Les suppléments d’oméga-3 peuvent-ils prévenir ou retarder la maladie d'Alzheimer chez les personnes à risque ? Voyons ce que disent les recherches récentes.
Les personnes qui manquent de vitamine D ont un risque accru de développer la maladie d’Alzheimer.
La maladie d' Alzheimer est la forme de démence la plus répandue dans le monde. Elle se caractérise par une dégradation progressive de la mémoire, du langage et des capacités de raisonnement, jusqu'à affecter profondément l'autonomie des personnes touchées.
« La prévalence de la maladie d’Alzheimer et de la démence va continuer d’augmenter régulièrement, » dit le Dr Dale Bredesen, neurologue et auteur de La fin d'Alzheimer et La fin d'Alzheimer - Le programme. « Étant donné qu’aucun traitement efficace ne permet de combattre la maladie, agir sur des facteurs de risque modifiables représente une stratégie plus prometteuse. » Et la vitamine D pourrait être l'un de ces leviers.
La vitamine D est produite par la peau lors de l’exposition au soleil entre les mois d'avril et d'octobre dans l'hémisphère nord. On peut aussi se la procurer par l'alimentation (poissons gras) ou les suppléments. Dans l'hémisphère nord, les réserves constituées l'été s’épuisent vite et à l'approche de l'hiver, le déficit en vitamine D est généralisé dans la population. Prendre des suppléments de vitamine D peut s’avérer indispensable en hiver.
Le manque de vitamine D est notamment associé à un risque accru de diabète, de dépression et à une plus faible espérance de vie.
De faibles niveaux de vitamine D sont liés à un risque plus élevé de démence. Dans une synthèse d’études scientifiques parue dans Nutrition Journal, des scientifiques ont rapporté que les personnes ayant le moins de vitamine D ont un risque plus grand de développer la maladie d’Alzheimer ou une démence par rapport aux personnes qui ne présentent pas de déficit en cette vitamine.
Dans cette étude, les chercheurs ont évalué l’association entre le déficit en vitamine D et le risque de développer la maladie d’Alzheimer ou une démence. Ils ont pour cela réalisé une synthèse des études scientifiques menées sur ce sujet.
Les résultats montrent que les personnes présentant un déficit en vitamine D – défini par un taux de 25-hydroxy-vitamine D inférieur à 50 nmol/L – ont 21 % de risque en plus de développer la maladie d’Alzheimer par rapport aux personnes ayant un niveau de 25-hydroxy-vitamine D supérieur à 50 nmol/L. Le risque de démence est également augmenté chez les personnes qui manquent de vitamine D.

S'il ne faut pas manquer de vitamine D, la supplémentation peut-elle prévenir la maladie d'Alzheimer ? Une étude a exploré cette question. Elle a été conduite chez plus de 12 388 participants du US National Alzheimer's Coordinating Center, qui avaient un âge moyen de 71 ans et n'avaient pas de démence démence lors de leur inscription. Dans le groupe, 37 % (4 637) ont pris des suppléments de vitamine D.
Les résultats montrent que la prise de vitamine D était associée à une plus longue vie sans démence ; il y avait aussi 40 % de diagnostics de démence en moins dans le groupe qui prenait des suppléments. "Cette étude suggère qu'une supplémentation plus précoce pourrait être particulièrement bénéfique, avant le début du déclin cognitif", dit le Dr Bredesen.
Les effets de la vitamine D étaient plus importants chez les femmes, et les personnes n'ayant pas déclaré de troubles cognitifs légers, ainsi que chez celles non porteuses du gène APOEe4, connu pour présenter un risque plus élevé de démence d'Alzheimer.
La vitamine D participerait à l'élimination de la plaque amyloïde dans le cerveau, dont l'accumulation est l'une des caractéristiques de la maladie d'Alzheimer. Elle pourrait aussi aider à protéger le cerveau contre l'accumulation de tau, une autre protéine impliquée dans le développement de la démence.
Enfin, une étude publiée en avril 2026 dans Neurology® Open Access, revue officielle de l'American Academy of Neurology, apporte un nouvel éclairage : des taux élevés de vitamine D dans le sang au milieu de la vie adulte sont associés à des niveaux plus faibles de protéine tau dans le cerveau 16 ans plus tard.
L'étude a porté sur 793 personnes d'un âge moyen de 39 ans, sans démence au départ. Leur taux de vitamine D a été mesuré en début d'étude, puis leur cerveau a été scanné en moyenne 16 ans plus tard pour évaluer les niveaux de protéines tau et bêta-amyloïde, deux biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer. Un taux élevé de vitamine D était défini comme supérieur à 30 ng/mL. Au total, 34 % des participants présentaient un déficit en vitamine D (moins de 30 ng/mL), et seulement 5 % prenaient des suppléments.
Concernant les résultats, des taux plus élevés de vitamine D étaient associés à des niveaux plus faibles de protéine tau des années plus tard. En revanche, aucun lien n'a été observé entre la vitamine D et la quantité de protéine bêta-amyloïde dans le cerveau.
« Ces résultats suggèrent qu'un taux plus élevé de vitamine D au début de la vie adulte est associé à une charge en tau plus faible en moyenne 16 ans plus tard », a déclaré le Dr Martin David Mulligan, de l'Université de Galway en Irlande. « Le milieu de la vie est une période où la modification des facteurs de risque peut avoir un impact plus important. »
L’étude est observationnelle et ne prouve pas de causalité, mais elle suggère que corriger une carence en vitamine D dès la quarantaine pourrait constituer une piste de prévention.
Les compléments de vitamine D existent sous forme de capsules, d’huiles ou de comprimés. Comme la vitamine D est liposoluble, des graisses doivent l’accompagner dans les compléments. Pour la grande majorité des Français, une supplémentation hivernale en vitamine D3, à hauteur de 1 000 UI par jour en moyenne, de préférence sous forme huileuse, est conseillée.
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