Peut-on faire ses courses alimentaires au hard discount tout en préservant son capital santé ? Oui, à condition de choisir les produits les moins transformés. LaNutrition.fr a fait ses courses.
Même si les étiquettes contiennent en général beaucoup d'informations, dans certains cas elles peuvent ne pas tout dire…et restent impossible à déchiffrer.Quelles sont ces informations (sciemment) omises… ?
Le fabricant d'un produit alimentaire a la possibilité d'être imprécis sur certains ingrédients. C'est tout à fait légal. Voilà un tableau donnant quelques exemples :
|
La mention (un peu vague) |
Ce qu'elle désigne |
|
Huile raffinée autres que l'huile d'olive. Le qualificatif « hydrogénée» doit accompagner la mention d'une huile hydrogénée. |
|
|
« Graisses raffinées » |
Graisse végétale ou animale, sans précision de l'espèce |
|
« Farine» |
Mélanges de farines provenant de deux ou de plusieurs espèces de céréales. |
|
« Amidon(s)/fécule(s)» |
Amidons et fécules natifs et amidons et fécules modifiés par voie physique ou enzymatique. |
|
« Poisson(s)» |
Toute espèce de poisson (lorsque le poisson constitue un ingrédient d'une autre denrée alimentaire et sous réserve que la dénomination et la présentation de cette denrée ne se réfèrent pas à une espèce précise de poisson.) |
|
« Fromage(s)» |
Toute espèce de fromage (lorsque le fromage ou le mélange de fromages constitue un ingrédient d'une autre denrée alimentaire et sous réserve que la dénomination et la présentation de cette denrée ne se réfèrent pas à une espèce précise de fromage.) |
|
« Epices» ou mélange d'épices» |
Toutes épices n'excédant pas 2 % en poids de la denrée. |
|
« Plante(s) aromatique(s)» ou « mélange(s) de plantes aromatiques» |
Toutes plantes ou parties de plantes aromatiques n'excédant pas 2 % en poids de la denrée. |
|
« Gomme base» |
Toutes préparations de gommes utilisées dans la fabrication de la gomme de base pour les gommes à mâcher. |
|
« Protéines de lait» |
Toutes les protéines du lait (caséines, caséinates et protéines du petit-lait et du lactosérum) et leurs mélanges. |
|
« Vin» |
Tous les types de vins ( CE no 1493/1999) |
Comme on peut le constater, ces mentions vagues permettent une souplesse qui peut-être préjudiciable au consommateur allergique ou désirant éviter une catégorie précise d'aliment (pour des raisons culturelles, nutritionnelles, philosophiques ou religieuses, et qui lui sont propres).
Quand un ingrédient subit un processus de fabrication, il y perd souvent quelques plumes : des vitamines et des minéraux. Le fabricant a donc le droit d'ajouter à l'aliment une quantité de nutriments, qui ne peut être supérieure à ce qui a été perdu.
Mais rien ne l'oblige à signaler qu'il a introduit des vitamines synthétiques pour remplacer les naturelles, perdues dans l'histoire.
La loi autorise à ne pas signaler les additifs qui sont dans les ingrédients de votre plat. La différence est subtile. L'additif E... qui doit absolument être déclaré s'il colore ou conserve votre plat de « saucisses lentilles » peut être passé sous silence s'il est le conservateur des saucisses ou d'un autre ingrédient de votre plat. C'est le même additif, qui crée les mêmes effets secondaires potentiels, mais l'un est visible et l'autre est indétectable par le consommateur.
Ce sont des substances utilisées « pour permettre, faciliter ou optimiser une étape de la fabrication d'un aliment ». On les appelle aussi auxiliaires de fabrication. La loi(1) prévoit que leur emploi a pour résultat « la présence non intentionnelle de résidus techniquement inévitables ».
Liste des catégories d'auxiliaires technologiques autorisées (décret 2001-725)
Dans cette liste, notons la présence de biocides que l'on définit comme « substances actives […] destinées à détruire, repousser ou rendre inoffensifs les organismes nuisibles », ce qu'on appelle couramment « pesticides » (herbicides, fongicides, insecticides).
| Des auxiliaires technologiques qui ne donnent pas envie |
|
Qu'est-ce qui peut se cacher parmi les auxiliaires technologiques ? Citons quelques un de ces produits inévitables mais qu'il est difficile d'imaginer dans nos aliments :
Bon appétit ! |
Connaissez-vous le principe des poupées russes ? Vous avez un plat, fait d'ingrédients et d'additifs. Et puis il y a les additifs dans les ingrédients du plat. Là, on arrive maintenant avec ce qui sert à fabriquer les additifs ou bien des additifs dans les additifs : les supports d'additifs.
Les arômes et substances aromatisantes, naturelles (d'origine végétale, animale ou microbiologique) ou chimiques, ne sont pas consommés en tant que tels, mais ils sont introduits dans les aliments de manière à leur conférer une odeur (ou flaveur) et/ou un goût particulier (saveur).
Les arômes sont des extraits naturels de fruits et de végétaux (au moyen d'auxiliaires technologiques), mais également des produits chimiques. La réglementation* spécifique aux arômes distingue quatre catégories :
* Directive CEE 88/388 du 22 juin 1988
| Les arômes, des substances pas toujours fréquentables |
|
Les arômes ne sont pas des substances inoffensives. Ce qui les rend non dangereuses, c'est leur quantité très faible. C'est toujours le même argument, qu'on nous répète pour chaque millier de substances dangereuses qui forment le cocktail de substances produites lors de la fabrication industrielle (ou artisanale) d'un aliment. Le 29 février 2008, la CE considère qu’il est nécessaire de maintenir des mesures concernant les substances aromatisantes présentant des risques. En voici la liste :
On voit bien que ces substances sont « naturelles » et proviennent surtout du monde végétal, où elles sont connues et identifiées pour leurs effets toxiques ou thérapeutiques. Là, elles sont dissimulées pour des raisons de secret commercial. |
En ce qui concerne l'étiquetage, la présence d'arômes (ou aromatisants) doit être signalée. Trois mentions peuvent être rencontrées :
Au-delà de l'obligation d'étiquetage, il y a de nombreuses possibilités pour qu'un ingrédient soit issu d'un OGM et que cela ne soit absolument pas signalé. Des additifs et/ou des arômes peuvent être issus d'OGM sans que vous le sachiez. De nombreuses exceptions à l'obligation d'étiquetage existent et parmi elles, cela pourrait concerner un produit OGM. Si une denrée alimentaire est accidentellement contaminée par un ingrédient contenant un OGM, et que cet ingrédient comporte moins de 0,9% d'OGM, alors rien n'oblige le fabricant a le mentionner sur l'étiquette. Lire le dossier sur les OGM.
Certaines substances se forment dans les aliments lors des traitements subis au cours de leur préparation industrielle (cuisson et irradiation notamment). Nous avons consacré un article à l'irradiation. (lien) On peut citer :
Voir notre article « Grand Prix de la Propagande septembre 2007 »
Dans les animaux : antibiotiques et pesticides
Dans les végétaux : biocides et mycotoxines dans les graines et végétaux
Certains traitements, comme l'ionisation, peuvent provoquer la formation de composés néoformés initialement absents du matériau. Au contact de l'aliment, ces substances sont susceptibles d'y migrer.
Nous avons déjà parlé du Bisphénol A (BPA) mentionné dans les plastiques étiquetés avec le logo « recyclage plastique n°7 » (voir article sur « les labels et les logos » (lien)
Pour terminer ce tour d'horizon, citons les aliments qui sont dispensés de porter une étiquette. Il s'agit de :
(1) http://www.afssa.fr/PNT301.htm
Peut-on faire ses courses alimentaires au hard discount tout en préservant son capital santé ? Oui, à condition de choisir les produits les moins transformés. LaNutrition.fr a fait ses courses.
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a-t-elle remis en question la validité de l’algorithme du Nutri-Score, système controversé d'étiquetage des aliments et des boissons ?
Des labels et des logos fleurissent un peu partout sur les étiquettes. On les appelle des « marques de qualité ». Nous disent-ils tous la même chose ? Certains sont sérieux et gage de qualité, lesquels ?