Ne comptez pas sur les édulcorants pour mincir

Par Julien Hernandez Publié le 04/01/2019 Mis à jour le 04/01/2019
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Selon une méta-analyse récente, les édulcorants, malgré leur absence de calories, n'aideraient pas à perdre du poids et s'ils ont un effet sur la glycémie, ils n'en ont pas sur la sensibilité des cellules à l'insuline. 

Pourquoi c’est important 

Les édulcorants regroupent les molécules naturelles et de synthèse qui ne contiennent peu ou pas de calories, mais qui possèdent un fort pouvoir sucrant (souvent plus intense que celui du sucre de table). Certains d'entre eux, comme l'aspartame, ont été associés à des maladies comme le cancer, avec des niveaux de preuve hétérogènes. Mais qu'en est-il de ceux qui ne semblent sans danger ? Remplissent-ils les fonctions pour lesquelles ils sont utilisés ?  Une équipe de chercheurs européens a décidé de s'en assurer en conduisant une analyse rétrospective

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L’étude 

Les scientifiques ont rassemblé 56 études pour réaliser leur méta-analyse (35 d’observations et 21 essais contrôlés pas toujours randomisés). Et voici leurs conclusions :

  • Des résultats très mitigés sur le poids, l’indice de masse corporelle et la masse grasse. En effet, les chercheurs n'ont constaté aucun bénéfice des édulcorants comparé à du sucre ou à un placebo. Un léger bénéfice statistique est observé chez les personnes obèses. 
  • Concernant le diabète, si on observe bel et bien une diminution significative de la glycémie, on peut s’inquiéter de l’absence totale de bénéfice sur la sensibilité à l’insuline et sur le fonctionnement des cellules bêta (les cellules pancréatiques productrices d’insuline).
  • Les calories consommées sur une journée semblent être peu impactées par la prise d’édulcorants. Idem pour la sensation de faim. On observe des résultats parfois positifs, parfois neutres, parfois négatifs selon les études référentes. Même chose en ce qui concerne le comportement alimentaire lors d’états émotionnels particuliers.
  • Enfin, aucun bénéfice clinique significatif des édulcorants sur des maladies telles que le cancer (hormis pour le cancer ovarien et pancréatique), la pression artérielle, les maladies rénales, etc.

Ces résultats sont à considérer avec précaution compte tenu du caractère disparate des études utilisées. Les auteurs ajoutent que les prochaines expériences devront mesurer l’effet réel des édulcorants avec des protocoles rigoureux (randomisation, double aveugle, groupe contrôle) comparé à celui de la consommation de sucre et d'un placebo. Enfin, ils précisent que leurs résultats n’excluent en rien la possibilité d’une certaine nocivité des édulcorants. 

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En pratique 

Les édulcorants, qui confèrent goût sucré sans aucune calorie, ne semblent pas être la solution appropriée pour résoudre ses problèmes de poids, de sensibilité à l’insuline ou d'autres affections particulières.  Il semble préférable d’utiliser ces produits avec une grande prudence, de veiller à limiter leur consommation et de les déconseiller pour les populations à risque : femmes enceintes, enfants et personnes âgées. 

Pour découvrir les édulcorants peu ou pas risqués : Quels sont les édulcorants à éviter ? (abonnés)

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