Les édulcorants artificiels perturberaient la flore intestinale et la tolérance au glucose

Par Lanutrition.fr Publié le 18/09/2014 Mis à jour le 08/10/2018
Actualité

L’aspartame, le sucralose et la saccharine, de « faux » sucres utilisés dans de nombreux aliments ou boissons interfèrent avec le microbiote intestinal, augmentant ainsi le risque d’intolérance au glucose et de maladie métabolique.

 

Pourquoi c’est important

Les édulcorants de synthèse (aspartame, acésulfame K, saccharine, sucralose…) sont des sucres artificiels qui ont un fort pouvoir sucrant sans apporter de calories. Ils sont omniprésents dans les produits dit "lights", aliments ou boissons. Ces édulcorants artificiels divisent les scientifiques : si certains estiment qu’ils n’ont rien à faire dans notre alimentation, d’autres pensent qu’aux doses recommandées, ils ne constituent pas de danger. Ce que l’on sait déjà c’est que la consommation régulière d’édulcorants augmente le risque de résistance à l’insuline et pourrait donc favoriser le diabète de type 2. Une grande étude menée sur plus de 60 000 femmes a montré que la consommation de boissons sucrées light était associée à un risque de diabète multiplié par deux.

Edulcorants et microbiote

En étudiant l'impact des édulcorants artificiels sur des souris de laboratoire et sur des volontaires, des chercheurs israéliens rapportent dans Nature que ces faux sucres perturbent la composition de la flore intestinale, ainsi que la capacité à utiliser le glucose. «Les édulcorants artificiels ont été introduits massivement dans notre alimentation avec l'idée de réduire les apports caloriques et de normaliser les niveaux de glucose sanguin sans remettre en cause notre appétence pour le sucré» écrivent les chercheurs. «Mais nos travaux suggèrent qu’ils pourraient avoir directement contribué à renforcer l'épidémie qu'ils étaient censés combattre».

Trois édulcorants très répandus - aspartame, sucralose et saccharine – ont été ajoutés à de l'eau ingérée par les souris, aux doses journalières admissibles fixées par les autorités de santé américaines ajustées au poids des animaux. Les souris ont développé une intolérance au glucose contrairement à celles qui n'avaient ingéré que de l'eau ou de l'eau sucrée. L'expérience a été répétée sur d'autres souris à des doses variables d'édulcorants, avec le même résultat. L'intolérance au glucose survient lorsque l'organisme réagit moins aux effets de l'insuline pour contrôler le taux de sucre dans le sang. Elle précède le diabète.

Lire : Le sucralose, l'édulcorant qui diminue la sensibilité à l'insuline

Comme ils pensaient que ces troubles pouvaient être liés à la flore intestinale, les chercheurs ont transplanté des excréments provenant de souris nourries avec des édulcorants sur des souris débarrassées de leurs propres bactéries grâce à un traitement antibiotique. Ces souris ont présenté à leur tour une intolérance au glucose.

Et chez l'homme ?

A partir de questionnaires alimentaires, les chercheurs ont déterminé chez 380 personnes que celles qui consommaient le plus d’édulcorants avaient une glycémie à jeûn et une intolérance au glucose plus importantes. Et ce, indépendamment de leur poids. Ils ont aussi testé leur hypothèse sur 7 volontaires qui n'avaient pas l'habitude de consommer des édulcorants. Après avoir pendant 7 jours reçu les doses journalières admissibles, quatre d'entre elles ont présenté des taux élevés de glucose ainsi que des modifications de la flore intestinale.

Selon le Dr Eran Elinav de l'Institut Weizmann en Israël, à l'origine de l'étude, certaines bactéries pourraient interagir avec les composés chimiques des édulcorants - qui ne sont pas absorbés par l'intestin - en favorisant des réactions inflammatoires à l’origine de troubles métaboliques tels que l'intolérance au glucose ou le diabète.

D'autres preuves de la toxicité des édulcorants sur le microbiote

Une étude parue en septembre 2018 dans la revue Molecules a confirmé la toxicité de six édulcorants pour les bactéries du microbiote intestinal : l’aspartame (E951), le sucralose (E955), la saccharine (E954), le néotame (E961), l’advantame (E969), et l’acésulfame K (E950). Ces six molécules sont autorisées par les autorités de santé américaines et européennes.

Les chercheurs des universités Ben Gourion du Neguev en Israël et de Nanyang à Singapour ont modifié des bactéries Escherichia coli bioluminescentes pour qu’elles fassent de la lumière en présence de molécules toxiques. Ils ont ainsi montré que les édulcorants étaient toxiques dans ce modèle de bactéries, ce qui suggère qu’ils le sont aussi sur les bactéries de la flore intestinale, dont fait partie Escherichia coli. L’édulcorant qui paraissait le plus toxique pour les bactéries était la saccharine (E954).

Pour Ariel Kushmaro, un des auteurs de cette recherche, « ceci est une autre preuve que la consommation d'édulcorants artificiels affecte négativement l'activité microbienne intestinale, qui peut causer un large éventail de problèmes de santé. » En effet, un déséquilibre du microbiote intestinal est associé au diabète et à l’obésité.

En pratique 

Remplacer les « vrais » sucres par des édulcorants de synthèse serait certainement une erreur. D’abord les produits lights ne vous aideront pas à maigrir et ils ne vous permettront pas non plus de contrôler votre glycémie. Pire ils pourraient conduire à l’effet inverse : ils pourraient à terme vous faire grossir et déclencher un diabète de type 2.

LaNutrition.fr conseille d’éviter à la dois les produits sucrés et les produits light. Si vous souhaitez « sucrer » vos aliments, tournez-vous plutôt vers du miel ou de l’extrait de stévia, un édulcorant naturel. Mais toujours avec parcimonie.

A lire : Sugarland et Sucre, l'amère vérité

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