Dans un essai clinique américain, trois régimes ont permis une perte similaire de poids. Mais celui qui a le plus réduit la graisse du foie était le régime cétogène. Il a aussi amélioré le contrôle de la glycémie. Explications.
Le secrétaire américain à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., affirme que le régime cétogène peut guérir la schizophrénie et la bipolarité. Qu'en est-il vraiment ?
Vendredi 6 février 2026, lors d'un événement au Capitole de l'État du Tennessee, Robert F. Kennedy Jr., secrétaire à la Santé des États-Unis, a affirmé que le régime cétogène pouvait guérir la schizophrénie et la bipolarité. « Nous savons désormais que ce que vous mangez est à l'origine des maladies mentales dans ce pays. » Il a notamment déclaré qu'un chercheur de Harvard avait « guéri la schizophrénie grâce à un régime cétogène », selon les termes rapportés par le journal The Independent.
Ces propos s’inscrivent dans la continuité de la présentation, en janvier dernier, des nouvelles recommandations nutritionnelles américaines qui valorisent les aliments bruts, les protéines et les bonnes graisses.
Après cette prise de position, plusieurs experts ont réagi pour modérer, voire réfuter ces affirmations. Ainsi, le psychiatre de Columbia, Mark Olfson, a déclaré : « Il n'existe actuellement aucune preuve crédible que les régimes cétogènes guérissent la schizophrénie. »
Dans le Scientific American, Jeff Volek, professeur à l'université d'État de l'Ohio, qui a mené des recherches sur le régime cétogène, a affirmé « En tant que scientifique, je n'utiliserais personnellement pas un terme aussi fort [que « guérir »] sans preuves plus définitives issues d'études scientifiques rigoureuses.» Même s'il dit ne connaître aucune étude clinique publiée démontrant que ce régime peut guérir la schizophrénie, il ajoute qu'il ne serait pas surpris si certaines personnes présentent une amélioration des symptômes pouvant être attribuée à ce régime.
Le régime cétogène (ou keto) est un régime très pauvre en glucides et riche en graisses. Concrètement, il limite l’apport en glucides à environ 20-50 g par jour (soit environ 5 % à 10 % des calories totales), tandis que les graisses représentent 70 à 80 % de l'apport calorique quotidien, et les protéines 20 à 25 %.
En réduisant drastiquement les glucides, le corps entre en cétose : il produit des molécules appelées corps cétoniques qui deviennent la principale source d'énergie pour le cerveau et les cellules, en remplacement du glucose.
Initialement développé pour traiter l’épilepsie, ce régime suscite aujourd’hui l’intérêt des chercheurs pour d’autres pathologies, notamment les maladies métaboliques et, plus récemment, les troubles psychiatriques.
Certes il n’y a pas de grand essai clinique randomisé contrôlé pour appuyer les propos de Kennedy, mais plusieurs études préliminaires (études pilotes, études de cas…) démontrent le potentiel thérapeutique du régime cétogène sur les maladies mentales. Nous vous en présentons ici trois parmi les plus récentes.
En corrigeant des troubles métaboliques, le régime cétogène pourrait améliorer la santé mentale des malades. Selon le Dr Albert Danan, psychiatre à Toulouse, qui a mené l’étude française (2), « le régime cétogène agit sur trois axes principaux : l’insulinorésistance - il rétablit la sensibilité à l’insuline -, il diminue l’inflammation, et il apporte une nouvelle source d’énergie, les corps cétoniques, qui constituent un carburant beaucoup plus performant pour les cellules du cerveau. » Tout cela contribuerait à réduire les symptômes psychiatriques.
Le régime cétogène agirait également sur plusieurs systèmes de neurotransmetteurs impliqués dans la dépression ou la schizophrénie. Il diminuerait aussi le stress oxydant, mis en cause dans le mauvais fonctionnement des mitochondries, les centrales énergétiques des cellules.
La Dre Georgia Ede, auteure du livre Nourrir son cerveau, soigner son mental, est du même avis : « Le régime cétogène peut s’attaquer aux causes profondes des symptômes de schizophrénie », dit-elle. Et selon elle, ce régime est aussi prometteur contre le trouble bipolaire : « Trois rapports de cas ont été publiés sur des femmes souffrant de troubles bipolaires qui ont trouvé le régime cétogène tellement utile qu’elles ont pu arrêter tous les médicaments stabilisateurs de l’humeur. » Par exemple, une étude sur deux femmes atteintes de trouble bipolaire a montré qu’elles ont pu maintenir la cétose pendant des périodes prolongées (2 et 3 ans, respectivement) et constater une stabilisation de leur humeur (4).
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