Troubles de la thyroïde : êtes-vous concerné ?

5 articles
Dossier
thyroide_et_analyse_sanguine.jpg
Des millions de Français souffrent d'hypothyroïdie ou de maladie de Hashimoto, sa forme la plus fréquente. Mais la thyroïde peut aussi être en surrégime : c'est l'hyperthyroïdie. Pour savoir si votre thyroïde fonctionne bien, lisez nos articles sur ses troubles rassemblés dans ce dossier.

Sommaire

1
Hypothyroïdie : causes et symptômes
2
Hypothyroïdie : êtes-vous concerné ? Faites-le test
3
Hyperthyroïdie : causes et symptômes
4
Thyroïdite de Hashimoto : causes et symptômes
5
Thyroïde : pourquoi êtes-vous si mal soigné ?
1 Hypothyroïdie : causes et symptômes

La thyroïde est une glande importante pour la régulation de l’organisme. Mais elle peut fonctionner parfois en sous-régime ce qui entraîne divers symptômes plutôt gênants. Qu’est-ce que l’hypothyroïdie ? Quels sont ses causes et symptômes ? Détails.

Par Marie-Charlotte Rivet Bonjean Publié le 20/08/2018 Mis à jour le 28/05/2020

L’hypothyroïdie correspond à un déficit en hormones thyroïdiennes qui va engendrer de nombreux symptômes tous liés à une diminution du métabolisme de base. Souvent les premiers signes cliniques sont non spécifiques donc difficiles à diagnostiquer au début. Cette maladie s’installe petit à petit de manière insidieuse sur plusieurs mois ou années en fonction de l’importance du déficit.

Les symptômes

Les hormones thyroïdiennes jouent un rôle au niveau de nombreux organes. De ce fait, les symptômes sont très vastes et peut toucher l’ensemble du corps :

Au niveau basal

  • Manque d’énergie, fatigue
  • Trouble de l’humeur
  • Trouble du sommeil
  • Trouble de la mémoire et de la concentration
  • Apnées du sommeil
  • Maux de tête
  • Constipation
  • Frilosité avec les extrémités froides
  • Prise de poids avec une baisse de l’appétit et des difficultés à perdre du poids

Au niveau de la peau et des muqueuses

  • ​Gonflement du visage, des paupières, des lèvres, des mains, des doigts, des pieds
  • Voix grave
  • Baisse de l’acuité auditive
  • Ongles cassants
  • Cheveux secs et cassants, et ayant tendance à tomber
  • Perte de poils
  • Peau sèche et pâle, parfois épaissie
  • Démangeaisons
  • Diminution de la transpiration
  • Au niveau cardiaque
  • Ralentissement des battements du cœur
  • Assourdissement des bruits du cœur lors de l’auscultation

Au niveau musculaire et articulaire

  • Raideur et douleurs musculaire
  • Courbatures
  • Crampes
  • Tendinites
  • Douleurs articulaires

Autres symptômes :

  • Perturbation des cycles menstruels chez la femme
  • Baisse de la libido
  • Infertilité

Lire aussi : Hypothyroïdie: pourquoi les traitements sont parfois en échec

Quels sont les causes de l’hypothyroïdie ?

Comment la thyroïde s’essouffle avec le temps ? Voici les 5 principales causes de l’hypothyroïdie :

La thyroïde ne fabrique plus assez d’hormones

Cette défaillance peut se situer à plusieurs niveaux : si c’est la glande en elle-même on parle d’hypothyroïdie primaire, mais si la défaillance vient de l’hypophyse ou l’hypothalamus les glandes qui commandent la thyroïde depuis le cerveau, on parlera d’hypothyroïdie secondaire ou tertiaire.

La thyroïde peut mal fonctionner pour différentes raisons :

  • Maladie auto-immune, appelée thyroïdite de Hashimoto : cette maladie détruit progressivement la glande
  • Effets secondaires d’un traitement à l’iode radioactif ou de la prise d’un médicament
  • Ablation de la thyroïde
  • Déficit en iode (très rare)

La transformation de l’hormone T4 en T3 ne se fait pas correctement

Dans cette cause d’hypothyroïdie, ce n’est pas la glande qui a un problème : elle produit normalement des hormones T3 (à hauteur de 10%) et T4 (à hauteur de 90%). En revanche la transformation de la T4 en T3 dysfonctionne, ce qui va engendrer un déficit en T3.

L’hormone T3 ne fonctionne pas dans les cellules

L’hormone T3 est une sorte de messager qui doit « donner des ordres » aux cellules. Mais un déficit en minéraux et/ou vitamines (notamment en vitamine D) peut engendrer un problème au niveau de l’entrée de la T3 dans les cellules. La T3 ne pourra donc pas remplir son rôle. Ce problème d’entrée de la T3 dans les cellules peut également être lié à des pathologies comme le diabète, l’obésité, le stress …

Une insuffisance hypophysaire

L’insuffisance hypophysaire peut être due à une tumeur de l’hypophyse ou d’une région voisine, une radiothérapie du cerveau, des antécédents de méningite … Cette insuffisance va entraîner une diminution de l’hormone TSH qui permet la régulation de la production des hormones thyroïdiennes.

Une insuffisance hypothalamique

L’insuffisance hypothalamique est très rare, mais elle est à l’origine d’une diminution de l’hormone TRH, qui permet de réguler l’hormone TSH qui elle-même contrôle la thyroïde.

Lire aussi : Un extrait de "Thyroïde, les solutions naturelles"

2 Hypothyroïdie : êtes-vous concerné ? Faites-le test

Un test en ligne pour déterminer si votre thyroïde fonctionne correctement.

Par Elvire Nérin Publié le 03/06/2015 Mis à jour le 28/05/2020

Rendez-vous sur cette page pour faire le test

 

Sur les nouveaux traitements de l'hypothyroïdie, lire le livre du Dr Benoît Claeys : En finir avec l'hypothyroïdie (EXTRAIT ICI >>)

3 Hyperthyroïdie : causes et symptômes

Quand la glande thyroïde fabrique trop d’hormones, on parle d’hyperthyroïdie. A la clé : divers symptômes dont un amaigrissement et des palpitations. Quelle est l’origine de cet excès ? Comment se manifeste-t-il ?

Par Marie-Charlotte Rivet Bonjean Publié le 05/08/2019 Mis à jour le 28/05/2020

Qu’est-ce que l’hyperthyroïdie ? 

L’hyperthyroïdie est une production excessive d’hormones thyroïdiennes qui touche plus les femmes que les hommes (6 femmes pour 1 homme) et surtout les plus jeunes (entre 20 et 50 ans).

Quels sont ses symptômes ? 

La glande thyroïde (lire encadré) permet la régulation de nombreuses fonctions de l’organisme, de ce fait les symptômes de l’hyperthyroïdie sont très vastes et peuvent toucher tous les organes : 

  • Augmentation de la température (avec des bouffées de chaleur) 
  • Pulsations cardiaques rapides et irrégulières (tachycardie et arythmie)
  • Etat d’excitation, d’anxiété et d’agitation au niveau du comportement
  • Amaigrissement, atrophie et faiblesse musculaire 
  • Déminéralisation osseuse 
  • Tremblement des mains 
  • Peau moite et chaude, ongles mou, cheveux fins et cassants 

Quelles sont ses causes ? 

Maladie de Basedow

C’est la plus fréquente des hyperthyroïdies. C’est une maladie auto-immune où l'organisme fabrique des anticorps qui neutralisent les récepteurs de la thyréostimuline (TSH) ce qui entraîne une production et une libération massive d’hormones thyroïdiennes.

Thyroïdite

Cette inflammation de la thyroïde engendre elle aussi une production et une libération en excès des hormones thyroïdiennes. Ses causes peuvent être diverses : elle peut notamment apparaître après une infection ou une grossesse. Souvent la thyroïdite provoque seulement une hyperthyroïdie passagère. 

Nodules thyroïdiens

Les nodules sont des masses de petite taille qui se forment dans la thyroïde. Certains sont silencieux mais d’autres sont dits « toxiques » et produisent des hormones contribuant à une hyperthyroïdie. 

Zoom sur la thyroïde
La thyroïde est une glande qui se situe à l’avant du cou qui fabrique principalement deux hormones : 
-    La T3 (tri-iodothyronine) 
-    La T4 (tétra-iodothyronine ou thyroxine) qui est la forme inactive de la T3, activée par le foie ou les reins si le corps en a besoin.
Les chiffres 3 et 4 indiquent le nombre d’atomes d’iode nécessaires à la synthèse de ces hormones. 
Ces hormones permettent :
-    La production de chaleur
-    La régulation du système digestif
-    La régulation cardiovasculaire 
-    La régulation du système nerveux central
-    La régulation des hormones sexuelles
La production de T3 et T4 par la thyroïde dépend d’une hormone fabriquée par l’hypophyse : la TSH (ou thyréostimuline). 
4 Thyroïdite de Hashimoto : causes et symptômes

Fatigue, prise de poids, constipation… La thyroïdite d’Hashimoto apporte un lot d’inconforts aux personnes qui en souffrent. Découvrez ses origines possibles et comment elle se manifeste.

Par Sarah Amiri Publié le 18/05/2020 Mis à jour le 28/05/2020

La thyroïdite chronique lymphocytaire ou thyroïdite de Hashimoto, est l’une des hypothyroïdies les plus fréquentes : elle touche 10 femmes pour 1 homme et survient le plus souvent chez la femme âgée de 20 à 30 ans.

Dans cette maladie, la glande endocrine ne produit plus assez d’hormone thyroïdienne ce qui provoque une vague de dérèglements dans l’organisme, étant donné que la thyroïde et les hormones qu’elle produit sont essentielles pour la régulation de l’humeur, le contrôle du poids, du rythme cardiaque et de la digestion.

La baisse de production des hormones thyroïdiennes résulte de l’attaque de la thyroïde par des anticorps spécifiques, les anticorps antithyroperoxydase (anti-TPO) et les anti-thyroglobuline (AT). Ces anticorps ciblent deux éléments jouant un rôle essentiel dans le fonctionnement normal de la thyroïde :

  • Les anticorps anti-TPO sont dirigés contre la thyroperoxydase (TPO), la première enzyme à intervenir dans la synthèse des hormones thyroïdiennes à partir de l’acide aminé tyrosine.
  • Les anticorps AT sont dirigés contre la thyroglobuline, une protéine à l’origine des hormones T4 et T3, synthétisée dans les cellules folliculaires (thyréocytes).

Comment est posé le diagnostic ?

La thyroïdite de Hashimoto se caractérise par la présence d’un goitre (zone du cou gonflée due à une augmentation de volume de la thyroïde) indolore, généralement de volume moyen et homogène. Elle peut commencer par un épisode d’hyperthyroïdie mais elle évoluera toujours vers l’hypothyroïdie : la hashitoxicose. En effet, ce phénomène est le résultat de la destruction des cellules qui stockent normalement les hormones thyroïdiennes, qui sont libérées dans la circulation provoquant une hyperthyroïdie transitoire.

  • L’examen de première intention : TSH
  • L’examen de deuxième intention : T4
  • Bilan étiologique : anticorps anti-TPO, anticorps anti-Tg si anti-TPO négatifs
  • Échographie thyroïdienne : présence d’un goitre à l'imagerie
  • Scintigraphie : utile dans la première phase de la maladie

À lire aussi : Thyroïde : la TSH est-elle un bon indicateur de l'hypothyroïdie ?

Les symptômes courants

  • Fatigue notamment au réveil
  • Dépression et autres troubles psychologiques (anxiété, troubles obsessionnels compulsifs…)
  • Prise de poids due au ralentissement du métabolisme des graisses
  • Visage bouffi (lèvres et paupières) et doigts boudinés, notamment le matin au réveil
  • Goitre
  • Frilosité importante notamment au niveau des extrémités (nez, mains, pieds…)
  • Constipation
  • Douleurs au niveau des articulations, tendons, crampes musculaires
  • Sécheresse cutanée

Les facteurs de risque

  • Sexe féminin
  • Antécédents personnels ou familiaux de maladie de la thyroïde ou de maladie auto-immune (diabète de type 1, maladie cœliaque).
  • Grossesse
  • Ménopause
  • Tabagisme durant l’allaitement  
  • Carences nutritionnelles en iode, en sélénium et en zinc.
  • Excès d’iode
  • Médicaments traitant l’hyperthyroïdie
  • Chirurgie ou une radiothérapie de la thyroïde
  • Consommation importante d’aliments goitrogènes (choux, feuilles de moutarde, rutabaga, radis, manioc, patate douce, fèves de soja, arachides, millet, etc.).

Les causes possibles

  • Prédisposition génétique : présence de la maladie d’Hashimoto et d’autres maladies auto-immunes telles que le diabète de type 1 ou la maladie cœliaque dans la famille
  • Facteurs épigénétiques (alimentation, état psychologique, statut social, exposition à des substances toxiques)
  • Carences nutritionnelles : des carences en iode ainsi qu’en certains minéraux tels que le sélénium, le zinc et fer peuvent provoquer une inflammation de la thyroïde
  • Hypersensibilité alimentaire notamment au gluten
  • Fluctuations hormonales (notamment lors de la grossesse et de la ménopause)
  • Dysbiose et perméabilité intestinale
  • Infections bactériennes, virales, parasitaires
5 Thyroïde : pourquoi êtes-vous si mal soigné ?

Nombreuses sont les personnes à avoir des problèmes de thyroïde mais sans réussir à s'en débarrasser, malgré leur traitement. Pourquoi ?

Par test test Publié le 23/04/2012 Mis à jour le 28/05/2020

La thyroïde est une glande en forme de papillon, située à l’avant du cou, et qui produit trois hormones : la triidothyronine (T3), la thyroxine (T4) et la calcitonine. Les deux premières sont d’une grande importance. Produites à partir de l’iode et de la tyrosine (un acide aminé), elles vont se lier aux récepteurs intracellulaires et modifier l’expression de certains gènes, régulant ainsi un nombre impressionnant de fonctions de base de l’organisme. Le déficit en hormones thyroïdiennes pendant le développement du foetus ou les premiers stades de la croissance peut notamment entraîner un retard mental profond et irréversible, une situation aujourd’hui rarissime.

Les hormones thyroïdiennes régulent principalement le métabolisme, c’est-à-dire notre utilisation de l’énergie, donc notre poids, notre énergie, notre humeur, notre température corporelle, notre fonction musculaire, le fonctionnement du cœur et des vaisseaux, notre libido, la beauté de notre peau, de nos cheveux, de nos ongles, la solidité de nos os ou de nos dents. Leur production est régulée par la TSH, une hormone produite par l’hypophyse. La thyroïde agissant partout dans l’organisme, des erreurs de diagnostics sont fréquentes : une hypothyroïdie peut ainsi être confondue avec une dépression, une fibromyalgie ou se manifester via des symptômes inhabituels (troubles du rythme cardiaque, constipation, etc).

Les maladies de la thyroïde

Les maladies de la thyroïde sont très fréquentes dans le monde, et en particulier en France. Les femmes sont plus touchées que les hommes avec 8 femmes sur 100 qui présentent un dérèglement de cette glande après l’âge de 65 ans. Les causes sont multiples et peuvent aboutir à un cancer de la thyroïde comme de simples nodules (des zones de la thyroïde dont l’activité change) sans danger. Les personnes qui ont une maladie auto-immune ont un risque 25% plus élevé que les autres d’avoir un jour une maladie de la thyroïde, en particulier une maladie dite « thyroïdite de Hashimoto » dans laquelle les anticorps détruisent progressivement la glande.

Dans la plupart des cas, les problèmes de thyroïde, qu’ils soient soignés par chirurgie, radiothérapie ou sans traitement, finissent par évoluer vers l’hypothyroïdie. Fort heureusement il existe une forme synthétique de nos hormones naturelles utilisée pour remplacer notre T4, il s’agit de la lévothyroxine (aussi appelée L-T4). Problème : un grand nombre de personnes continuent à ressentir des symptômes d’hypothyroïdie même avec un traitement et d’autres présentent des symptômes d’hypothyroïdie avec une TSH normale et continuent de souffrir. Pourquoi et comment réagir ?

Lire Hypothyroïdie : êtes-vous concerné ? Faites-le test

 

Le problème

La lévothyroxine a beau être un des médicaments les plus prescrits au monde (et contrairement aux statines, il ne creuse pas le trou de la sécurité sociale), les études montrent que la plupart des personnes qui en prennent en reçoivent soit trop soit trop peu. Un constat qui, à lui seul, explique pourquoi on peut continuer à avoir des symptômes désagréables et chroniques comme de la dépression, des crampes, des troubles du sommeil, des douleurs diffuses ou des difficultés à régler son poids.
Mais comment déterminer si on en prend une dose adaptée ? En France, la surveillance de routine par les endocrinologues repose souvent simplement sur un dosage de la TSH dont la production est naturellement ajustée en proportion à la quantité d’hormones thyroïdiennes qui circulent dans le sang. Les laboratoires français indiquent généralement une norme de TSH située entre 0,3 et 5 mUI/L. Une valeur que tous les spécialistes s’accordent à reconnaître comme trop élevée. Entre 1970 et 1985 la norme pour la TSH était considérée comme normale entre 1 et 10. Pendant 10 ans on a donc laissé souffrir les gens qui avaient une TSH entre 5 et 10 en leur disant que tout était normal et qu’on ne pouvait rien faire jusqu’à ce qu’en 1985 la norme soit revue à la baisse entre 0,3 et 6 puis entre 0,3 et 5 et actuellement entre 0,3 et 3 aux Etats-Unis (avec ces nouvelles normes le nombre d'Américains atteints d'hypothyroïdie est passé de 13 à 27 millions !).

Par ailleurs, de nombreux facteurs peuvent affecter la TSH (stress, mauvais sommeil, médicaments, mauvaise alimentation...) ce qui explique que le taux de TSH n'est pas toujours un bon indicateur de la fonction thyroïdienne. Alors que la Haute Autorité de Santé (HAS) ne préconise que le dosage de la TSH en première intention, de plus en plus de spécialistes de la thyroïde estiment que les tests thyroïdiens devraient aussi comporter le dosage des hormones T3 et T4 libres (celles qui circulent dans le sang et sont biologiquement actives). Un taux bas de T3L peut ainsi signaler une déficience de la fonction thyroïdienne et un taux bas de T4L signer une hypothyroïdie. Aux Etats-Unis, les associations de malades demandent aux médecins intamment d'ajouter le dosage des T3L et T4L à celui de la TSH pour un meilleur diagnostic des dysfonctionnements thyroïdiens et une meilleure prise en charge des malades.

Pour en savoir plus sur le taux de TSH, lire : Thyroïde : la TSH est-elle un bon indicateur de l'hypothyroïdie ?

 

Que faire ?

Si vous présentez des symptômes de l’hypothyroïdie ou de l’hyperthyroïdie vous devez :

  • demander à votre médecin une prise de sang pour mesurer la TSH mais aussi la T4L et la T3L (pour affiner le diagnostic).
  • si la valeur de la TSH est supérieure à 3, demandez une augmentation de votre traitement ou une diminution si elle est inférieure à 0,2.

Certaines études montrent effectivement que les patients qui reçoivent de la L-T4 voient leur qualité de vie s’améliorer en adaptant leurs doses pour amener la TSH en dessous de 2,5. D’autres études ont montré que les personnes qui ont une TSH entre 0,4 et 2 ont un métabolisme plus rapide que ceux dont la TSH est plus élevée, pouvant être une explication à des difficultés à perdre du poids. Une TSH légèrement trop élevée (entre 4 et 10 mUI/L) augmente également le risque de maladies cardiovasculaires, d’hypertension et de résistance à l’insuline. En revanche, une TSH trop basse augmente fortement le risque d’ostéoporose et de troubles du rythme cardiaque grave, en particulier en dessous de 0,1 mUI/L.

Si votre TSH est tout de même dans les valeurs normales (entre 0,2 et 3 mUI/L), il semble qu’il soit possible que la lévothyroxine se convertisse mal dans votre organisme en T3, qui est l’hormone active finale. Dans ce cas ce trouble apparaît sur une prise de sang avec une TSH normale et une T4 et T3 légèrement abaissées. Votre médecin peut alors vous prescrire un mélange de T4 et de T3 (de la T3 synthétique), qui devrait ramener votre taux de T3 dans la norme et faire partir vos symptômes résiduels. Cette spécialité est délivrée en pharmacie sous le nom d'Euthyral ou Cynomel.

Pour l'instant les essais cliniques comparant les effets de la T3 synthétique seule et ceux de la combinaison T3-T4 ont donné des résultats mitigés, en partie parce que la T3 augmente et diminue rapidement dans le sang, ce qui rend difficile le maintien de taux thérapeutiques. "Ce n'est pas le ticket gagnant", explique l'endocrinologue Elizabeth McAninch (Centre médical de l'université Rush). "J'ai certains patients qui se sentent mieux grâce à la combinaison T3/T4 et d'autres non". Aux Etats-Unis, en attendant un essai clinique de grande envergure comparant les effets de la T4 seule, ceux de la combinaison T3-T4 et ceux d'un extrait de thyroïde, les médecins sont de plus en plus ouverts à la prescription d'une petite dose de T3 chez les patients dont les symptômes ne s'améliorent pas sous T4 seule.

Lire aussi : Les aliments à éviter en cas d'hypothyroïdie

Enfin, il faut signaler que certaines variantes génétiques de certaines enzymes (les déiodinases) peuvent modifier le ressenti face au traitement. Il faut donc être à l’écoute de son corps plutôt qu’à l’écoute des chiffres de la prise de sang et adapter les doses en fonction.

Un cas particulier : l'hypothyroïdie frustre

Si vous êtes mal soigné, cela peut venir aussi d'une hypothyroïdie particulière, dite frustre. Selon la HAS, « l’hypothyroïdie fruste est définie par un taux de TSH > 4 mUI/l, confirmé par un deuxième dosage à 1 mois, sans anomalie de la concentration de la T4L (T4 libre) ». Elle concernerait en moyenne entre 3,4 et 10 % de la population. Les femmes et les personnes de plus 60 ans (notamment celles qui ont des antécédents thyroïdiens ou de traitements comme l’amiodarone, le lithium, l’interféron) sont plus à risque d’hypothyroïdie fruste. 

1/3 des cas d'hypothyroïdie frustre évoluent vers une vraie hypothyroïdie, ce qui explique qu'il est important de la diagnostiquer. Par ailleurs les personnes qui en souffrent semblent plus à risque d'être atteintes de diabète, de maladies cardiovasculaires, de troubles cognitifs et musculaires, de troubles de l'humeur et de fractures osseuses. Malheureusement, à ce jour, les indications officielles concernant le dépistage et la substitution hormonale restent controversées.

Conclusion

En définitive, il est important de communiquer avec votre médecin. Les chiffres sont une chose, vos symptômes en sont une autre, non moins importante. Dans le cas d’une suspicion de symptômes résiduels, une augmentation légère de la lévothyroxine sur quelques mois en accord avec votre médecin est sans danger et peut vous permettre de voir une différence, ainsi que l'essai de la combinaison T4/T3.
Méfiez-vous également des symptômes trompeurs : beaucoup de symptômes de l’hyper ou de l’hypothyroïdie peuvent être aggravés par un déficit en vitamine D ou un autre problème hormonal, deux éventualités qu’une prise de sang pourra facilement écarter.

Deux livres à lire si votre thyroïde fonctionne au ralenti : En finir avec l'hypothyroïdie (EXTRAIT ICI >>) et Thyroïde, les solutions naturelles du Dr Philippe Veroli (EXTRAIT ICI  >>).

Références: Institut de veille sanitaire. Maladies thyroïdiennes dans la cohorte SUVIMAX. 1994-2002.
Spencer et al. AACC Expert Access. 08/15/06. University of Southern California.
Ali J Chakera, Simon HS Pearce, Bijay Vaidya. Treatment for primary hypothyroidism: current approaches and future possibilities. Drug Des Devel Ther. 2012:6.1-11.
"Doctors Hear Patients' Calls for New Approaches to Hypothyroidism", The Wall Street Journal, April 11, 2016.

La sélection

Publicité

Les meilleurs livres et compléments alimentaires sélectionnés pour vous par NUTRIVI, la boutique de la nutrition.

Découvrir la boutique logo Nutrivi

A découvrir également

Back to top