le sucre que de fabriquer des produits peu ou moyennement transformés (NOVA 1 et 3). Dans ce dernier cas, le produit doit être complètement reformulé. 

Par exemple, Nestlé a amélioré le Nutri-Score de Chocapic, sans diminuer son degré de transformation, une story montée en épingle par le marketing de l’entreprise.

Pour aller plus loin, lire : « Chocapic » : un aliment ultra-transformé recommandé par le Nutriscore

Dernier exemple en date, le nouveau lait végétal formulé par les ingénieurs de Nestlé. La composition de cet « aliment » a été soigneusement revisitée pour atteindre un Nutri-Score A : beaucoup de protéines, des fibres, peu de sucre, peu de graisses. Mais le produit ne contient que des ingrédients issus du craking des matières premières.

Pour aller plus loin, lire : Nestlé invente le parfait faux aliment

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