Manger régulièrement un petit déjeuner pourrait être bénéfique aux performances cognitives des personnes âgées, selon une nouvelle étude.
Généralement, les recommandations officielles envisagent le petit déjeuner comme l'un des repas indispensables de la journée. Toutefois, ce dogme du "repas le plus important de la journée" est remis en question, en raison notamment des nombreuses études qui démontrent les bienfaits du jeûne intermittent. Si vous avez choisi de suivre un jeûne de type 16:8, avec une fenêtre d'alimentation de 8 heures par jour, sauter le petit déjeuner est une possibilité.
Mais sauter le petit déjeuner est une forme de jeûne qui n'est pas fait pour tout le monde. Chez certains, il y aura des bénéfices sur le poids mais chez d'autres cela peut conduire à des hypoglycémies, un manque d'énergie ("coup de pompe") ou des difficultés de concentration.
Le petit déjeuner reste un repas important pour les enfants et les adolescents. Il pourrait aussi revêtir un intérêt supplémentaire lorsque l’on vieillit.
Une étude chinoise a analysé les données de 859 personnes âgées de plus de 60 ans, dont 117 avaient l’habitude de sauter le petit déjeuner (1). Tous les 18 mois, les chercheurs ont fait passer aux participants des tests cognitifs. Certains participants ont également subi des examens IRM afin d'évaluer le volume de leur cerveau.
Résultats : les personnes qui sautaient régulièrement le petit déjeuner avaient des scores cognitifs inférieurs à ceux des personnes qui prenaient le petit déjeuner. Elles étaient aussi plus susceptibles de connaître des signes de neurodégénérescence.
En fin de compte, les chercheurs ont conclu que « le fait de sauter le petit déjeuner était lié à un risque accru de déclin cognitif à long terme et de neurodégénérescence chez les personnes âgées ». Toutefois cette étude ne prouve pas que le fait de sauter le petit déjeuner favorise le déclin cognitif, elle montre juste un lien entre les deux.
Pour le Dr Raymond Romano, chercheur au département de neurologie du centre médical de l'université Vanderbilt, cette étude soulève la question de la façon dont on nourrit le cerveau (2). « Le cerveau a besoin de carburant pour fonctionner correctement », explique-t-il. « Sauter le petit-déjeuner perturbe la consommation d'énergie dans le cerveau. Lorsque vous n'obtenez pas le glucose (sucre dans le sang) dont votre cerveau a besoin le matin, vous pouvez vous retrouver avec un brouillard cérébral et des difficultés à vous concentrer. »
Mais il estime que c'est aller trop loin que d'affirmer que sauter le petit déjeuner est une cause de démence. « La maladie d'Alzheimer est une maladie cérébrale complexe », dit-il. « Bien que l'étude ait établi des corrélations entre le fait de sauter le petit-déjeuner et la démence, le fait de sauter le petit-déjeuner peut être un indicateur d'autres habitudes de santé ou de circonstances de la vie. »
Comment bien nourrir son cerveau au petit déjeuner
Si vous mangez un petit déjeuner, il convient d’apporter suffisamment de protéines à ce repas, un grand défaut en France consistant à prendre essentiellement des glucides le matin. Un petit déjeuner à index glycémique élevé augmente les taux de glucose et d’insuline dans le sang.
Dans son livre, Nourrir son cerveau, soigner son mental, la psychiatre Georgia Ede présente plusieurs régimes favorables à la santé du cerveau, comme celui qu’elle a appelé « paléo tranquille », qui s’inspire du régime paléo. Dans ce régime, elle donne comme exemple de petit déjeuner une omelette aux légumes accompagnée d’une pomme.
En vieillissant, il est normal de connaître des petits problèmes de mémoire. Mais l’âge n’est pas le seul responsable. D’autres facteurs souvent négligés jouent aussi un rôle. Découvrez comment agir, avec les conseils du Dr Michèle Serrand, auteure de Je muscle ma mémoire.
Fatigue, stress, sommeil perturbé, repas copieux... Les fêtes mettent nos cellules à rude épreuve. Découvrez comment les pratiques du biohacking peuvent vous aider à traverser cette période – et les mois qui suivent – avec plus d’énergie.
Le père du biohacking livre ses secrets pour optimiser sa santé en faisant moins mais mieux. Rencontre avec l'auteur d'Hyper santé, nouveau bestseller traduit en français aux éditions Souccar.