Hashimoto : quel est le rôle de la vitamine D ?

Par Sarah Amiri Publié le 12/06/2020 Mis à jour le 12/06/2020
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La carence en vitamine D touche une grande partie de la population. Mais que sait-on de son lien avec les troubles de la thyroïde ?

Pourquoi c’est important

La vitamine D est surtout connue pour réguler les taux de calcium et de phosphore dans le but d’assurer une bonne santé osseuse. Mais son action est beaucoup plus étendue que cela.
Elle est également essentielle à la fonction thyroïdienne. De plus, la vitamine D module le système immunitaire, en renforçant la réponse immunitaire innée tout en exerçant une action inhibitrice sur le système immunitaire adaptatif. C’est la raison pour laquelle son rôle est très étudié dans les maladies auto-immunes et notamment la thyroïdite de Hashimoto (TH).

Dans le cas de la TH, la baisse de production des hormones thyroïdiennes résulte de l’attaque de la thyroïde par des anticorps spécifiques, les anticorps antithyroperoxydase (anti-TPO) et les anti-thyroglobuline (AT). L’association entre des taux bas de vitamine D et les troubles thyroïdiens est bien documentée, mais le lien est encore mal compris. On ne sait pas encore si c'est un taux insuffisant de vitamine D qui est responsable de troubles de la thyroïde ou, inversement, si c'est le dysfonctionnement thyroïdien, lui-même, qui crée une carence en vitamine D.

À lire aussi : Thyroïdite de Hashimoto : causes et symptômes

Ce que disent les études

Dans une revue récente parue dans Nutrients, des chercheurs ont rassemblé les preuves des associations qui existent entre vitamine D et la TH.

Le lien avec le risque de TH

Des études d’observation ont rapporté un lien potentiel entre une carence en vitamine D et un risque accru de développer une TH.

L’une d’elles a observé une corrélation inverse entre les taux de vitamine D et les taux d'anti-TPO. D’autres études ont ensuite confirmé cette association négative et ont également rapporté une corrélation négative entre les concentrations de vitamine D et d'AT.

D’autres études suggèrent une prédisposition génétique individuelle à la TH. Il existe notamment des preuves d’une association entre la mutation du gène VDR et le risque de développer une TH. Or le gène VDR régule l’action de la vitamine D dans les cellules immunitaires. Par conséquent, un fonctionnement anormal du VDR pourrait affecter les fonctions immunorégulatrices et anti-inflammatoires de la vitamine D. 

La supplémentation

Des études d'intervention chez l’homme ont démontré que la supplémentation en vitamine D3 était associée à une diminution importante des niveaux d'anti-TPO et d'AT chez les personnes atteintes de thyroïdite de Hashimoto (sans carence comme avec une carence en vitamine D).

Dans une récente étude contrôlée et randomisée d’une durée de 3 mois, des femmes ayant une TH ont vu réduire significativement leur taux d'AT après une supplémentation en vitamine D3 (50 000 UI).

En pratique

Dans son livre, En finir avec la thyroïdite de Hashimoto, le Dr Claeys revient sur l’intérêt de la correction des carences dans la prise en charge de cette maladie. Pour la vitamine D, il préconise « des taux maintenus entre 50 et 70 ng/ml (normes laboratoires : 20 à 100 ng/ml) afin que les récepteurs thyroïdiens répondent correctement. » Selon son expérience « une insuffisance ou une carence en vitamine D va accentuer les symptômes de la fibromyalgie ou de l’hypothyroïdie, et renforcer les douleurs. »

>> Comment bien s'exposer au soleil pour fabriquer sa vitamine D et comment se supplémenter l'hiver

Pour plus de conseils alimentaires à suivre en cas de maladie de Hashimoto, lire En finir avec la thyroïdite de Hashimoto du Dr Benoît Claeys

Références
  1. Nutrients. 2020 Mar; 12(3): 789.
  2. Nutrients 2020, 12, 1444; doi:10.3390/nu12051444

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