Le sucralose, l'édulcorant qui diminue la sensibilité à l'insuline

Par Juliette Pouyat Publié le 19/09/2018 Mis à jour le 20/09/2018
Actualité

Le sucralose, en altérant le métabolisme du glucose, pourrait favoriser la résistance à l'insuline. Dans son Nouveau Guide des Additifs, LaNutrition déconseille le sucralose en cas de diabète.

Pourquoi c’est important

Le sucralose est un édulcorant de synthèse largement utilisé en raison de son pouvoir sucrant très élevé (environ 400 à 650 fois plus élevé que le saccharose). Autorisé comme additif par les autorités sanitaires européennes en 2004, sous le sigle E 955, il est commercialisé sous les marques Canderel® et Splenda®. On le trouve dans une grande variété de produits ultra-transformés : desserts, boissons, céréales de petit déjeuner… pourtant le sucralose est biologiquement actif et pourrait avoir des effets négatifs sur la santé.

Par ailleurs les édulcorants sont souvent utilisés par des personnes en surpoids ou ayant un diabète. Or le sucralose est déjà déconseillé en cas d'intolérance au glucose et de diabète de type-2 par Le Nouveau Guide des Additifs du Dr Anne-Laure Denans et LaNutrition.fr

Une petite étude avait montré que la prise répétée de sucralose provoquait des productions anormalement élevées d'insuline. Or, une sécrétion d’insuline trop fréquente et/ou trop élevée peut conduire à une situation de résistance à cette hormone. La résistance à l'insuline est associée aux risques de surpoids, obésité, diabète, maladies cardiovasculaires et maladie du foie gras. Une nouvelle étude parue dans l’American Journal of Clinical Nutrition apporte de nouvelles preuves. 

L’étude

Dans cet essai clinique, les participants ont pris chaque jour pendant 14 jours, soit des sachets contenant du sucralose à une dose correspondant à 15% de la dose journalière admissible, soit des sachets d'une substance placebo (sans sucralose). Les participants avaient un indice de masse corporelle normal et n’étaient pas des consommateurs réguliers d’édulcorants.

En moyenne, les hommes ont consommé 157,7 mg/jour de sucralose et les femmes 123 mg/jour. Les résultats montrent que les participants qui ont pris du sucralose présentent une diminution significative de la sensibilité à l’insuline par rapport au début de l’étude (diminution de 17,7% contre 2,8% dans le groupe de contrôle).

Comment expliquer cet effet ? La consommation d’édulcorant de synthèse, en particulier du sucralose, provoque une dysbiose intestinale (c’est-à-dire un déséquilibre du microbiote intestinal) conduisant à son tour à des troubles métaboliques. Par ailleurs, les édulcorants artificiels n’activent pas les circuits de récompense de la même façon que le sucre. Il en résulte un phénomène de compensation aux repas suivants pouvant conduire à stocker des calories sous forme de graisses, puis à la résistance à l’insuline.

En pratique

Ces résultats rappellent d’autres travaux qui montrent que les sodas light pourraient favoriser l’apparition du diabète de type 2. Même si le lien de cause à effet n’a pas été démontré, LaNutrition.fr conseille d’éviter (ou limiter) les boissons sucrées et de ne pas les remplacer par des boissons édulcorées (light). Les produits light ne sont pas une bonne idée pour perdre du poids : ils devraient être limités. 

Par ailleurs, sachez que pour une même dose absorbée, le taux sanguin de sucralose est 2 fois plus élevé chez les enfants que chez les adultes.

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